Carnet n°301 du 9 juin 2014

« Diable de coquelicot »

On connaît le lien étroit et sensible qui me lie au coquelicot, symbole du Mouvement que j’ai créé en 2002 après mon départ du PS, « Rassemblement Citoyen », souvenir tendre et coloré de ma douce enfance dans les champs de Royaucourt et Chailvet et finalement aussi cette fleur sauvage qui me sied bien, car elle illustre « le personnage public » que j’aurai été durant l’essentiel de ma vie d’homme.

En 2006, j’ouvrais d’ailleurs le petit livre que je venais d’écrire « Comm’ des petits coquelicots » par sa définition dans le petit Larousse de 1972, « le coquelicot est une plante… qui, dans les champs constitue une mauvaise herbe… Coupée de ses racines, ses pétales se détachent et fanent en quelques instants ».

Aujourd’hui 9 juin, j’ai lu un poème signé de Madame Véronique Noé, écrit en 2005, que je ne peux pas ne pas citer au moins partiellement :

« Diable de coquelicot

qui par la grâce du vent

jaillit sur les coteaux

ou se perd dans les champs (…)

qui croit sans préjugé,

annonciateur d’été

fragile et passionné

en vague ou esseulé (…)

 

Après un carnet n°300 écrit il y a une semaine et dont beaucoup des lectrices et lecteurs ont ressenti un pessimisme illustré de manière réaliste par la fable des « grenouilles qui demandent un roi », on ne s’étonnera pas que le combattant républicain que je suis rebondisse en s’arque-boutant sur ses valeurs et son tempérament, libre et un peu sauvage à la fois, malgré ses fragilités et qui se retrouve si bien dans le coquelicot…

Il faut dire qu’à tous les niveaux la semaine écoulée aura été d’une richesse et d’une diversité extraordinaire, à l’image de la vie dont on sait que tout peut en sortir, le meilleur comme le pire.

Les 70 ans du débarquement du 6 juin 1944, après les 70 ans du massacre d’Ascq et avant les 70 ans de celui d’Oradour sur Glane, une leçon d’histoire pour tous les détracteurs de l’idée européenne, une gifle donnée aux négationnistes, un engagement collectif renouvelé pour que l’avenir à jamais nous préserve de tels malheurs…

C’est sans doute pour cela que non seulement (et sans doute pour la première fois), on a parlé des dizaines de milliers de victimes civiles en Normandie, mais aussi grâce, il faut le dire, à François Hollande, le dialogue s’est renoué sur l’Ukraine avec Vladimir Poutine.

Dans le même registre, une prière commune pour la paix a uni dimanche, au Vatican le Pape François, le Président Shimon Peres et le Président Mahmoud Abbas.

Un symbole, « un petit coquelicot » fragile sans doute… Mais surtout une petite flamme d’espoir.

Plus près de nous, à Lille métropole, si j’ai enfin reçu ma délégation de Vice-président, les murs ont tremblé de la réplique d’un certain 1er février 2008 quand la société Eiffage avait alors été choisie en une journée épique et qui intéresse aujourd’hui la justice, « une bombe à retardement » pour ce bel équipement au cœur d’une  « enclave lilloise » en notre centre-ville Villeneuvois, un lieu qui ce dimanche a vibré d’enthousiasme pour l’équipe de France de football venue y gagner après s’être délassée sous le soleil matinal de notre parc Saint Jean.

Sport toujours,

  • le Tournoi Solétanche de Rugby au Stadium et ses 2000 gamines et gamins venus découvrir ce magnifique sport,le meeting d’athlétisme au stade Geneviève Lemaire avec notre club l’ACVA-VAFA,… du demi-fond qui a performé !

  • le 18ème tournoi international jeune de l’US Ascq, sous un soleil de plomb, du talent, de la fête et du sport…

Ça c’est Villeneuve !

Une semaine encore, commencée mardi avec un Conseil Municipal qui avait retrouvé un peu de sérénité et même de « civilité »

Pourvu que cela dure !…

Une semaine qui a continué avec des réunions de travail et entretiens (dont un avec la Nouvelle Maire de Wasquehal), la réouverture de gros dossiers communautaires  entrant dans mes compétences de nouveau Vice-président,

et bien entendu, un week-end ensoleillé villeneuvois qui a bouillonné de sans doute 150 000 citoyens avec les manifestations et matchs déjà cités mais aussi nos parcs et Entre-Lacs, Asnapio et son éléphant « Baby », les Lauriers en fête, des AG, la braderie des Cousins etc… etc… etc…

Oui et même si l’égoïsme de certains, et l’intolérance d’autres, gangrènent notre société, il en est tant qui n’en sont pas, qui se bougent et qui font preuve d’enthousiasme, et si on me pardonne quelques moments de découragement, je serai impardonnable si « je jetais l’éponge ».

Comm’ un p’tit coquelicot fragile et vivace à la fois, libre et sauvage mais aussi sans doute encore utile à nos paysages…

« Symbole de liberté », je l’espère, je suis et je reste là tant que j’en aurai la force et qu’on m’en fera sentir l’utilité.

Et si il devait me rester une seule raison de me battre contre des démons qui voudraient nous faire revivre des tourments, je la trouverai dans les propos ignobles de Monsieur Le Pen en appelant à « une fournée d’artistes », une expression dans la lignée des chambres à gaz détails de l’histoire et du « Durafour crématoire ».

NON Madame Le Pen ! Les propos de Monsieur votre père, Président d’honneur de votre parti le FN, ne sont pas qu’une « faute politique » dont je comprends qu’elle vous gêne dans votre stratégie du loup qui se cache sous les habits de la grand-mère du petit chaperon rouge pour mieux la dévorer.

Ce sont des propos criminels et odieux !

« Une fournée », nous dit le dictionnaire, « ce sont des petits pains que l’on fait cuire en même temps », « c’est un groupe de personnes destinées au même sort »…

On est loin de « la faute politique » et j’espère que nous serons nombreux en France et en Europe à ne pas nous contenter de ces balbutiements gênés face à la suggestion de Monsieur Le Pen de « faire une fournée d’artistes »

Avis à toutes celles et à tous ceux qui, dans le monde politique et dans les médias, ont fait la courte échelle à ce parti d’extrême droite et à sa présidente.

J’en resterai là pour aujourd’hui laissant, pour l’instant, l’UMP à ses affaires et le PS à ses tangages institutionnels.

Et je conclurai très simplement avec ces mots de Jean Jacques Rousseau :

« Vivre, ce n’est pas que respirer, c’est agir » !

 

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