Carnet n°674 du 24 août 2021

« Nous avons à recoudre ce qui a été déchiré. »

Avec une journée de retard pour cause de retour ce lundi 23 août de mon périple estival à travers la France, après une dernière étape sur la Loire et « sa douceur angevine » chère à Joachim du Bellay et donc après avoir été tenté de titrer mon 674ème carnet d’une citation de Léonard de Vinci dont j’ai revisité son dernier lieu de vie, le Clos Lucé, où il a passé ses dernières années de vie de 1516 à 1519,

j’ai finalement décidé de « continuer » avec Albert Camus dont le début d’une de ses citations repris en titre sonne pour moi comme un « conseil » à donner à toutes celles et à tous ceux qui s’agglutinent dans « la cour » des candidat(e)s déclaré(e)s, potentiel(le)s ou putatifs à la Présidentielle de 2022 :

« Nous avons à recoudre ce qui a été déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste et le bonheur significatif pour les peuples empoisonnés par les malheurs du siècle. »

(Les amandiers 1954)

Tout est dit, et à tous les niveaux, dans nos villes, nos quartiers, entre nos pays et nos continents, entre ceux qui ont tout (et même trop) et ceux qui n’ont rien voire « qui ne sont rien » comme « l’aurait dit », un jour, Monsieur Macron.

Cela ne me semble malheureusement pas être ce qui ressort des premières déclarations et postures de celles et ceux qui se sont déjà « affichés », des déclarations et des postures qui visent la plupart du temps et pour la plupart d’entre elles, à accentuer ces déchirures, à accroitre les injustices et écarter dans leurs malheurs « les peuples emprisonnés par le malheur du siècle… »

Espérons que cela changera sous peine du pire à venir, même si, comme l’avait déjà écrit Léonard de Vinci il y a plus d’un demi-millénaire :

« La sottise est le bouclier de la honte. »

« Le néant n’a point de centre et ses limites sont le néant. »

Je pourrais, à partir de là, écrire des pages et des pages pour illustrer ces tristes et pénibles constats, ce que je ne ferai pas aujourd’hui, préférant me concentrer sur 2 exemples :

    Le premier exemple concerne bien sûr l’Afghanistan dont la majorité des habitant(e)s sont plongé(e)s dans un drame abyssal, un drame qui me fait honte en tant qu’homme et qui devrait nous faire honte en tant que citoyens de pays qui vivent dans « un confort démocratique ».

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Je m’interroge au-delà du constat trop « facile » de l’échec des États-Unis dans leur politique de « gendarme du monde »,

même si le Vietnam, en 1975, en avait déjà été une illustration, d’autres n’ont pas manqué dans plusieurs pays africains,… sans oublier l’Irak et plus récemment la Syrie…

Mais là, en Afghanistan, avec le retour des talibans on atteint le « pire du pire » sans compter que c’est un encouragement donné à toutes les forces intégristes et religieuses musulmanes partout dans le monde de tout faire pour éliminer les « mécréants » que nous sommes dans nos pays, villes et quartiers.

    Oui en tant qu’homme, j’ai honte, mais je ne veux pas m’associer à la cohorte des maires qui annoncent vouloir accueillir des dizaines ou centaines de réfugiés afghans. Je ne porte pas de jugement et je pense même que, pour beaucoup d’entre elles et d’entre eux, c’est un cri du cœur qui fait suite à un cri de douleur, mais cela ne doit pas nous « dédouaner » de notre échec collectif qui conduit au malheur d’une large partie des 31 millions d’Afghans !

   En tant que Maire j’ai donc simplement pris contact avec Nanou Rousseau qui a créé à Villeneuve d’Ascq « Mères pour la Paix » et dont l’investissement en Afghanistan n’est plus à démontrer pour lui dire que nous sommes prêts à l’aider, elle et les autres militantes de « Mères pour la Paix » engagées avec elle pour sauver ce qui peut l’être et en particulier pour aider d’une manière ou d’une autre celles et ceux qui ont, en Afghanistan, travaillé avec elles pour l’ensemble de la population afghane durant 2 décennies et qui ,à ce titre, sont particulièrement menacé(e)s.

  Je me souviens en cet instant que j’avais été de celles et ceux qui, au Parlement européen, avec une émotion indicible ,  avaient rencontré des  » femmes afghanes grillagées  par les talibans  » de même que le Commandant Massoud en avril 2001 avant qu’il ne soit assassiné le 9 septembre, 2 jours tout juste avant le 11 septembre qui secoua les États-Unis et le monde…

Son fils Ahmad a dit dans son appel du 16 août vouloir résister.

Je souhaite qu’il réussisse à partir du Panshir … même si la tâche me semble « démesurée »…

Pour autant il est le signal que si « solution il y a encore », elle passe par les Afghans d’abord et pas par « une politique de la canonnière » qui a fait son temps, sachant aussi que le monde, par ailleurs, a quand même les moyens au moins d’étouffer financièrement les talibans y compris en faisant pression sur certains « pays du Golfe » qui se disent « les amis » des occidentaux et qui d’ailleurs investissent, entre autres (suivez mon regard), dans nos hôtels parisiens et nos clubs de football tout en ayant « aidé » ou soutenu les talibans.

    Le deuxième exemple portera, bien sûr, sur la pandémie du COVID 19 qui déchire le monde et nos sociétés, accroit les inégalités et les injustices, provoque des violences et exacerbe « les égoïsmes des tous poils » (je vous renvoie aussi, à titre d’illustration complémentaire, aux citations de Léonard de Vinci)…

Je le redis : je peux comprendre les angoisses et inquiétudes de certain(e)s « manifestant(e)s du samedi » mais je dénonce avec force les extrémistes, les fascistes, les intégristes religieux ainsi que les politiciens sans conscience qui veulent  » se refaire une santé » sur le malheur des autres…

En rappelant ces mots d’Albert Camus pour que l’on me comprenne bien dans ce jugement que je porte :

                      « Mal nommer les choses ; c’est ajouter au malheur du monde. »

Pour ne donner qu’un chiffre parmi les multiples chiffres qui circulent :

Si on rapportait les nombres de décès actuels du COVID en France Outre-mer où la vaccination a été beaucoup trop faible pour de multiples raisons sur toute la France , 

on aurait en France métropolitaine 1 700 morts par jour, soit 50 000 par mois et 600 000 par an  (presqu’autant que le nombre de décès annuel hors pandémie).

On n’a plus le droit de refuser la seule solution pour freiner la pandémie qu’est la vaccination :… sous peine de nous préparer le pire du pire… et cela même si tous les retards pris et les  » fluctuations dans les décisions » nous laisse craindre et présager déjà une année 2022 encore difficile… voire  au-delà.

    J’en resterai là pour aujourd’hui en pensant avoir retrouvé la force nécessaire grâce à mon périple estival pour « être encore à la hauteur » durant les semaines qui viennent face aux périls qui nous menacent dans tous les domaines et donc aux décisions qu’ils nous imposeront et ce, malgré des problèmes douloureux de mobilité qui perdurent.

Si comme l’a dit encore Léonard de Vinci :

« le fer se rouille faute de servir, l’eau qui stagne perd sa pureté, l’inaction sape la vigueur de l’esprit »,

je peux l’assurer… je n’ai personnellement rien à craindre de cela…

   Je l’ai montré et le montrerai encore en m’appliquant cette exigence énoncée avec force par Martin Luther King :

        « Si vous ne pouvez pas voler, courez. Si vous ne pouvez pas courir, marchez. Si vous ne pouvez pas marcher, rampez. 

Mais toujours, continuez à avancer. »

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