Carnet N°905 du 11 mai 2026 : CHRONIQUE D’UNE FIN ANNONCÉE

Si personne ne peut ignorer que dans la vie, quel que soit le domaine, « toute chose a une fin »,et en premier lieu la vie elle-même, cette fin est rarement « annoncée »,autrement dit rarement « datée » … sauf celle qu’on a soi-même décidé.

Au demeurant, même si on l’a décidé, « une chose est de l’attendre… une autre de la vivre » … et surtout de la vivre avec derrière cette fin l’espoir, la volonté de vivre  » autre chose » une fois cette fin arrivée.

Pour ce qui me concerne, après 49 ans d’une vie politique intense, même si j’avais pensé à l’annoncer pour le 27 févier 2025 (afin de m’éviter les « affres » de la dernière ligne droite), je ne l’ai fait que le 4 novembre 2025 avant de participer « sans ménager ma peine » à la campagne électoraleauprès de Sylvain ESTAGER et de sa belleéquipe …pour contribuer à éviter une victoire de L.F.I et de son député,  ce qui aurait été une catastrophe pour Villeneuve d’Ascq et pour la Métropole Européenne de Lille.

Et c’est ce qui a permis le 22 mars dernier l’élection de 34 élu(e)s E.P.V.A. 2026 malgré les « trahisons politiques » de 3 de mes adjoints qui avaient ainsi pris le risque de contribuer à une victoire de  » la France Insoumise  » dont personne, au gré des discours de Monsieur Mélenchon et de ses « gardes noirs », ne peut ignorer les intentions profondes, allant récemment de la part de l’un de ses nouveaux Maires jusqu’ à évoquer le recours  à  « une insurrection populaire » si , en 2027, le candidat « Rassemblement National » était élu Président de la République.

C’est ma décision annoncée le 4 novembre 2025 de ne plus postuler au poste de Maire de Villeneuve d’Ascq, après 50 ans de mandats villeneuvois dont 7 mandats de Maire... qui a confirmé une réalité que j’avais certes déjà anticipé… depuis longtemps, convaincu qu’à 81 ans « on ne peut pas se payer le luxe » de postuler pour un nouveau mandat dont « la fin annoncée » aurait correspondu pour moi à l’âge de 87 ou 88 ans…,  une réalité, disais-je, qui allait  « nourrir » une longue liste de « dernières fois »,  dernières assemblées générales associatives  , dernière inauguration, dernière grande fête populaire, dernière « pose de 1ère pierre », dernière inauguration, dernière cérémonie patriotique, dernière réception officielle en que Maire, dernière cérémonie de vœux… etc…etc..

Des « dernières fois » donc qui se sont comptées par dizaines… ce qui n’est pas si facile à vivre… avant notre victoire du 22 mars 2026, une victoire dont beaucoup ignorent encore (ou font de faire semblant d’ignorer) « l’originalité en politique » et l’importance, la victoire d’un « Mouvement Rassemblement Citoyen » et de ses alliés contre les 3 grands appareils politiques du P.S, des Verts et de L.F.I, des LR+Horizon+divers droite avec, à la clé , l’élection d’un nouveau Maire, Sylvain ESTAGER , le 28 mars.

Une fin donc très positive, car victorieuse que j’avais, pour moi, programmée et annoncée, n’ayant d’ailleurs jamais ignoré que si, en cas de victoire, cela aurait été d’abord celle de mon successeur, en cas de défaite elle aurait été déclarée d’abord et surtout comme ma « défaite », et ce, une victoire après une période pas facile à vivre faitede désirs de vengeance de certains, de comportements de traitres et de « chacals » de quelques autres, de changements de comportements esquissés y compris dans les services municipaux…, le sentiment, comme j’aime à le dire « de se voir transformé en hologramme » que les regards traversent pour anticiper ce qu’il y aura derrière…

Une fin, finalement, non plus simplement « annoncée « « mais arrivée »  et, légitimement, sans plus avoir de bureau à l’Hôtel de Ville, ni de secrétariat particulier, ni vraiment de courriers, de mails, d’appels téléphoniques, de rapports,  …ni même, la plupart du temps, de suites rapides à mes demandes, malgré le fait que je sois encore « conseiller délégué à la Mémoire » et élu à la MEL…(même si je peux le comprendre vues les contraintes de toutes transitions )

C’est toujours ainsi… et je ne m’en plains pas…

 « Quand c’est fini… ça (ne) recommence (pas) » avec pour sourire, l’attitude de toutes celles et de tous ceux qui, un peu gênés, quand elles et ils vous rencontrent … ont toujours la même question :  comment on peut vous appeler ?monsieur ? monsieur Caudron ? Gérard ? Monsieur le Maire ? des questions et toujours, de ma part, une même réponse : c’est comme vous voulez » ! sachant quand même que ce sont dans ces rencontres en tous lieux avec des citoyen(ne)s.…sincères que je continue à vivre mes meilleurs moments publicsen plus, bien sûr, de moments privés « renforcés » (sinon pour certains « retrouvés ») .

En effet, aussi et heureusement , « une fin annoncée » c’est , contrairement aux autres « fins  » « une fin préparée »après laquelle, dans le début de  » l’écriture d’un nouveau et dernier chapitre de sa vie »  (dont on ne connait pas la longueur), on se sent libre dans l’organisation de sa vie, plus libre de penser, d’écrire, de parler, même si on a certes moins de lecteurs et d’auditeurs « intéressés »,plus proches enfin de ses « proches » qu’ils soient encore « présents » ou même disparus… .

Quand, en effet, comme moi, on compte 63 ans d’activités depuis son premier emploi (et ce n’est pas encore fini), on ne prend pas « de retraite » …, on continue à se battre pour ses idées, avec certes moins de moyens et d’écoute… mais qu’importe…

Comme disait Jean Ferrat dans sa douloureuse et déchirante chanson « Nuit et brouillard » : (et donc bien plus modestement pour moi) … « mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ? » Quand la vieillesse s’accompagne d’une expérience dont le témoignage peut encore être utile pour comprendre le présent et préparer l’avenir, utile à quelques centaines, quelques milliers …, voire quelques dizaines de milliers de citoyennes et de citoyens plus jeunes que moi qui m’écouteront ou me liront… et à qui ce sera peut-être utile…

 Oui, vraiment, une fois encore, je me retrouve dans ces mots de Confucius : 

        « On a deux vies et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ».

Gérard Caudron

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