Le journal d'une mauvaise herbe, 101 carnets au fil du temps
… pour quelques coquelicots de plus
Après des jours, des semaines et des mois d'intense fatigue et de tensions, après des moments de doutes face aux difficultés incommensurables des temps et à certains comportements décourageants rencontrés ici et là au quotidien, après aussi un dimanche de repos, j'avoue avoir été tenté d'ouvrir mon 63ème carnet par cette citation de Boris Vian :
« A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par-dessus ? »
Je rééquilibrerai néanmoins cette pensée un peu trop « réaliste » avec cette belle « conviction » d'Andrée Maillet, poétesse et romancière québécoise, au lendemain de la journée internationale de la femme :
« Nous croyons tous en l'impossible, sans quoi nous n'arriverions jamais à l'accomplir ».
A propos de cette journée justement, si je m'associe, bien sûr, aux luttes contre toutes les discriminations, inégalités et injustices, si j'ai un peu de mal à adhérer au « rite » des journées organisées tout au long de l'année qui risquent de marginaliser les causes pour lesquelles on dit se battre. Concernant le 8 mars, c'est toujours le moment pour moi de rajouter à toutes les dénonciations auxquelles j'adhère, la forte conviction d'un immense gâchis pour une société vieillissante et asséchée dans ses ressources matérielles.
Partant du constat qu'aujourd'hui il n'est plus de richesse potentielle que dans l'humain je redis qu'il nous faut dénoncer le gâchis de voir tant de richesses chez la femme « sous utilisées » voire même niées quand elles ne sont pas écrasées.
C'est vrai sur tous les continents, en particulier là où, pour diverses raisons, culturelles, religieuses ou simplement machistes, le statut et la place de la femme régressent. Mais c'est vrai aussi chez nous ! Il suffit de regarder le nombre décroissant de femmes quand « on monte dans la hiérarchie professionnelle » (la mairie de Villeneuve d'Ascq est sans doute une exception dans les services comme chez les élus).
Il faut regarder la composition de l'Assemblée Nationale et du Sénat.
Il faut dénoncer énergiquement l'absence quasi-complète de femmes dans les conseils d'administration et à la direction des grandes entreprises privées ou publiques.
C'est anormal, c'est injuste et c'est surtout dangereux pour notre avenir.
Oui, en effet, faire de la politique autrement, c'est aussi cela et vendredi dernier, salle Marianne, devant plus de 250 citoyens de tous les âges pour le meeting d'Europe Ecologie avec les Verts et Rassemblement Citoyen, il y avait, en arc de cercle, trois hommes et cinq femmes.
Ce fut une belle soirée, très riche, très dense, très fraîche et « multiple » dans ses expressions.
J'y ai dit, en temps que président de Rassemblement Citoyen, le sens de notre engagement auprès des Verts pour ces « régionales » :
Somme toute, pour une Région Nord Pas-de-Calais, laboratoire et vitrine d'une nouvelle gauche, pour un nouveau et durable progrès au profit de tous avec priorité aux plus faibles, aux plus fragiles, aux plus démunis.
J'aurai demain, mercredi 10 mars, au Zénith, l'occasion de le redire aux côtés de Daniel Cohn Bendit pour le dernier grand meeting d'avant le premier tour de dimanche prochain, une élection où il nous faudra aussi nous battre contre l'abstention dont les causes se retrouvent déjà dans un texte de Zhang Xianliang :
« L'homme doit d'abord se nourrir, se désaltérer, se loger, se vêtir et ensuite seulement, il peut participer à des activités politiques ».
Ce constat renforcera, s'il le faut, l'admiration à porter au peuple irakien, qui a voté en grand nombre ce dimanche, malgré toutes les formes de misère qui l'écrasent, une occupation étrangère difficile à vivre et les menaces de mort accompagnées d'attentats sanglants de la part des terroristes d'Al Qaïda.
C'est une leçon pour « nos vieilles démocraties ». Toutes les formes de lâcheté ne peuvent, demain, que conduire au pire et le peuple irakien le sait, qui en a déjà payé le prix.
De la fin de semaine, on retiendra encore à Paris, un Président de la République « acculé » au Salon de l'agriculture et obligé de plier le genoux face à un système qu'il a si souvent soutenu.
On retiendra aussi à Villeneuve d'Ascq un samedi très dense autour du salon du chocolat, des AG d'associations Pirouette et Société Historique, une porte ouverte sur le Centenaire du grand boulevard, un concert franco allemand pour les dix ans du jumelage avec Leverkussen, un carnaval coloré par nos amis Dunkerquois qui nous mènera du Pont de Bois à Annappes, du sport et du basket, une soirée à l'amicale d'Ascq sans oublier, bien sûr, la mise à l'honneur, plus que méritée, d'Yvonne Willem, chevalier de l'Ordre National du Mérite, un moment d'émotion et de grande intensité humaine et solidaire...
Encore un week end où, si j'ai pu à nouveau, constater l'absence récurrente de certains élus (dont je ne citerai pas la liste et les étiquettes), j'ai pu aussi rencontrer les élus de la majorité et surtout d'EPVA toujours très nombreux aux quatre coins de la ville. Ils s'y étaient engagés auprès de moi... A 90%, ils tiennent leurs engagements.
A mes côtés, ils écrivent une page d'histoire, la vraie, celle que l'on vit avec un horizon très étroit autour de nous et surtout (contrairement à l'histoire écrite après et reprise par des films en couleur et grand écran) sans savoir sur quoi « elle finira par déboucher ».
N'oublions jamais cette conception de l'histoire, y compris dans les musées où on rend hommage à ceux qui l'ont faite sans en avoir pu en vivre la fin.
Sinon on rate un des objectifs forts de l'histoire : faire comprendre aux nouvelles générations que tout peut encore, un jour, leur arriver...
J'aurai l'occasion de revenir sur ce point qui, pour l'avenir de nos enfants, me tient particulièrement à cœur, moi qui durant ma jeunesse ait « baigné » dans l'évocation des première et deuxième guerres mondiales avec mes parents et grands parents, avant de vivre dans l'atmosphère des guerres coloniales du Vietnam et surtout de l'Algérie...
J'aurais pu, pour conclure, trouver une citation qui aurait illustré, au mieux, ce dernier propos : j'ai préféré en choisir une qui, à la fin d'un hiver « qui n'en finit pas de finir » et dans l'attente d'un printemps qui « n'arrive pas à arriver », a pour but de nous réchauffer le cœur.
Elle est de Jacques Prévert : « Il faut essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple ».