Le journal d'une mauvaise herbe, 101 carnets au fil du temps
… pour quelques coquelicots de plus
« L'arbre tient bon, le roseau plie, le vent redouble ses efforts et déracine celui de qui la tête au ciel était voisine, mais dont les pieds touchaient à l'empire des morts... »
Qui n'a jamais rêvé, en particulier dans le monde politique, de « quitter la scène » de cette manière... chère à Jean de la Fontaine ?
Et bien, au risque d'en décevoir certains, tel n'est pas mon état d'esprit aujourd'hui...
Il y a tant de choses à faire à tous les niveaux et dans tous les domaines...
Il me reste tant de choses à faire à tous les niveaux et dans tous les domaines...
Quand on imagine le monde dangereux, violent, pollué et pillé que l'on s'apprête à léguer à nos enfants, on n'a pas le droit de gâcher le temps qui nous reste sans tout faire pour limiter ces périls !
Sans revenir longuement sur les dangers du terrorisme, des intégrismes, des violences et des guerres avec la future bombe atomique iranienne et les armées occidentales enlisées dans des conflits locaux, avec une Europe qui reste engluée dans un modèle ultra-libéral dépassé malgré le OUI Irlandais et l'euro-scepticisme tchèque, il est vital de se pencher sur l'urgence écologique et l'avenir environnemental de notre planète.
Nous allons devoir vraiment apprendre à vivre autrement et chercher la juste voie entre le « on continue comme avant tout en répétant qu'il faut changer... » et le « on retourne au temps de l'Antiquité ou du Moyen-âge... ».
Il faut pour cela conjuguer une réelle volonté politique et une vigoureuse mobilisation de tous les moyens de la recherche et de la science dans les domaines de l'énergie et des émissions polluantes, traquer toutes les formes de gaspillage, gérer l'espace pour mieux l'utiliser sans retomber dans les ghettos des ZUP.
Cette volonté politique devrait être au cœur des prochaines élections régionales en France.
Je ferai mon choix à partir des projets, des pratiques politiques et des équipes proposées par les principales listes issues du camp du progrès.
Projets, pratiques politiques, équipes, je sais déjà vers qui je ne me tournerai pas et je sais mes envies de travail en termes de projet, car ces élections seront importantes pour la suite dans la perspective de 2012 dans la mesure où, soit elles laisseront en place « un jeu politique classique », soit où elles confirmeront qu'une autre voie est possible plus ouverte, plus imaginative et plus tournée vers l'avenir.
Les domaines de l'aménagement urbain et du logement me tiennent particulièrement à cœur et l’on sait mon investissement personnel en la matière à LMCU : construire davantage, rénover l'existant, mieux entretenir et mieux gérer, assurer les dessertes, la culture et les loisirs, les commerces et les services, les transports publics... somme toute créer de vraies villes sans commettre encore les graves erreurs du productivisme d'hier.
Une belle ville, ce n'est pas nécessairement une ville plus dense, si ce n'est plus une ville étalée et pavillonnaire.
L'expérience des villes nouvelles est à réétudier ne serait ce que pour voir ce qui a le mieux traversé le temps :
J'ai bon espoir chaque jour de réussir à convaincre « les militants de la densité à tout prix » et « les nostalgiques de la maison de Blanche Neige »... que là aussi une autre voie est possible.
Et il en est de même dans le domaine de la diversité des habitats : diversité des prix et des statuts, diversité en termes de public, jeune, moins jeune, vieillissant, handicapé, familial ou solitaire, adepte de la verdure paisible ou de l'animation urbaine.
Et pour cela, à LMCU, j'essaie de trouver le bon équilibre entre une fermeté sur les objectifs et une nécessaire souplesse sur les moyens à utiliser pour les atteindre.
Là aussi, il faut d'abord plutôt tout faire pour convaincre que d'essayer d'imposer.
J'aurai l'occasion de revenir sur ces dossiers entre autres pour parler du logement étudiant et de campus et de la nécessaire continuité à rétablir entre le domicile « classique » des personnes vieillissantes et les EHPAD.
Dans le reste de l'actualité, on notera la pandémie et les risques de mesures autoritaires pour la vie de nos cités, le « référendum » populaire sur la Poste où les Français ont dit massivement leur soutien aux services publics en faisant exploser toutes les prévisions (on espérait un million de votants, on a largement dépassé les deux millions), une victoire des socialistes en Grèce, par le rejet d'une droite particulièrement maladroite et fautive, le rappel de l’Erika et de ses 20 000 tonnes de fuel qui, il y a 10 ans, ont pollué 400 Km de côtes et mazouté 15 000 oiseaux...
Sans oublier des élections partielles en France qui, sans révolutionner les rapports de force, laissent ouvertes les possibilités de changements souhaités au début de ce carnet.
Une dernière image avant d'en terminer : c'était samedi sur Flers-Sart, avec l'inauguration de Jardins familiaux, l'occasion de rappeler l'importance de l'alimentation dans la vie et dans la vie future de la planète.
L'occasion de redire qu'il ne faut pas malmener l'agriculture et les agriculteurs.
L'occasion de s'engager à ouvrir de nouveaux jardins familiaux à vocations définitives ou temporaires.
Là aussi il y a urgence sociale et économique.
Et je terminerai par une citation d'Anatole France,
dédiée à celles et ceux qui se prennent trop souvent au sérieux :
« Sans ironie, le monde serait une forêt sans oiseaux... »