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INAUGURATION DE LA PLACE LEON BLUM
Le 16 mars 1979
« Quand
l’homme se trouble et se décourage, il n’a qu’à penser à l’humanité. »
Mesdames,
Mesdemoiselles, Messieurs,
Vous ne
pouvez imaginer avec quelle émotion je viens de découvrir la plaque qui
porte cette citation marquant ainsi pour longtemps ce quartier et à travers
lui, la ville nouvelle et l’ensemble de Villeneuve d’Ascq.
Et je
voudrais tout d’abord vous remercier les uns et les autres, Président de Société,
Corps constitué, Elus, Militants politiques, Habitants, d’avoir bien voulu
vous associer à nous dans ce grand et important moment.
Je veux
vous remercier d’avoir bravé le mauvais temps.
Je veux
vous remercier d’avoir compris la signification réelle de ce moment, malgré
la campagne de basse politique lancée contre moi depuis plusieurs jours par
certains… dans la Ville et dans le Conseil municipal.
Merci
enfin à François MITTERRAND, premier Secrétaire du Parti Socialiste d’avoir
répondu à mon invitation et cela à un moment où chacun comprendra que son
carnet est particulièrement chargé.
Merci
à lui de montrer son attachement à Léon BLUM
Merci
à lui de montrer son attachement à notre département du Nord.
Oui
cette inauguration est pour nous particulièrement importante pour ne pas
dire fondamentale.
Elle
l’est d’abord parce qu’elle marque une étape « forte » dans
l’histoire de Villeneuve d’Ascq
C’est la
première place que nous inaugurons, et cette inauguration se fait dans le
quartier le plus contreversé de la ville nouvelle :
Celui du
Pont de Bois
C’est un
quartier qui ne passe pas inaperçu.
Quand on
veut dénoncer la surdensité : on parle du Pont de Bois.
Quand on
veut illustrer l’impression d’écrasement : on parle du Pont de Bois.
Ce
quartier fait parti de l’héritage que nous avons trouvé en mars 1977.
Nous en
avons fait une critique sévère, avec les habitants.
Nous
essayons d’en tirer des leçons pour l’avenir.
Mais
aujourd’hui nous voulons faire le pari qu’il peut avoir un cœur vivant et
attractif autour de cette place.
Vous
pouvez le remarquer malgré le temps cette place ne manque pas de charme.
Nous
voulons croire qu’elle sera un lieu de rassemblement et d’échange, un lieu
vivant, un lieu humain.
Elle est
un peu le symbole d’une ville nouvelle que nous n’avons pas voulu. Une
ville qui s’est faite sans ses habitants. Une ville aussi qui s’est faite
sans ses élus directs.
Alors on
peut lui reprocher beaucoup de chose, beaucoup d’erreur, beaucoup
d’imperfection.
C’est ce
que j’ai fait, c’est ce que je fais, mais je m’arrête pas là.
Nous
avons été élus, pour la finir le mieux possible,
nous
avons été élus, pour lui donner une cohérence,
nous
avons été élus, pour lui donner une vie,
nous
avons été élus, pour en faire une vraie ville.
Et depuis
2 ans, c’est ce que nous essayons, c’est ce que j’essaie de faire, et c’est
pourquoi nous sommes aujourd’hui rassemblés ici.
Beaucoup
de jeunes et de moins jeunes y passent et vont y passer :
Lycéen,
écoliers, collégiens, étudiants, habitants.
Je veux
croire aussi qu’ils s’arrêteront un instant pour réfléchir à la pensée de
Léon BLUM et à son message gravé dans le marbre.
Car en
effet, si l’appropriation d’une place, lieux public par excellence, à
travers une inauguration est un moment important, le choix de celui qui y
donne son nom est émouvant et symbolique.
Léon Blum
c’est le socialisme dans sa pleine signification.
A la fois
réformiste et révolutionnaire, patriote et internationaliste, socialiste et
démocrate, fidèle disciple de Jean JAURES, il est sans conteste le grand
penseur du socialisme humaniste.
Ecrivain
avant d’être homme politique.
Refusant
l’injustice sous toutes ses formes, l’histoire va faire de lui,
d’abord le continuateur de la vieilles
maison socialiste après le congrès de Tours,
puis le porteur des espérances
ouvrières sous le front populaire. Acteur déterminant d’une épopée qui
marqua des conquêtes irréversibles la classe ouvrière en même temps que la
fragilité de certains engagements de ceux qui refusent toujours de prendre leurs
responsabilités.
Enfin, victime combattante du régime de
Vichy, et de l’occupant nazi qui le déporte à Dachau, puis à Buchenwald, où
il connaît l’univers concentrationnaire.
On
conserve de lui une chaleur humaine, un esprit de synthèse, une force de
conviction.
On
conserve de lui une pensée qui a fait progresser chez nous tous le
socialisme.
Et si
tout à l’heure j’ai remercié François MITTERRAND de sa présence, si je
salue en lui le responsable au plus haut niveau du Parti Socialiste, on me
permettra aussi, sans tomber dans les comparaisons abusives, de saluer en
lui le continuateur de Léon BLUM, de saluer le rassembleur, l’écrivain, le
militant et l’homme d’état à qui nous devons beaucoup et dont nous
attendons encore beaucoup.
Vous
voyez donc, Mesdames, Messieurs, que la signification de l’inauguration de
la Place Léon BLUM dans le quartier du pont de Bois, ainsi que la présence
de François MITTERRAND dépassent et de loin la vie politique quotidienne et
ses méandres
Oui Léon
BLUM artisan prestigieux du socialisme est entré dans l’histoire.
Il porte
gravé en lui ses succès et ses échecs, ses grandeurs comme ses faiblesses,
ses espoirs et ses doutes.
Avec Léon
BLUM, avec cette place qui porte désormais son nom, avec cette plaque qui
veut être un message d’espoir,
C’est la
ville, l’homme et le socialisme qu’aujourd’hui nous mettons à l’honneur
Gérard
CAUDRON
Le 16
mars 1979.
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