"On l'appelait Monsieur le Président"

8 janvier 1996 - 8 janvier 2006 - 10 ans déjà!

11 janvier 1996Novembre 199525 avril 198316 mars 1979

 

Inauguration de la place Léon BLUM à Villeneuve d'Ascq
le 16 mars 1979

 

 

INAUGURATION DE LA PLACE LEON BLUM

Le 16 mars 1979

« Quand l’homme se trouble et se décourage, il n’a qu’à penser à l’humanité. »

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Vous ne pouvez imaginer avec quelle émotion je viens de découvrir la plaque qui porte cette citation marquant ainsi pour longtemps ce quartier et à travers lui, la ville nouvelle et l’ensemble de Villeneuve d’Ascq.

Et je voudrais tout d’abord vous remercier les uns et les autres, Président de Société, Corps constitué, Elus, Militants politiques, Habitants, d’avoir bien voulu vous associer à nous dans ce grand et important moment.

Je veux vous remercier d’avoir bravé le mauvais temps.

Je veux vous remercier d’avoir compris la signification réelle de ce moment, malgré la campagne de basse politique lancée contre moi depuis plusieurs jours par certains… dans la Ville et dans le Conseil municipal.

 Merci enfin à François MITTERRAND, premier Secrétaire du Parti Socialiste d’avoir répondu à mon invitation et cela à un moment où chacun comprendra que son carnet est particulièrement chargé.

 Merci à lui de montrer son attachement à Léon BLUM

 Merci à lui de montrer son attachement à notre département du Nord.

 Oui cette inauguration est pour nous particulièrement importante pour ne pas dire fondamentale.

Elle l’est d’abord parce qu’elle marque une étape « forte » dans l’histoire de Villeneuve d’Ascq

C’est la première place que nous inaugurons, et cette inauguration se fait dans le quartier le plus contreversé de la ville nouvelle :

Celui du Pont de Bois

C’est un quartier qui ne passe pas inaperçu.

Quand on veut dénoncer la surdensité : on parle du Pont de Bois.

Quand on veut illustrer l’impression d’écrasement : on parle du Pont de Bois.

Ce quartier fait parti de l’héritage que nous avons trouvé en mars 1977.

Nous en avons fait une critique sévère, avec les habitants.

Nous essayons d’en tirer des leçons pour l’avenir.

Mais aujourd’hui nous voulons faire le pari qu’il peut avoir un cœur vivant et attractif autour de cette place.

Vous pouvez le remarquer malgré le temps cette place ne manque pas de charme.

Nous voulons croire qu’elle sera un lieu de rassemblement et d’échange, un lieu vivant, un lieu humain.

Elle est un peu le symbole d’une ville nouvelle que nous n’avons pas voulu. Une ville qui s’est faite sans ses habitants. Une ville aussi qui s’est faite sans ses élus directs.

Alors on peut lui reprocher beaucoup de chose, beaucoup d’erreur, beaucoup d’imperfection.

C’est ce que j’ai fait, c’est ce que je fais, mais je m’arrête pas là.

Nous avons été élus, pour la finir le mieux possible,

nous avons été élus, pour lui donner une cohérence,

nous avons été élus, pour lui donner une vie,

nous avons été élus, pour en faire une vraie ville.

Et depuis 2 ans, c’est ce que nous essayons, c’est ce que j’essaie de faire, et c’est pourquoi nous sommes aujourd’hui rassemblés ici.

Beaucoup de jeunes et de moins jeunes y passent et vont y passer :

Lycéen, écoliers, collégiens, étudiants, habitants.

Je veux croire aussi qu’ils s’arrêteront un instant pour réfléchir à la pensée de Léon BLUM et à son message gravé dans le marbre.

Car en effet, si l’appropriation d’une place, lieux public par excellence, à travers une inauguration est un moment important, le choix de celui qui y donne son nom est émouvant et symbolique.

Léon Blum c’est le socialisme dans sa pleine signification.

A la fois réformiste et révolutionnaire, patriote et internationaliste, socialiste et démocrate, fidèle disciple de Jean JAURES, il est sans conteste le grand penseur du socialisme humaniste.

Ecrivain avant d’être homme politique.

Refusant l’injustice sous toutes ses formes, l’histoire va faire de lui,

d’abord le continuateur de la vieilles maison socialiste après le congrès de Tours,

puis le porteur des espérances  ouvrières sous le front populaire. Acteur déterminant d’une épopée qui marqua des conquêtes irréversibles la classe ouvrière en même temps que la fragilité de certains engagements de ceux qui refusent toujours de prendre leurs responsabilités.

Enfin, victime combattante du régime de Vichy, et de l’occupant nazi qui le déporte à Dachau, puis à Buchenwald, où il connaît l’univers concentrationnaire.

On conserve de lui une chaleur humaine, un esprit de synthèse, une force de conviction.

On conserve de lui une pensée qui a fait progresser chez nous tous le socialisme.

Et si tout à l’heure j’ai remercié François MITTERRAND de sa présence, si je salue en lui le responsable au plus haut niveau du Parti Socialiste, on me permettra aussi, sans tomber dans les comparaisons abusives, de saluer en lui le continuateur de Léon BLUM, de saluer le rassembleur, l’écrivain, le militant et l’homme d’état à qui nous devons beaucoup et dont nous attendons encore beaucoup.

Vous voyez donc, Mesdames, Messieurs, que la signification de l’inauguration de la Place Léon BLUM dans le quartier du pont de Bois, ainsi que la présence de François MITTERRAND dépassent et de loin la vie politique quotidienne et ses méandres

Oui Léon BLUM artisan prestigieux du socialisme est entré dans l’histoire.

Il porte gravé en lui ses succès et ses échecs, ses grandeurs comme ses faiblesses, ses espoirs et ses doutes.

Avec Léon BLUM, avec cette place qui porte désormais son nom, avec cette plaque qui veut être un message d’espoir,

C’est la ville, l’homme et le socialisme qu’aujourd’hui nous mettons à l’honneur

Gérard CAUDRON

Le 16 mars 1979.

 

Voix du Nord

 

à l'Hôtel de Ville de Villeneuve d'Ascq

 

 

" même lorsque s'abat l'orage, le blé ne meurt pas..." Jean Poperen Janvier 1997