Quand éducation rime avec répression

 

C’est reparti pour un tour…, le thème de l’insécurité est revenu au premier plan de l’actualité. Récemment un de nos collègues élus, nous faisait part d’un article de presse où il était évoqué le renfort des contrôles, l’installation de policiers aux abords des établissements scolaires, et la fouille des sacs des élèves :

 

De nouveau, on renoue le débat sur la violence à l’école, on dénonce des fauteurs de troubles, et on pointe du doigt les jeunes, et comme il faut des responsables, on désignera les parents…

 

Au risque de me « coller » une réputation d’ « angéliste puriste », le citoyen que je suis, et l’élue devenue, issue du Mouvement Rassemblement Citoyen, ne peut se taire. Je ne peux m’empêcher de vous exposer là mes craintes d’un comportement malsain à l’égard de notre jeunesse. Je ne pense pas que l’utilisation du pistolet à décharge électrique ou de la matraque, soit l’arme efficace pour combattre la délinquance juvénile et améliorer la vie de nos concitoyens

 

Il est évident qu’il faut sanctionner tous les actes qui relèvent du pénal ou du correctionnel, mais il faut aussi reconnaître que la montée en puissance de la délinquance reflète bien là un parfait échec de la prévention, dans les politiques menées dans les villes et les quartiers.

 

Les dispositions annoncées par notre gouvernement ne font que figer des postures de fond qui s’ancrent progressivement, dans notre société .Elles ne sont pas neutres : On s’arme contre ceux qui ne suivent pas au pied de la lettre les règles et  règlements, les démarches de la Police et de la répression l’emportent sur l’éducation, et la peur prend le pas sur la raison. Dans la caricature, les policiers sont devenus de vrais militaires, et les professionnels de l’éducation, des auxiliaires de police. ; On pourrait s’imaginer en état de guerre : « La France serait-elle donc en danger d’être à feu et à sang du fait de ses enfants ?  

 

Plus sérieusement, il faudrait reconnaître que les premières insécurités rencontrées sur nos villes, sont surtout celles du manque de logement, du travail, et d’un avenir incertain : l’une découle de l’autre, ainsi la délinquance prend son ferment dans la précarité sociale. Pourtant il est écrit depuis 1789, dans la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

«  La sécurité est un droit fondamental  »…

 

Ne cédons pas à la politique de la peur menée par notre chef de l’Etat ;  nos enfants ne sont pas des mineurs dangereux. Travaillons plutôt  sur le « bien vivre ensemble », le lien social et solidaire avec ceux de « l’autre rive », ceux qui pensent jamais ne pouvoir « franchir le pont », et  rester désespérément circonscrits dans une « zone de non droit », condamnés à ne jamais espérer un lendemain meilleur, où l’échec scolaire, la  précarité de l’emploi, l’inaccessibilité au logement décent, sont leurs seules promesses d’avenir. Laissons en arrière plan la politique de la répression et du tout sécuritaire. Redonnons toute sa noblesse à la Politique de la ville et des quartiers. Renouer le dialogue, rétablir une confiance et un espoir à notre jeunesse, pour leur faire comprendre que le monde n’est pas clos, améliorer la vie des quartiers, descendre dans la rue, s’arrêter, écouter attentivement les difficultés rencontrées, débattre avec « ceux de l’autre côté », voilà des attitudes que les élites politiques doivent adopter ; Elles leurs rendraient  toute crédibilité dans l’efficacité de leurs programmes et actions.

 

Enfin, je dirai à tout ceux qui se hissent sur la scène politique, montrez l’exemple… Souvent mensonge, égocentrisme, et loi du plus fort sont légions dans le milieu politique. Donc si ces comportements sont les règles chez les puissants, pourquoi reprocher à nos jeunes d’agir de la même façon. ?...Exigeons en premier lieu de nos dirigeants qui souhaitent faire preuve de légitimité qu’ils soient inattaquables sur leurs pratiques,

 

« Qui doit balayer le premier devant sa porte ? »…

 

Valérie DAMAYE