Urgence écologique : la biodiversité en danger
Dans un premier temps, une définition :
La biodiversité (ou la diversité biologique) représente l’ensemble des espèces vivantes présentes sur terre (plantes, animaux, micro-organismes…), les communautés formées par ces espèces et les habitats dans lesquels ils vivent. L’Homme est un des maillons de cette biodiversité.
Il faut savoir que
15589 espèces animales figurent sur la liste rouge des espèces menacées
7000 espèces sont en danger d’extinction soient 23% des espèces de mammifères, 12% des oiseaux, 42% des tortues, 32% des amphibiens.
20000ha de forêt tropicales disparaissent en une semaine.
La France, y compris l’Outremer, est au 5ème rang mondial en nombre d’espèces animales menacées, au 9ème pour les plantes. Au cours des trente dernières années, elle a perdu 50% des zones humides.
Mais ce sont aussi les espèces communes qui sont en danger. En douze ans (entre 1989 et 2001), la baisse est de :
49% pour la perdrix grise
57% pour le pigeon colombin
28% pour le coucou gris
59% pour la mésange nonnette
33% pour le verdier d’Europe.
La France métropolitaine comprend quatre des six zones biogéographiques de l’Europe de l’Ouest avec 25% des zones inventoriées comme étant d’intérêt écologique. Mais seulement 1,2% de son territoire est protégé par des parcs nationaux ou des réserves naturelles.
Regardez ce qui se passe sur le littoral avec la pression des investisseurs immobiliers !
Au cours des trente dernières années, la France a perdu 50% de ses zones humides et des espèces animales comme le bouquetin des Pyrénées ou le phoque moine de la méditerranée.
La crise de la biodiversité touche donc l’ensemble de la planète. Elle est due au développement des activités humaines et plus particulièrement aux modes de consommation et de production non durables.
Le taux de disparition des espèces (animales et végétales) est aujourd’hui 1000 fois supérieur au taux naturel.
Le développement des zones urbaines et d’activité a aussi un impact très important, notamment par la disparition de zones naturelles.
L’introduction d’espèces exotiques envahissantes fragilisent les variétés indigènes ( ex : la renouée du Japon, la tortue de Californie…).
L’utilisation de produits phytosanitaires est aussi destructeur de la biodiversité. La France et le troisième utilisateur mondial de pesticides. Le cas de la Guyane française est très préoccupant avec les rejets de mercure liés à l’orpaillage.
Il se joint à cela le dérèglement climatique dû en grande partie à l’émission de gaz à effet de serre.
La région Nord-Pas de Calais a mis en place un plan pour favoriser la biodiversité (ou pour essayer d’enrayer sa baisse) : la trame verte et bleue (ou les corridors biologiques). Les actions préconisées seront mises en place pour créer des liens entre les différents espaces verts et d’eau. Un plan ambitieux de plantation d’arbres a été instauré. (la région est une des plus pauvres de France en espaces boisés).
La communauté urbaine de Lille prend le relais sur son terrain de compétence, notamment par le syndicat mixte de l’espace naturel Lille métropole. Pour Villeneuve d’Ascq, la chaîne des lacs (Héron, Espagnol, St Jean,…) est concernée. Actuellement, la réserve naturelle volontaire du Héron est en cours d’homologation pour devenir réserve naturelle régionale. Pour cela, un plan de gestion de cette réserve doit être mis en place pour gérer au mieux la sauvegarde de la faune et de la flore indigène. Déjà des réticences se font entendre et des pressions se font fortes, alors que la concertation sur l’élaboration de ce plan de gestion se met seulement en place. Au parc St Jean, tous les espaces ne sont plus tondus systématiquement. Sur certains, on fauche deux fois par an.
Et à Villeneuve d’Ascq, que fait-on ?
de la gestion différenciée, dont le côté le plus visible est la prairie fleurie. Mais il faudra tendre vers plus d’espaces avec graminées fauchés deux fois l’an …Seules ces graminées permettront un développement de la faune.
De l’éducation au développement durable. (dans les écoles, auprès des citoyens villeneuvois….), installation de nichoirs dans les écoles gérés par les élèves…
Mise en place dans les cahiers des charges des appels d’offre d’une clause concernant les bois utilisés pour qu’ils soient issus de forêts gérées de manière durable, le choix inclut un critère développement durable plus ou moins important selon le marché concerné.
Les achats sont éco-responsables dès que cela est possible.
Comment insérer la gestion de nos espaces verts avec ceux de l’espace naturel lille métropole ? Une concertation entre les services municipaux et ceux de l’espace naturel va se mettre en place. La biodiversité n’a pas de frontière !
C’est vrai cette trame verte est difficile à mettre en place sur Villeneuve d’Ascq : la ville est coupée par des grands axes de déplacement ( N227, le grand boulevard, la voie ferrée) qui sont de véritables barrières au cheminement naturel de la faune.
Une autre problématique, l’acceptation par les villeneuvois des 20000 arbres présents sur la commune (hors parcs de la chaîne des lacs):
Des arbres oui, mais pas devant ou à côté de chez moi…
Nous avons la chance d’habiter une ville aussi verte aux multiples services. Acceptons-en les désagréments et goutons avec délice tous les avantages. Nous avons la nature à notre porte…
Pourtant, ayons un regard optimiste, des actions sont déjà initiées, mais que les résultats, en biodiversité, se seront visibles que dans une dizaine d’années.
Je terminerai mon propos par ceci, réapprenons à vivre ensemble, à respecter son environnement et surtout soyons plus tolérant et ensemble nous ferons de belles choses !
Nous ne sommes que de passage sur terre, essayons de la laisser en bon état pour ceux qui nous suivent…
Je terminerai cette réflexion par la citation de Léopold Sedar Senghor