Intervention de Pascal MOYSON
Président du groupe des élus Ensemble pour Villeneuve d'Ascq
lors du vote du budget en séance du Conseil municipal du 30 mars 2010
Monsieur le Maire,
Mes chers Collègues,
C'est un moment fort que celui où nous sommes appelés à voter le budget primitif. Ceci est d'autant plus vrai d'ailleurs, qu'il se situe (presque) à mi-mandat, ce qui lui donne un caractère un peu plus particulier.
Il vient ce budget primitif juste après notre débat d'orientation budgétaire qui a été, quoiqu'en dise certains et certaines, l'occasion d'avoir une présentation complète de la situation financière de notre collectivité, resituée dans un contexte plus large qui influe forcément sur l'état de nos finances : je veux parler du contexte économique mais aussi de celui de nos relations avec l'État qui ont un fort impact sur la gestion de la collectivité et sur les possibilités qui sont les nôtres, de réaliser notre feuille de route.
Je dirais donc au nom du groupe Ensemble pour Villeneuve d'Ascq, les raisons que nous avons d'être pessimistes, et celles que nous avons d'être volontaristes sur le budget qui nous est proposé et que mon groupe adoptera donc.
Tout d'abord, nos raisons d'être pessimistes :
· parce qu'il est loin le temps ou l'État, au nom du pacte de croissance et de solidarité conclu avec les collectivités locales, assurait un minimum de croissance aux ressources de celles-ci. Aujourd'hui notre collectivité va tout simplement sur un budget de plus de 86 millions d'euros de fonctionnement non seulement ne pas voir augmenter sa dotation globale de fonctionnement mais la voir diminuer de 57 748 euros !
· Autre raison d'être pessimiste, les augmentations de toutes natures, incompressibles pour la collectivité, comme elles le sont d'ailleurs pour les ménages !
Je pense notamment à l'augmentation des fluides pour nos bâtiments communaux, nos écoles, nos équipements sportifs : avec une augmentation de 9,7 % du gaz naturel ou les augmentations programmées des carburants ou encore celles à venir, n'en doutons pas, de l'électricité.
Alors faut-il chauffer moins nos écoles ?
Faut il ne plus rouler ?
Croyez moi, tout comme les ménages, notre collectivité va continuer à se serrer la ceinture comme elle s'est décidée à le faire depuis mars 2008.
Pessimistes encore, nous le sommes avec la réforme de la taxe professionnelle. Certes, elle sera compensée en 2010 mais personne ne connait (et pour cause sans doute) les modalités de compensation pour les années futures, et l'on peut craindre quant à la pérennité de cette compensation, comme on peut craindre son caractère intégral ou pas.
Et on sait bien que même si la Ville ne perçoit pas la TP, elle subira l'impact des décisions que ne manquera pas de prendre la communauté urbaine si les recettes à ce titre ne lui sont pas compensées en totalité. Et elles ne le seront pas.
C'est à cela aussi, qu'il faut nous préparer à faire face : à ces mauvais coups de l'État, à ces cadeaux fait une fois encore aux entreprises, sur le dos des contribuables locaux.
L'avenir est sombre et il est bien vrai que la collectivité va être de plus en plus appelée à venir aider les concitoyens partout où l'État se désengage.
Alors pessimiste, oui, au nom de mon groupe, nous le sommes ! Parce qu'après avoir siphonné notre autonomie, l'État nous prive de ressources ou de l'évolution de celles-ci.
Pessimiste parce qu'après avoir décidé de ne plus remplacer un fonctionnaire retraité sur deux, l'État voudrait aussi obliger les collectivités locales à en faire de même. Or que sont nos personnels, si ce n'est l'expression du service rendu à la population ?
Alors hypocritement, l'État accuse les collectivités locales d'être dispendieuses.
Pourtant, c'est grâce à leurs investissements que notre économie survit. J'en veux pour preuve le plan de relance que l'État à mis en place en 2009, faisant appel aux collectivités locales pour soutenir l'investissement.
Il est vrai qu'il n'en n'est pas à une contradiction près ! Là, elles n'ont pas été accusées d'être trop dispendieuses !
Quant aux personnels que l'État voudrait nous voir réduire (il agite le chiffon rouge pour mieux détourner notre regard de la cure d'amaigrissement qu'il fait subir à la Fonction publique hospitalière et aux enseignants), c'est pour mieux justifier sans doute la dénonciation du pacte de croissance conclu avec les collectivités locales et mieux justifier la baisse des dotations allouées.
Pour autant, sur un plan local et malgré ce pessimisme généré par les décisions de l'État nous avons avec ce budget primitif 2010 des raisons d'être serein et volontaristes.
En effet, nous en avons terminé avec la menace de l'effet ciseau avec des dépenses qui progressent plus vite que les recettes. Cette menace, nous l'avons stoppée et nous avons fait en sorte d'ajuster notre volonté
· de maintenir des services publics à la population
· de rénovation et de préservation de nos équipements
à nos possibilités budgétaires.
Ces possibilités budgétaires ont pu émerger grâce au respect des axes de gestion que s'est donnés la collectivité au début de cette mandature :
- Maitrise de l'endettement et financement des investissements :
· par l'emprunt à un niveau suffisamment important pour permettre la valorisation du patrimoine de la ville. Mais à un niveau suffisamment raisonnable pour ne pas compromettre l'avenir des générations futures qui seront appelées à rembourser les intérêts des emprunts que la ville mobilise aujourd'hui. D'où une volonté d'y recourir certes, mais de manière mesurée.
· Outre l'emprunt, nous nous attachons à pratiquer un niveau suffisamment important de financements sur fonds propres des investissements
· Enfin, une recherche systématique de subventions est entreprise sur chacun des investissements.
Autre axe de gestion que la collectivité respecte scrupuleusement :
l'Évaluation qualitative des dépenses, pour mieux en apprécier l'opportunité.
Là encore, cette gestion rigoureuse et précise de chaque dépense a permis de faire autant et plus avec souvent moins, comme en témoigne l'évolution je l'ai bien noté, de nos charges générales du chapitre 011 de seulement 0,64%
Enfin, autre raison de garder une certaine sérénité, la maitrise réussie de l'évolution des dépenses de personnels avec une augmentation de seulement 1,07% et ce, malgré un volontarisme marqué de renforcer ce personnel en ingénierie là où c'est indispensable pour mener à bien les priorités de ce mandat en terme de gestion patrimoniale.
Je pense au renforcement des effectifs de la Direction du patrimoine bâti, au recrutement imminent d'un DGST ou encore à celui d'un chef de projet Ville Nouvelle renouvelée ou encore d'un responsable de l'Action Sociale du CCAS pour mener à bien notre analyse de besoins sociaux et cibler mieux encore nos aides aux plus démunis. Car il ne vous aura pas échappé que ce recrutement au sein du CCAS est autorisé grâce à la subvention d'équilibre allouée par le budget de la Ville.
Alors oui, notre groupe votera ce budget
Car il est ambitieux en terme d'investissement, avec ses 14,5 millions d'euros de travaux .
Car il est généreux par rapport à sa volonté de maintien du service public.
Car il est volontaire à l'égard des villeneuvois
mais avec une rigueur de gestion telle qu'elle nous permet d'envisager l'avenir malgré les mauvaises nouvelles que ne manquera pas de nous réserver l'État l'année prochaine !!
Nous voterons donc ce budget ambitieux, imaginatif, économe et respectueux du pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Puisqu'une fois encore il prévoit de ne pas augmenter la pression fiscale à l'égard de nos concitoyens.
Telle est la position du groupe Ensemble pour Villeneuve d'Ascq.
Enfin, je terminerai mon propos en remerciant chaleureusement au nom du groupe Ensemble pour Villeneuve d'Ascq notre collègue Michèle WERREBROUCK Adjointe au finances ainsi que Marie Christine HUGUET et les services municipaux pour le travail effectué pendant plusieurs semaines afin de pouvoir vous présenter ce budget primitif.