Conseil Régional

Lettre n°5

Novembre 2010 

 

 

 

L’assemblée s’est consacrée à plusieurs dossiers majeurs lors de ce mois de novembre.

Les questions budgétaires ont une nouvelle fois été au cœur des débats.

Il est clair que les réformes gouvernementales amorcées il y a trois ans, et toujours en en cours, tendent à étouffer les collectivités locales en réduisant au maximum leur marge de manœuvre.

La suppression des ressources disponibles, au premier rang desquelles la taxe professionnelle, conjuguée  aux différents transferts de charges rendent en effet les Régions de plus en plus dépendantes de l’Etat.

Aujourd’hui les seuls leviers fiscaux sur lesquels la Région peut jouer se limitent à la carte grise et à la TIPP régionale.

La réforme territoriale actuelle conduira à terme à voir plus de 90% des ressources régionales directement liées aux dotations d’Etat. L’autonomie financière des Régions, de fait, n’existera plus, dès lors que toutes les formes d’autonomie fiscales auront été balayées.

Ainsi l’Etat met en œuvre une véritable recentralisation qui fragilisera sans surprise les régions les plus vulnérables.

         La Région consciente du risque qui pèse, à terme, sur ses marges de manœuvre a néanmoins ouvert plusieurs chantier majeurs, qui représentent des investissements de première importance :

-Calais 2015 devra offrir au Nord-Pas- de- Calais un outil capable de placer la Région en capacité de lutter au cœur de la compétition commerciale que se livrent les espaces maritimes de l’Europe du Nord-Ouest

-Le débat est lancé sur la structuration ferroviaire de la Région, principalement autour de la Métropole lilloise : création d’un RER, optimisation du réseau TER existant, développement des désertes TGV … les échanges, vifs, sont désormais lancés.

-N’oublions pas certains équipements qui verront le jour au cours de cette mandature : le Grand Stade ou le  Louvre-Lens sont bien sûr les exemples les plus emblématiques.

Ces investissements, lourds et engageants pour plusieurs décennies, illustrent assez bien le devenir du Nord-Pas-de-Calais. La région est encore identifiée comme une terre sinistrée, en demande d’industries de reconversion pour remplacer le « pays noir »… Région moderne, très métropolisée et de plus en plus tertiaire, la réalité économique est loin du cliché encore largement véhiculée.

Il n’en demeure pas moins que la réalité est là. La plupart des indicateurs sociaux stigmatisent la Région et la consacre comme l’un des espaces les plus défavorisé du pays.

Attention donc à ne pas céder à une tendance qui conduiraient à tout sacrifier à la seule logique économique, en s’appuyant sur des projets médiatiques, sur des données chiffrées qui masquent parfois la réalité du terrain.

En ce sens le « plan forêt », lancé au niveau régional semble plus en phase avec un vécu quotidien.

Largement porté par nos partenaires d’Europe Ecologie, ce plan vise à doubler d’ici un quart de siècle la superficie forestière de la Région (Actuellement d’environ 7% elle atteindrait ainsi 15% du territoire, ce qui constituerait encore un taux inférieur de moitié à la moyenne nationale). Les logiques environnementales qui président à cette politique sont évidentes. Mais nous y souscrivons aussi et surtout car ce type de projet possède aussi une vraie portée sociale. Les espaces forestiers sont en effet un cadre de pratiques individuelles ou familiales, récréatives,  sportives, de détentes,…  qui profitent à tous, tout en participant à l’amélioration généralisée d’une image et d’un cadre de vie.

Ainsi, ce type d’action n’est sans doute pas le plus médiatique ou le plus porteur en terme de visibilité, d’autant qu’il s’inscrit dans une perspective pluri-décennales mais illustre au final assez bien notre volonté d’agir autrement, d’une façon novatrice et porteuse d’un autre avenir que celui qu’imposent souvent les seules logiques macro-économiques.

 

 

Sylvain Estager

Rassemblement Citoyen

Groupe Europe Ecologie