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MOTION DEPOSEE PAR
LE
GROUPE SOCIALISTE, CITOYEN ET RADICAL,
LE
GROUPE EUROPE ECOLOGIE-LES VERTS,
LE
GROUPE COMMUNISTE, PARTI DE GAUCHE ET UNITAIRES
Le gouvernement a fait
le choix du bouclier fiscal. Cela a pour conséquence première de priver
aujourd’hui l’éducation nationale des moyens d’assurer la réussite de tous. Ce
sont 66 000 postes en moins depuis 2007 dans l’Education nationale.
Des réductions de moyens
inadaptées et non justifiées
La nouvelle réduction,
pour 2011 – 16 000 postes – est insoutenable, à l’heure où la France dégringole
dans les enquêtes internationales (PISA -Programme
international pour le suivi des acquis des élèves),
où la proportion des élèves qui ont de très graves difficultés de lecture et en
mathématique augmente, et où près de 150 000 jeunes par an sortent du système
scolaire sans qualification ni diplômes.
Avec 806 enseignants en moins, la
région Nord - Pas-de-Calais fait
partie des régions qui seront le plus touchées
par les suppressions de
postes. 336 professeurs des
écoles en moins. 470 dans les établissements du second degré, collèges et
lycées.
20/25
établissements seraient susceptibles de disparaître ou d’être mis en réseau
selon la terminologie retenue.
Ces
coupes sombres entraineront à la rentrée 2011 partout sur le territoire régional
des fermetures de classes, voire d'établissements, d'options et de filières. Les
zones rurales et la formation professionnelle seront gravement touchées.
Or les
établissements scolaires régionaux accueilleront 1 010 élèves en plus dans le
secondaire (pour 282 773 collégiens et lycéens aujourd'hui), et 602 dans le
premier degré (contre 372 736).
Aujourd’hui, les classes sont déjà surchargées, avec souvent 36 en lycée, 33 en
collège et 32 en maternelle. Jusqu’à présent le gouvernement
justifiait la suppression des postes par la prétendue baisse des effectifs. Il
est désormais contraint d’admettre qu’il s’agit en réalité de l’application
dogmatique et non-raisonnée du principe du non-remplacement d’un fonctionnaire
sur deux partant à la retraite.
Qui renforcent les inégalités sociales
Cette réduction
drastique des effectifs en rajoute aux effets néfastes des réformes libérales de
ces dernières années qui accentuent les inégalités entre élèves, la dégradation
des conditions d’enseignement et la mise en concurrence des établissements.
Le recteur a déjà annoncé que
cette scolarisation des moins de trois ans était la cible prioritaire pour
mettre en application la suppression des postes dans le Primaire au sein de
notre académie
La réforme sans
concertation de la filière technologique, qui rend obsolète des millions
d’euros d’investissements régionaux en matériel et des milliers de m2 d’ateliers
non utilisés dans les lycées, illustre ainsi une
politique absurde et déconnectée des besoins locaux, privant un grand nombre
d’élèves de diplômes adaptés, et notre industrie d’un grand nombre d’emplois
qualifiés dont elle a bien besoin.
Et font passer l’éducation nationale d’un
rôle pédagogique à un rôle répressif.
En effet, en
parallèle de ces réductions, l’Etat met en place un dispositif de lutte contre
l’absentéisme scolaire répressif à travers l’application de la loi Ciotti
adoptée le 29 juin 2010. Désormais, ce seront les inspecteurs d’académie qui,
sur signalement des chefs d’établissement ou des directeurs d’école, prendront
la décision de suspendre les allocations aux familles.
Au sein de l’Ecole
républicaine, force est de constater que la règle n’est plus la même selon votre
origine sociale. De fait, la sanction financière proposée pèse davantage sur les
familles paupérisées que sur les milieux socialement favorisés.
Or, l’absentéisme
scolaire touche en priorité les milieux les plus fragiles, socialement marqués
par une précarité croissante. Tous les indicateurs disponibles valident le
constat. Cet absentéisme n’est pas un choix délibéré de la part des parents. Il
ne peut s’appréhender comme un simple décrochage strictement scolaire. Dans
l’immense majorité des cas il s’agit de l’aboutissement d’un processus de
décrochage social, d’une situation familiale particulière, parfois les deux à
fois.
En conséquence, cette
loi s’attaque aux plus fragiles et constitue dès lors une véritable double peine
pour les familles concernées. Nous affirmons notre opposition totale à cette loi
qui procède avant tout d’une démarche populiste, s’attaquant aux effets de la
cause et non à la cause elle-même.
Le Conseil
Régional s’oppose fermement à cette politique
En région
Nord-Pas-de-Calais et dans l'Académie de Lille, où tous les indicateurs sont au
rouge, le Conseil Régional travaille pour donner un avenir meilleur à notre
jeunesse. La politique scolaire est une priorité de notre assemblée, comme le
démontre le dernier exercice budgétaire.
C’est
pourquoi le Groupe Socialiste, Citoyen et Radical, le Groupe Europe Ecologie-Les
Verts et le Groupe Communiste, Parti de Gauche et Unitaires s’opposent fermement
à cette entreprise réfléchie et
concertée de démolition de notre système éducatif
et sont aux côtés des élèves, des parents d’élèves, des enseignants et des
personnels techniques dans leur mobilisation contre la politique de casse de
l’Education nationale.
Notre jeunesse a besoin d’un système
éducatif fort, qualifiant, et prenant en compte toutes les particularités
sociales et économiques des territoires de notre Région. Notre jeunesse a besoin
d'un enseignement de qualité, d'un accompagnement individualisé au sein de nos
lycées et particulièrement des filières qui débouchent sur l'emploi. Les
mesures prises aujourd'hui par l'Education Nationale ne vont pas dans cette
direction.
La majorité de gauche
affirme que l’Etat doit donner les moyens nécessaires au bon fonctionnement du
service public et laïc de l’Education Nationale, avec notamment :
Ø
La fin de l’inflation de
réformes inefficaces, menées sans concertation avec les acteurs concernés et
sans étude préalable des besoins
et des particularités des territoires.
Ø
Le gel des suppressions
de postes et des fermetures d’établissements dans le Nord Pas de Calais, et à
l’inverse, la mise en place d’un plan de recrutement massif pour répondre aux
besoins des élèves, et une formation des
enseignants répondant aux enjeux actuels.
Ø
La mise
en place d’un vaste plan de lutte contre l’échec scolaire et ses causes, dans
les établissements avec les enseignants formés, et avec les moyens humains et
matériels nécessaires à sa réussite.
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