Recteur, plénière sept. 2010

 

Madame le Recteur,

 

Le programme du jour de cette assemblée illustre la politique menée par le Conseil Régional à destination les lycées. La part du budget consacré, les efforts et les programmes réalisés, témoignent du fait que la question de l’éducation est de longue date une priorité pour la Région. 

Nous aimerions qu’il en soit de même pour le gouvernement.

Force est de constater qu’il n’en est rien.

 

La politique de l’éducation menée au niveau de l’Etat répond aujourd’hui à la seule logique comptable.

Le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux se traduit depuis 2005 dans l’Education Nationale par une moyenne de 13000 postes supprimés chaque année, 16 000 en 2010 et 17 000 annoncés pour l’année 2011

Une même explication martelée par le ministère pour justifier ce qui s’apparente à un véritable  plan social  :

La réponse aux difficultés rencontrées ne repose pas sur le quantitatif, la diminution des moyens n’est pas un problème, la solution réside dans le qualitatif…

Or c’est précisément en se penchant sur ce qualitatif que l’on mesure les dégâts causés par la politique gouvernementale.

Prenons quelques exemples:

- La suppression des postes a généralisé les regroupements, dans le primaire comme dans le secondaire : double, triple niveaux, nous  constatons dans certains établissements de la région jusqu’au sextuple niveau pour l’enseignement des langues anciennes. Dans ces conditions, il est difficile de proposer autre chose qu’une pédagogie bradée. 

- Autre exemple : une majorité d’établissements ne dispose plus d’infirmière scolaire à plein temps. Il est dès lors complètement impossible de répondre aux urgences et d’assurer une politique sanitaire et sociale sérieuse à destination des élèves.

         - Il en va de même pour la question des Conseillers d’Orientation Psychologue CO-Psy ou des RASED. Rien n’est venu suppléer à leur disparition programmé et effective.

- Encore un exemple, cette année 16 000 nouveaux professeurs  stagiaires sont parachutés, sur un temps de service complet sans la moindre préparation et avec des affectations connues quelques jours avant la rentrée. Quand ils effectueront des stages de formations, ils seront remplacés par des étudiants qui n’ont pas encore passé les concours donc démontré leur capacité disciplinaire.

Là- aussi, il est difficile d’imaginer autre chose qu’une pédagogie bradée  

- Enfin évoquons la réforme précipitée du lycée, qui conduit cette année les élèves de Seconde à démarrer l’année sans manuel dans la plupart des disciplines.  Même le « marché », pourtant si réactif, n’a pu faire face à la précipitation d’une réforme bâclée, réalisée sans concertation.  La situation est tout simplement inédite depuis l’après guerre.

 

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Au bilan, cette politique est évidemment d’autant plus désastreuse qu’elle s’applique dans un territoire fragilisé et la Région Nord-pas –Calais est évidemment loin d’être épargnée.

Nous cumulons pourtant certains records en matière de chômage, d’inégalité, de pauvreté.

Un récent classement des villes les plus pauvres de France nous attribue 7places parmi les 10 premières

Or, aucune prise en compte de cette réalité ne semble avoir été opérée par le ministère.

Méthodiquement ce dernier s’applique à la gérer la suppression des postes de façon comptable.

Et le Nord- pas- de- calais est depuis plusieurs années la région dans laquelle on supprime le plus grand nombre de postes.

Nous cumulons  pourtant aussi certains records en matière d’éducation :

-Les taux d’accès au Bac sont de 3 points inférieurs à la moyenne des autres régions

-Le taux d’élèves boursiers est supérieur de 5 points à la moyenne nationale

- Le taux de scolarisation des moins de 3ans le plus important de France avec plus de 42%, ce qui traduit une réalité : l’école remplit aussi une fonction sociale dès le plus jeune âge.

La fin annoncée de la scolarisation possible dès deux ans touchera une fois encore les milieux les plus défavorisés, et plus particulièrement notre Région.

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Au bilan, madame le Recteur, la rentrée se passe.

La situation continuera à se dégrader si le gouvernement ne change pas de cap.

L’obstination du ministre Chatel à affirmer le contraire dès le jour de la rentrée, relève  de la provocation ou alors d’une cécité inquiétante…

Cela  rappelle le président Sarkozy qui goguenard nous expliquait il y a quelques temps, que lorsqu’ une grève se passait désormais en France, cela ne voyait plus…

La rentrée se passe mal.

Dans de nombreux établissements les conditions d’enseignement ne sont plus dignes des objectifs et des missions de l’Ecole républicaine.

En tant qu’acteur des politiques d’éducation nous ne pouvons que déplorer et condamner  ce constat.