Intervention groupe sept.2010

Lycée numérique

 

 

 

Monsieur le Président,

 

 

La région s’engage aujourd’hui dans un programme ambitieux d’équipement numérique des lycées.

Une grande partie de la séance y a été consacrée.

Il est clair que l’outil numérique  représente une révolution dans l’histoire de l’enseignement et plus largement des pratiques sociétales peut-être comparable à ce qu’ont pu  être en leur temps la révolution de l’imprimé ou de l’outil informatique…

 

Révolution en termes de ressources ou d’archives disponibles, de réactivité face à l’actualité, ou d’ouverture culturelle.

 

On ne peut donc qu’acter l’importance de la démarche engagée, d’autant plus importante que le public visé, celui des lycéens, est déjà largement avancé dans la « vie numérique » au quotidien. Nous approuvons donc pleinement la politique conduite sur ce point.

 

Toutefois nous souhaitons pointer quelques écueils que la Région doit éviter dans la politique menée :

 

-En premier lieu, l’effort porté sur l’équipement numérique ne doit pas se faire au dépend du maintien  d’équipement plus traditionnels. Les équipes pédagogiques travaillent sur des fonds de ressources qui ont été constitués sur plusieurs années, voire sur plusieurs dizaines d’années. Le passage aux technologies numériques ne doit pas se faire en opposition avec les autres supports mais en complément de ces derniers.

 

-Nous voulons aussi souligner le risque de faire dans le superfétatoire. Certes le tableau numérique est un bel outil mais attention à intégrer pleinement l’utilité véritable de la chose.

Posons des objectifs simples : internet et vidéo-projection dans les salles par exemple, en partenariat avec les enseignants pour répondre au mieux aux attentes et ne pas imposer une technologie de pointe pas toujours désirée car pas toujours utile.

Le budget participatif des Lycées, tel qu’il a été présenté tout à l’heure par ma collègue Myriam Cau est d’ailleurs un bel outil pour réaliser la chose.

Et nous souhaitons que si l’expérimentation s’avère concluante,  sa généralisation soit opérée au plus vite.

 

-Dans le même esprit nous devons veiller à ce que le programme lancé soit opérationnel rapidement et de façon durable.

Un exemple choisi pour ne pas rejeter la faute sur la seule communauté éducative: cette assemblée dispose d’un système de vote moderne, performant et innovant pour la démocratie mais nous procédons de la façon la plus empirique qui soit.

L’équipement numérique des lycées impose qu’une prise en compte des moyens humains nécessaire pour rendre opérationnel cette politique : installer l’outil numérique, former à son utilisation, assurer sa maintenance doivent être des priorités.

Ne reproduisons pas avec le numérique les erreurs réalisées en leur temps avec l’outil informatique. Et actons ici les besoins nécessaire en personnel qu’impose le passage des lycées aux technologies numériques.

 

 

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Nous souhaitons par ailleurs élargir le débat sur la politique « lycée » menée par la région.

La réforme des programmes de Seconde qui entrent en vigueur cette année place l’étude du développement durable au cœur de plusieurs disciplines : Géographie, SVT, Economie...

 

Les lycéens seront désormais formés, au niveau théorique, sur la nécessaire transformation des sociétés  pour répondre aux enjeux du moment, aussi bien à l’échelle planétaire qu’à l’échelle locale.

 

La Région Nord-pas de Calais peut se saisir de cette aubaine pour se poser en véritable laboratoire pratique en matière de développement durable.

 

Et en particulier au niveau des établissements scolaire :

 

- La consolidation des politiques HQE doit évidemment être de mise

         - Les « agendas 21 lycée » qui ont été présentés en 2008 par la Région demandent à être généralisés dans la totalité des établissements.

- La restauration scolaire peut être un formidable levier pour promouvoir et développer dans le Nord pas de Calais une agriculture de proximité et biologique.

         - La promotion des modes de déplacement alternatif, comme le vélo, doit se faire dès l’Ecole et il est grand temps que les modèles que constituent en la matière nos proches voisins d’Europe du Nord s’imposent ici…

-Enfin n’oublions les composantes culturelles qui appartiennent aussi au Développement durable

Réalisons la promotion de notre histoire collective que l’on résume trop souvent à seule la période industrielle.

Défendons les langues régionales flamande ou patoisantes,

Célébrons notre identité du brassage culturel, des apports migratoires, de notre tradition de terre d’accueil, en particulier dans le contexte politique actuel…

 

 

A nous d’inventer, d’oser, au niveau des nos compétences,  une politique ambitieuse qui affirmera notre singularité, portera l’image de la Région et participera pleinement à sa transformation et à sa modernisation.

Ces remarques Monsieur le président, se veulent évidemment constructives et ne pondèrent en aucun cas notre soutien à la politique menée.