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Intervention sur la dotation aux Etablissements Publics Locaux d’Enseignement Plénière Oct. 2010 Sylvain Estager Rassemblement Citoyen Europe Ecologie
Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président,
Nous débattons, ce jour, de la participation régionale aux dépenses de fonctionnement des établissements publics locaux d’enseignement pour la prochaine année civile. Dans le contexte économique du moment, en intégrant le fait que l’Etat n’a pas toujours pas tenu ses engagements en matière de dotation budgétaire aux régions, le simple fait de maintenir au même niveau que pour 2010 la dotation de fonctionnement des établissements, est très symbolique. En effet, à l’inverse du gouvernement, l’institution régionale ne prend pas prétexte d’une baisse toute relative des effectifs pour effectuer des coupes sombres dans le budget consacré aux établissements publics. Et vous l’avez rappelé M. le Vice-Président. La politique éducative reste donc une priorité et il importe de souligner la chose. Car si la région a globalement en charge la question matérielle des établissements, l’Etat conserve en théorie les obligations qui sont les siennes en matière de service public d’Education Nationale. Mais il est impossible de décontextualiser cette répartition des fonctions. Depuis 2002, en effet, nous assistons à un véritable démantèlement des services publics, en particulier au niveau de l’Education. Méthodiquement, avec application et efficacement –reconnaissons les faits- le gouvernement s’emploie à asphyxier l’Ecole publique et républicaine : réduction des moyens, suppression des personnels, fin de la carte scolaire et mise en concurrence des établissements… la liste est longue. Au final, le gouvernement organise une privatisation rampante du système éducatif préjudiciable évidemment à ceux qui n’ont pas les moyens d’y faire face. Le Conseil Régional n’ignore pas la chose et les groupes de la majorité l’ont puissamment souligné lors de la précédente réunion de cette assemblée. Mais pour d’évidentes contraintes budgétaires, l’institution ne pourra pas continuellement suppléer aux carences inhérentes au désengagement de l’Etat. C’est pourquoi nous devons nous interroger sur les missions et les objectifs de notre politique à l’endroit des établissements publics. Dans le contexte évoqué précédemment le rôle de la Région sur sa compétence Education demande à être clarifié et surtout anticipé.
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En effet, la Région assume au mieux - dans la limite de ses moyens- - et dans le cadre de ses compétences- les obligations qui sont les siennes. Dans la pratique elle va depuis longtemps au delà de ces obligations et nous pouvons, ici, réfléchir à la formalisation de cette action. Rien n’empêche le Conseil régional d’afficher clairement une ligne politique singulière à destination des établissements publics, de leur donner une coloration régionale en promouvant ses valeurs, son histoire, son identité et son projet. Les idéaux républicains et les valeurs démocratiques ont été forgés par les hussards en blouse noire de la République. Autres temps, autres mœurs. Face à la casse du service public d’éducation, face au désengagement de l’Etat et au renoncement de sa mission sociale et émancipatrice héritée de l’après guerre, nous pouvons porter une ambition renouvelée pour les établissements de la région NPC. Nous pouvons prendre trois exemples de terrains d’application possibles · En premier lieu, parce que les établissements scolaires sont de véritables micro- sociétés, avec leurs problèmes, avec leurs qualités, nous pouvons les inciter, les appuyer dans le cadre d’une formation citoyenne repensée. C’est principalement par la rénovation HQE que le développement durable a fait son entrée au sein des établissements scolaires. L’intérêt environnemental, social, et économique s’est imposé et cette logique du développement durable est aujourd’hui incontournable. Il importe désormais de l’étendre en généralisant les agendas 21 à tous les établissements. Ces agendas 21 doivent porter la pratique de la démocratie participative, ils doivent accompagner la mise en place du budget participatif qui optimisera, de façon certaine, l’effort financier réalisé par la Région dont nous discutons en partie aujourd’hui. Evidemment l’éducation au développement durable, désormais au cœur des nouveaux programmes, doit pouvoir s’appuyer sur des réalisations concrètes, sur des exemples qui s’inscrivent en priorité dans le territoire régional pour sortir d’une pédagogie, parfois un peu abstraite, si elle ne présente que des modèles lointains… Nous invitons aussi à promouvoir les formes d’organisation coopératives et associatives dans de nombreux domaines pour proposer aux élèves une forme alternative à la société commerciale et spéculative dans laquelle ils évoluent au quotidien. Imposons davantage de clauses sociales et environnementales dans nos marchés publics – en priorité- à destination des lycées. On peut regretter pour exemple l’évolution de la politique « chèque-livre », socialement, symboliquement, chargée de sens. C’est une bonne politique. Mais nous sommes passés, et en termes d’image la chose est dommageable, d’un prestataire coopératif à un prestataire privé, côté en bourse, qui lors de cette rentrée n’a pas véritablement fait preuve d’une efficacité redoutable, compte tenu des retard pris…. Cet exemple doit nous faire réfléchir. · Un autre terrain d’expérimentation possible porte sur le potentiel patrimonial de nos établissements, jusque là quelque peu delaissé. Engageons une réflexion sur le rôle que ceux-ci peuvent jouer dans l’environnement urbain ou péri-urbain des décennies à venir, en particulier au niveau de la redéfinition de leur usage. N’oublions pas qu’il y a moins d’un demi siècle encore l’idée de déplacer les grands cimetières et les parcs urbains de Paris faisait débat au sein de la capitale. Aujourd’hui leur fonction culturelle, récréative, touristique et environnementale ne se discute plus. De la même façon, de nombreux établissements de notre Région possèdent un potentiel ignoré ou très peu valorisé : - Certains établissements urbains sont de véritables niches écologiques, plantés, arborés, ils sont riches d’une biodiversité originale qu’il convient non seulement de préserver mais aussi de mettre en valeur, à limage des jardins ouvriers, des parcs, jardins ou des vergers urbains. - Il en va de même pour le patrimoine bâti, architectural et historique de certains de nos établissements. Patrimoine qui est loin d’être négligeable -au contraire- et qui peut participer à porter davantage l’image du NPC. Réfléchissons donc à la meilleure façon d’optimiser au sein de la cité ce potentiel au sein de la citée et ne manquons pas d’ambition ou d’originalité dans ce domaine. · Enfin, la région, par ses interventions, par sa politique culturelle agit, de fait, directement sur le contenu des enseignements depuis de nombreuses années. Disons-le clairement. En théorie la Région n’a pas compétence en la matière, en pratique son rôle est avéré et ce, de longue date. Prenons quelques exemples. - Par sa politiques d’ouverture culturelle sur le théâtre, le cinéma, ou les musées régionaux, à travers les voyages ou les sorties scolaires qu’elle soutient la région participe activement à l’illustration, voire au choix même des contenus d’enseignement. Il importe évidemment de maintenir, durablement, ces actions et même de les développer car dans un contexte économique et social sinistré, les pratiques culturelles sont de plus en plus difficiles à assumer pour de nombreuses familles. - Autre exemple, lorsque le Conseil Régional porte le projet de classement du bassin minier au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est l’histoire de la classe ouvrière, la reconnaissance et le salut qu’on lui adresse qui évidemment se mettront au service des enseignements dispensés dans nos établissements. Il s’agit d’un choix fort, original qui appelle évidemment à être reproduit dans d’autres domaines… -Dernier exemple pour ne pas les multiplier. Un exemple plus ancien. Dans les années 1980 lorsque le négationnisme populiste et nauséabond était porté par une extrême droite renaissante, à coups de provocations, de « point de détail », ou de jeux mots consternants, la Région a fait de choix de diffuser dans tous les établissements le film d’Alain Resnais « Nuit et Brouillard » qui dès lors a été largement visionné. Il s’agissait à l’époque d’une politique régionale engagée, singulière qui a posé la marque d’une volonté d’afficher un combat, d’affirmer des principes. Il s’agissait d’un acte fort. Le Conseil Régional peut aujourd’hui systématiser un même engagement, volontaire et déterminé au service de valeurs, d’une histoire et d’une identité qu’il souhaite porter. Il a d’ailleurs tout à y gagner au niveau de la reconnaissance de l’institution, et, de la reconnaissance de son action. Il nous importe donc, à l’initiative du Conseil Régional, d’encourager la production et la diffusion de supports pédagogiques, , qui retracent l’Histoire, l’identité et la singularité d’une région attachée aux valeurs de métissage, de brassage social et de combats progressistes et de modernité. ***** Nous évoquions précédemment le rôle joué par le passé des hussards de la République. Au regard du rôle croissant de l’institution régionale dans la politique d’éducation, Au regard des politiques actuelles qui stigmatisent la France à l’échelle internationale, qui jouent sur le registre communautaire, populiste et xénophobe, notre région à tout intérêt à promouvoir ses racines, son identité et à se poser en résistance à cette dérive. Parce que le NPC a toujours été un laboratoire politique, Parce que nous en avons la compétence, nous pouvons faire de nos établissements, des lieux de transmissions de valeurs, d’une histoire, d’une mémoire et surtout des laboratoires de citoyenneté, modernes, qui répondent pleinement aux enjeux sociétaux du moment et qui participeront activement à forger l’avenir de notre région.
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