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Interpellation du Recteur lors des échanges avec l’assemblée Séance plénière du 17 février 2011
Le Recteur est venu défendre sa politique devant l’assemblée régionale, dans un contexte de forte mobilisation des établissements face à la suppression des postes. Je suis intervenu à deux reprises, au début des échanges et à la fin, après que le Recteur ait répondu à une série d’interpellations. Dans une ambiance particulièrement « houleuse »…
Intervention sur la présentation de la politique rectorale, au début de la séance
Monsieur le vice-Président Alexandre,
Il y a quelque chose, d’un peu dérangeant à écouter l’exposé de la politique rectorale comme on vient de nous la présenter… Madame Apourceau-Polly a fort justement fait référence à la réalité du terrain dans son intervention. Les lycées Réalité qui contraste avec la présentation du jour. Les autorités rectorales interviennent régulièrement, ici, avec force d’exemples pour appuyer leur politique qui se voudrait ambitieuse. En réalité, Madame le Recteur vous cherchez à nous vendre un modèle d’éducation rêvée, idéalisée. Une véritable négation de la réalité concrète. Nous aimerions vous voir évoquer les lycées tels que nous les connaissons aujourd’hui. C'est-à-dire plus qu’éprouvés par votre politique. Parlons du Lycée Couteau à Saint-Amand Parlons du Lycée Queneau à Villeneuve d’Ascq Parlons du Lycée Pasteur à Hénin, Des lycées de l’Avesnois, de ceux de Maubeuge… De tous ces établissements où les filières sont supprimés, où les regroupements pédagogiquement ingérables sont la norme, où l’on fusionne les classes, les niveaux et où il est désormais impossible de redoubler. Expliquez-nous ce que deviennent ces élèves à qui désormais on refuse une réinscription dans leur établissement lorsqu’ils ont échoué au bac ! Ils alimentent le cortège des décrocheurs, des jeunes individus brisés par votre politique.
Effondrement des taux d’encadrement, multiplication des décrochages faute de suivi : Au lycée Queneau le ratio d’encadrement passe de 1,45 à 1, 30 ! La réalité est celle-ci ! Alors il y a une vraie provocation à défendre votre politique, ce jour, avec les exemples que vous avez présentés. Il s’agit là d’une authentique militance rectorale. Vous faites aujourd’hui penser à marie-Antoine qui distribuait ses brioches…
Seconde interpellation, en fin de séance, après l’intervention du Recteur Evocation de l’exemple de Villeneuve d’Ascq
Madame le Recteur, Deux dogmes président aux arguments que vous avez déployés : -On peut faire mieux avec moins -Il n’existe aucun lien direct entre nombre de postes et réussite scolaire. Vous permettrez plusieurs remarques en réaction. D’abord le problème de l’évaluation que vous présentez de la politique conduite depuis plusieurs années. Il s’agit d’une forme d’auto-évaluation. Vous prenez les taux de réussite au baccalauréat qui augmentent. Soit. Mais qu’en est-il du niveau de l’examen ? Je vous propose deux autres indicateurs. Le décrochage scolaire qui explose. Toutes les études le démontrent : Moins de postes - moins d’encadrement- plus de décrochages. Autre indicateur : l’échec des néo-bacheliers lorsqu’ils arrivent à l’Université. En filières littéraires, 40% d’échec ! Mal encadrés, mal préparés, avec un niveau du bac en constante régression pour satisfaire les chiffres du ministère… Ces indicateurs valident un tout autre constat que le votre sur la politique menée par le gouvernement.
Deuxième remarque : vos réponses sont toujours abstraites. Il faudrait les matérialiser avec l’exemple d’un territoire. Je prends le lycée Queneau de Villeneuve d’Ascq en exemple : recrutement dans une population qui pour moitié n’est pas imposée sur le revenu, effectifs en hausse à la prochaine rentrée, neuf postes en moins !
A partir de quel nombre d’élève par classe considérez-vous que l’on peut proposer une pédagogie acceptable ?
A partir de quel niveau de regroupement peut-on suivre un enseignement ? Vous déplorez que les élèves latinistes de troisième décrochent en seconde. Mais quand on les oblige à suivre dès la Seconde le même cours que celui de ceux qui préparent le bac, ces élèves sont largués par le système, c’est inévitable !
Du concret, Madame le Recteur !
Vous avez évoqué la scolarisation des moins de trois ans. Le NPC scolarise 41% de cette classe d’âge, la moyenne nationale est de 17% alors, vous avez déclaré en faire une « cible privilégiée » ! Sur Villeneuve d’Ascq cela représente 357 enfants. Qui les prendra en charge ? La collectivité ? La municipalité ? Elle en a les moyens ? Votre logique comptable privatise ce service Les plus riches, ceux qui ont les moyens, se paieront une nounou Les autres reproduiront le modèle réactionnaire de la femme au foyer qui garde les petits car ils n’auront pas le choix ! Nous contestons donc avec la plus grande fermeté les réponses que vous avez apportées. Et le plus choquant dans vos propos, relayés par les interventions du groupe U.M.P., réside dans la mise en cause des parents, des familles. Vous avez déclaré vouloir responsabiliser les parents face à l’échec scolaire de leurs enfants. Or c’est précisément le rôle de l’Ecole Républicaine d’assurer sa mission de correcteur des inégalités, d’ascenseur social, d’émancipation. Votre propos est donc un avant tout un aveu : l’aveu du renoncement qui est le vôtre à cette mission républicaine.
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