Monsieur le Président,

 

Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux,


 

Chers Collègues,


 

Dans le temps de parole limité qui m’est imparti, il n’est pas possible de commenter l’ensemble du débat d’orientation politique de ce jour.


 

C’est pourquoi, en premier lieu, je me limiterai à souligner que, globalement, les ambitions du projet ne prêtent pas à contestation.

Le triptyque, « diagnostic-orientation-méthode » qui préside à ce débat s’articule, en effet, autour d’une philosophie que nous partageons, au sein du mouvement que je représente.

Il s’emploie à faire de l’action sociale, de toutes les solidarités, et du développement durable, une priorité incontestable pour le département.


 

Toutefois je souhaite formuler une remarque importante.

Dans le contexte du moment, l’analyse de la situation sociale du département du Nord ne peut se départir de la prise en compte des multiples désengagements de l’État.

Nous ne pouvons engager, sereinement, une politique efficace alors même que les politiques gouvernementales conduisent à devoir gérer une urgence sociale, au-delà même de ce à quoi nous pensons devoir faire face.

Je prendrais un exemple très concret pour illustrer mon propos, celui des fonds sociaux dédiés aux collèges.

Le département mène depuis plusieurs années une politique ambitieuse en matière de restauration scolaire.

Qu’il s’agisse des nouveaux équipements de restauration construits,

du financement de l’aide à la demi-pension,

ou de la politique éducative portée dans le domaine de la restauration scolaire, l’action du département a permis de doubler, en dix ans, les taux d’accès à la demi-pension pour nos collégiens.

Or cette année, les établissements scolaires, les collèges, comme les lycées d’ailleurs, sont mis devant le fait accompli d’une diminution drastique des ces fonds sociaux accordés par l’État.

Les dotations reçues dernièrement, connaissent un effondrement de 30 à 70%, selon les établissements, par rapport à l’an passé.


 

Dans les trois collèges où je siège, les fonds sociaux ont diminués de 56% à 60%.

Au final, les établissements scolaires sont, de fait, confronté à une situation intenable qui va conduire à exclure de l’accès à la restauration une grande partie des élèves jusque là bénéficiaires et évidemment issus des milieux les plus défavorisés.

Sur cette question, le seul désengagement de l’État, terrasse, une grande partie des efforts que nous avons réalisés depuis des années, pour apporter un correctif social au sein de l’École Républicaine. Le constat est accablant.


 

Malheureusement, l’exemple de ces fonds sociaux est reproductible à bien d’autres domaines.

Cela pose, d’évidence, la question de l’optimisation des politiques que nous menons et de leur pérennité.

Dès lors, à partir de ce constat, nous devons engager une réflexion essentielle sur une nouvelle forme de coopération avec les autres collectivités locales : Région, intercommunalité, communes.

Car si l’État ne se pose plus en partenaire crédible pour mettre en œuvre des politiques ambitieuses, au service du progrès social et sociétal, alors l’idée que vous avez lancée, celle d’une conférence des principaux exécutifs régionaux, est effectivement une riposte heureuse à la politique gouvernementale du moment.

Nous devons nous employer à développer, sans doute à une échelle plus fine, des formes nouvelles de gouvernance, pour répondre au mieux, sur le terrain, aux attentes et aux besoins des habitants.


 

Il nous faut inventer des dispositifs nouveaux et une gouvernance redéfinie, à la hauteur d’une urgence sociale plus que jamais stigmatisante et difficilement soutenable pour notre département.

 

Si les grandes orientations politiques, dont nous débattons aujourd’hui, ne manquent pas d’ambitions, n’oublions pas, si nous souhaitons qu’elles se réalisent vraiment, qu’il est essentiel, pour l’ensemble des collectivités et des forces de progrès social, d’œuvrer ensemble pour éviter d’avoir à subir, à nouveau dans les années à venir, une politique du gouvernement qui irait à l’encontre des objectifs que nous fixons.


 

Je vous remercie