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Des citoyens prennent la plume

 

LA CYBERGENERATION

  

Le terme de cybergénération regroupe les mots cyber et génération qui concerne les individus qui sont nés avec le monde informatique à portée de leurs mains.

La Cyber Génération peut être considérée comme également le « Regroupement d'individus qui partage une même passion pour les communications interactives et qui prône la technologie au service de l'homme ». C'est la synergie entre le design et la programmation. C'est la créativité au service de nos communications interactives.

S'amuser, dialoguer, devenir une star... L'Internet constitue le nouvel eldorado des adolescents. Pour la cybergénération, la vie sur Internet permet de s'affranchir d'un certains nombres de codes sociaux et ainsi faire disparaître des « faiblesses » comme la timidité, les angoisses, .... Le tutoiement est presque de rigueur, on connaît les gens sans vraiment les connaître et on réinvente l'orthographe comme dans l’utilisation des S.M.S. où l’abréviation, l’image et la sonorité des mots sont légions.

Certes, il y a pleins de facilitations, mais on sera toujours, à un moment ou à un autre confronter à la "vrai vie". On raconte sa vie à des inconnus, les lecteurs d'un blog peuvent finir par en connaître plus sur leurs goûts musicaux que leurs « proches physiques » (les parents, les frères ou les sœurs,…). Se montrer sans que cela n’a réellement d’incidence sur leur vie quotidienne, écrire un blog, partager ses productions musicales, littéraires, ou autres, sont les motivations premières de cette cybergénération qui se passe volontiers des médias comme la télévision, la radio ou la presse car elle revendique le fait qu’elle trouve tout sur Internet, la fameuse grande toile où tout est relié, où l’on peut converser avec un ou une inconnu(e) d’un bout à l’autre de la planète en temps réel. C’est une sorte d’évasion que cette cybergénération boit à grandes eaux ; mais, il ne faut pas qu’elle s’y noie. En effet, sans faire la liste des problèmes que pose également la toile, il faut les mettre en garde notamment sur le fait que l’on ne trouve pas forcément uniquement des bonnes choses comme par exemple les sites à caractère violent.

En écrivant Le cinquième pouvoir (ou comment Internet bouleverse la politique) Thierry Crouzet, a interviewé Alain Lipietz, l’eurodéputé vert. Il a reproduit leur discussion dans son livre, mais il n’a pas réussi à caser quelques unes de ses remarques auxquelles il réagit dans son blog (http://blog.tcrouzet.com) dont je livre ci-après quelques extraits.

« Au milieu des années 1990, lorsque de plus en plus de gens se mettent à utiliser Internet, j’ai compris que nous avions atteint le comble de l’individualisme, dit Alain Lipietz. Nous étions allés au bout de la logique initiée par le Christianisme, puis reprise par Montaigne et les penseurs des Lumières.

Je n’ai pu m’empêcher d’exprimer ma surprise car j’ai commencé Le peuple des connecteurs en défendant la thèse inverse. Pour moi, Internet redonne au contraire la possibilité pour chacun de tresser de nouveaux liens et de sortir de l’impasse individualiste. Il est fédérateur de communautés ».

« Le cinquième pouvoir est le premier livre qui explique comment devenir un acteur de la vie politique grâce à Internet. » Je l’ai écrit pour essayer de réveiller tous les citoyens, en leur racontant les actions de certains précurseurs, en leur montrant combien la politique était en train de changer, en leur montrant surtout que, c’est maintenant que nous pouvons agir, nous sommes responsables de l’état dans lequel le monde se trouve. Nous ne pouvons plus rejeter la moindre responsabilité. Je crois que personne n’avait anticipé qu’Internet nous amènerait à cette conclusion. C’est une chance inespérée car nous n’avons jamais été dans une situation aussi précaire à l’échelle planétaire. Nous sommes peut-être en train de découvrir des moyens de nous en sortir. »

Pour cette cybergénération, c’est donc pour cet auteur la fin de l’individualisme. En effet, on constate qu’avec l’outil qu’est l’Internet, nous sommes capables de nous abstraire du monde. Par exemple, on peut disposer de plusieurs adresses e-mail, l’une que l’on peut consulter tous les mois, une autre toute les semaines, une autre tous les jours et une autre encore qui peut être ouverte en continu. On maîtrise de ce fait les interactions avec les autres. Mon individu décide tout.

Pour certains, cette capacité de contrôler nos communications interpersonnelles peut s’avérer dangereuse. Nous risquons de nous couper les uns des autres, interdisant les intrusions extérieures. En ne nous intéressant qu’à ce qui nous intéresse, ce que permet Internet, nous risquons de nous isoler.

Mais, on aimerait contrôler ses communications Entre les mails, le blog, les messageries instantanées, les SMS et les téléphones, on a du mal à s’abstraire du monde. Tous les amis, et même des gens qui l’on ne connaît pas, ne cessent pas de vous interpeller. Plus la technologie évolue, moins on est seul. Certes, on pourrait se débrancher mais ce serait se transformer en ermite, se couper de ses communautés. Je ne crois pas que les amis réels ou virtuels apprécieraient. Leur contact est d’ailleurs indispensable, c’est notre vie.

Certains pensent qu’Internet donne à la fois plus d’informations et qu’il n’est pas un média généraliste, qu’il ne ressemble pas à un journal car aujourd’hui la totalité des informations et des opinions sont disponibles mais elles ne sont pas structurées.

Mais, il faut noter que le réseau est une nouvelle forme de structuration. Nous n’y sommes pas habitués, c’est tout. Nous sommes formatés pour nous confronter aux organisations hiérarchiques d’où parfois un flottement face à Internet. Il est structuré, bien plus structuré que n’importe quel autre corpus du passé, mais cette structure n’est pas pyramidale, elle est dynamique, non centralisée, non délimitée… Les moteurs de recherche (Google, Yahoo,…) sont apparus pour nous aider à y naviguer. Ils ne cessent de progresser. Tout reste à inventer.

Internet est bien plus généraliste que n’importe quel média en ce sens qu’il véhicule bien plus que des informations. En faisant se rencontrer les gens, ils les poussent au dialogue interdisciplinaire, intergénérationnel, interethnique… Quand vous avez devant vous une montagne de connaissances, la plupart des hommes ne peuvent pas réfréner leur curiosité et ils s’aventurent vers ce qu’ils ne connaissent pas. Si nous n’étions pas habités par cette curiosité, nous resterions éternellement des enfants.

Les jeunes Français qui disposent d'un ordinateur passent en moyenne cinq heures et demie par jour devant un écran et entre Internet, les jeux vidéo et la télévision, ils continuent pourtant à faire du sport, à lire des livres et à aller au cinéma. Une heure d’Internet, deux heures et demie de télé, quelques pages d’un livre et… beaucoup de sommeil en moins. De surprenants résultats nous sont livrés consécutivement à un sondage publié par la ville d’Antibes-Juan-les-Pins à l’occasion d’un colloque sur «L’adolescent et le virtuel» en mars 2007 dont je livre ci-après quelques extraits du rapport.

L’étude, réalisée par l’institut OpinionWay, porte sur 716 branchés de 12 à 18 ans. On y découvre que la moitié d’entre eux surfent chaque jour en moyenne une heure sur Internet, qu’un tiers des adolescents y passent entre deux et trois heures, et que 5% restent connectés plus de cinq heures ! 81% jouent sur leur ordinateur au moins une heure par jour. A quoi s’ajoute la télévision, qu’ils regardent pendant deux heures et demie en moyenne. Tout cela ne les empêche pas de lire cinq ou six livres ni de continuer, pour 60% d’entre eux, à pratiquer régulièrement un sport, score proche de celui de la moyenne des ados français.

 

Ces heures passées devant l’écran sont prises sur… le temps de sommeil : 44% des jeunes regardent la télé après 23 heures et 17% jusqu’à minuit, alors que les Français se couchent en moyenne à 22 h 30. Les kids branchés sont peu nombreux – 19% - à penser que la violence passe par les jeux vidéo : 47% d’entre eux estiment qu’elle s’exprime surtout dans la vie quotidienne.

 

A la vue des résultats de cette enquête, il convient de s’intéresser à « La rentrée scolaire de la cybergénération ». Après analyse, on relève que le PC familial est aujourd'hui devenu un outil utile pour la réussite scolaire des enfants, il complète utilement les enseignements scolaires grâce à des logiciels spécifiques et certains sites Web.
Chaque type de logiciels ou de sites a ses spécificités. En effet, un logiciel dit « ludo-éducatif » est défini par rapport à l'âge et ne s'attache pas à suivre strictement un programme scolaire. Ce secteur représente environ la moitié du marché. Au contraire, le soutien scolaire, qui constitue un petit tiers du marché, s'appuie uniquement sur le programme officiel de l'éducation nationale. L'apprentissage des langues étrangères correspond à environs 20 % du marché. Le solde concerne l'apprentissage de la lecture et du divers peu classable.
Le ludo-éducatif et l'éducatif restent l'apanage des enfants de 3 à 12 ans. L'offre permet également d'éveiller l'enfant dès son plus jeune âge et de développer tant sa culture générale que ses aptitudes psychomotrices (réflexes, attention, manipulation de la souris?).

 

Pour Hervé Pasgrimaud, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (SELL), cela conduit au fait que : « Les bons élèves y trouveront des occasions de défis amusants et d'approfondissements. Les moins bons seront aidés par la multiplication des visions d'une même notion et la possibilité de répéter les exercices autant de fois que nécessaire ».
Au Cned (Centre national d'enseignement à distance), le multimédia peut aller jusqu'à remplacer l'école. Cet établissement du ministère de l'Education nationale permet de suivre « à distance » des cours, soit de soutien scolaire, soit constituant un cursus complet. Les services s'adressent aux enfants malades ou à l'étranger mais aussi à celles et ceux qui veulent acquérir une compétence (parler une langue, par exemple) ou reprendre des études tout en travaillant.

 

Au Cned, CD-ROM et Web font partie des outils pédagogiques au même titre que les traditionnels cours et exercices polycopiés envoyés par la poste. « Nous sommes revenus du tout en ligne, globalement moins efficace que les méthodes traditionnelles. Il laisse peu de traces post-formation, et la lecture sur écran est moins pratique que sur papier. Cependant, la formation par Internet permet l'interactivité, la réalisation d'exercices de type QCM autocorrigés, un tutorat plus simple et réactif? », explique-t-on au Cned.

De plus, l'utilisation du courriel pour envoyer ses travaux à l'enseignant abolit les délais postaux.

Nous voyons que tout ceci fait l’éloge et l’apanage de la cybergénération qui revendique haut et fort l’utilité et la nécessité du « cyberespace »; mais, outre ces éléments que nous avons vus plus haut, il convient de s’intéresser aux jeux en ligne et aux avatars qui peuvent conduire à des cas extrêmes de confusion entre réalité et virtualité, une véritable addiction (dépendance) peut en découler, on parle alors de « cyber-addiction ».

Le marché du jeu vidéo est aujourd'hui plus important que celui du cinéma; une bonne part de ce marché est fait de jeux "en ligne", et parmi ceux-ci, certains ressemblent aux univers virtuels peuplés d'avatars imaginés par les auteurs de science-fiction. Ce sont les MMORPG, pour Massively Multiplayer Online Role Playing Game, traduisez par « jeux en ligne massivement multijoueurs. L'économie de ces jeux et leur fonctionnement tend aujourd'hui à rendre floue la frontière entre monde réel et monde virtuel.

En effet, les MMORPG se jouent sur Internet en simultané avec plusieurs joueurs dans le même jeu et les mêmes niveaux.
Le joueur y fait évoluer un personnage qu'il aura choisi à son inscription, il peut y rencontrer des gens et former des guildes ou même faire son aventure tout seul.

Le principe de ces jeux est d'y avoir un avatar (terme utilisé dans ce sens par Stephenson, et repris depuis dans l'industrie du jeu) qui se déplace dans un monde qui ne s'arrête jamais, avatar qui interagit avec son environnement virtuel et avec les autres joueurs, pour aller détruire ensemble d'autres groupes de joueurs, massacrer des dragons, et autres activités ludiques. Certains joueurs prennent l'ensemble tellement au sérieux qu'ils en vont jusqu'à se « marier » en jeu. Ces jeux peuvent occuper des joueurs au point de devenir, en pratique, leur activité principale : il n'est pas rare de trouver, dans un jeu comme "World Of Warcraft", des joueurs ayant passé depuis la sortie du jeu en début d'année, en tout plus d'une centaine de jours complets à jouer leur avatar : à ce temps de jeu, cela signifie qu'ils passent pour ainsi dire tout leur temps à jouer (cela correspond à plus de 60 heures de jeu par semaine en moyenne, et 90h de jeu hebdomadaire pour les gros joueurs).

 

Le terme d’Avatar a connu un nouvel élan grâce au jargon informatique, où il désigne l'apparence que prend un internaute dans un univers virtuel, voire dans des forums de discussion. Il est, là, bien plus proche de son sens originel. Choisi par l'utilisateur lui-même, l'avatar le représentant apparaît à chaque fois que celui-ci se connecte à un univers virtuel ou écrit un message dans un forum, afin qu'on l'identifie visuellement.

 

Pour les adeptes de ces types de jeux, les relations humaines se virtualisent. Dans les mondes virtuels comme Second Life, The Sims Online, Second Life (traduisez par « Seconde Vie »)….À la manière de World of Warcraft, le plus gros succès planétaire, qui compte cinq millions d’abonnés à travers le monde, Second Life propose aux internautes de créer un monde virtuel où ils peuvent faire évoluer leur double numérique (leur avatar). Ici, pas de monstres ou de créatures fantastiques, mais un espace proche de la vraie vie.

Un avatar est en général une version idéalisée de son propriétaire. L’idée d’un avatar laid est très peu exploitée et les avatars sont souvent susceptibles quand on critique leur physique.

Un avatar est parfois plus une extension qu’un double ! De nombreux joueurs vont de jeu en jeu avec un avatar du même nom, et peut-être qu’un jour nous aurons un avatar universel capable de naviguer d’un jeu à l’autre... D’autres ne jouent qu’à un seul jeu, mais avec plusieurs avatars. Cela permet de joueur plusieurs rôles, et de fréquenter différents milieux. Un avatar sur deux laisse son ASL (âge, sexe, localisation) et une photo. D’autres coupent tous les liens entre existence privée et existence virtuelle.

Il convient maintenant de se demander si « Second Life » a-t-il remplacé la vie réelle pour certains ?
Après réflexion, on peut se dire que cela ne remplace pas la vraie vie, puisque ça en fait partie. L’argent gagné dans le jeu peut être véritablement dépensé. Les résidents expriment leurs émotions propres à travers leur avatar. Ils se rassemblent en groupe ou se lient d’amitié. Ces réalités virtuelles sont des jeux pour ceux qui les abordent de cette manière, comme la vie en général finalement.

Lorsque ces activités virtuelles prennent une telle importance pour les individus, il n'est pas surprenant que cela finisse par avoir des liens avec la vie et l'économie réelle. Et effectivement, en plus du considérable marché que ces jeux représentent, on a vu se développer autour de ceux-ci toute une économie parallèle, directement liée avec l'économie réelle. En effet, dans ces jeux, obtenir un avatar performant et bien équipé est souvent coûteux; il n'est pas rare de ce fait de voir des joueurs revendre des comptes (sur Ebay) avec des avatars, pour des sommes parfois élevées. Un personnage bien équipé peut ainsi s'échanger jusqu'à 700 euros pour un jeu comme World of Warcraft. De la même façon, l'or du jeu, ou les objets qui ne peuvent être obtenus qu'au bout de longues heures de jeu, se revendent. Cherchant à estimer la valeur totale de ces objets et avatars, Edward Castronova, dans un article devenu célèbre, avait évalué le PIB du jeu Everquest à environ 2000$ par habitant-joueur, ce qui faisait que la richesse par habitant de ce monde virtuel était supérieure à celle de pays comme la Bulgarie ou la Bolivie. Castronova a depuis écrit un livre sur l’économie des mondes virtuels.

Plus récemment, un joueur a acheté dans le monde virtuel « Project Entropia » une île pour 26500$; il a déjà regagné son argent en revendant à d'autres joueurs des droits de minage et de chasse. Cette somme peut paraître conséquente, elle ne représente pourtant pas grand chose dans les quelques 100 millions de dollars annuels que représentent les ventes et achats d'or, d'objets, et d'avatars sur les marchés parallèles (cette somme est elle-même faible, au regard du chiffre d'affaires du jeu en ligne, 3,6 milliards de dollars annuels). Récemment, un tribunal de Hong Kong a dû se prononcer sur une affaire étrange : un joueur en avait poignardé un autre, après que celui-ci l'ai « volé » : il avait revendu un sabre virtuel extrêmement performant que le premier joueur lui avait prêté. En Corée, les tribunaux ont eu l'occasion de décider que dérober un objet virtuel était un vol, punissable comme tel.

The Economist et l’International Herald Tribune ont consacré des articles à ce sujet : il en ressort que la fourniture sur des marchés parallèles de biens virtuels est une activité en plein essor; dans chaque jeu, on trouve des joueurs appelés « farmers » qui passent leur journée à anéantir diverses créatures afin de gagner or et objets qu'ils revendent par la suite. En Chine, des dizaines de milliers de joueurs gagnent de cette façon des salaires corrects selon les standards locaux, de l'ordre de 250$ par mois, pour 12 heures passées par jour sur un jeu en ligne. Bien que le plus souvent interdites par les sociétés qui exploitent ces jeux, ces pratiques sont en plein essor.

A ce stade, je suppose que vous êtes incrédule. Qui peut vouloir payer du « vrai » argent en échange d'argent virtuel, c'est à dire rien? Qui pourrait payer 80 euros pour obtenir les 800 pièces d'or lui permettant d'acheter un « cheval épique » qui accélèrera ses déplacements en jeu?

La réponse est, énormément de gens. Après tout, ces échanges ne font que reproduire la logique universelle de l'échange économique, celle de l'avantage comparatif. Je suis peut-être très bon pour jouer mon avatar, mais je n'ai pas le temps de consacrer de longues heures fastidieuses à « farmer » des pièces d'or; alors j'achète les services de quelqu'un qui fait cet effort à ma place, en lui offrant en échange ce que j'ai comparativement en abondance par rapport à lui : « de l'argent du monde réel ». S'il vous paraît absurde de dépenser des sommes considérables pour acheter des "objets virtuels", demandez-vous ce qu'aurait pensé un individu d'il y a deux siècles du fait de payer pour télécharger le dernier album de Madonna? Quelle différence y a-t-il entre payer quelqu'un pour nettoyer votre maison, et payer quelqu'un pour vous trouver une épée virtuelle qui vous permettra de parader devant vos amis?

Dans cette perspective, on peut envisager un avenir dans lequel pour certains joueurs, le monde virtuel sera le "vrai monde", celui dans lequel ils ont des amis, des amours (platoniques), des activités, dans lequel ils passent l'essentiel de leur temps, dans lequel ils gagnent l'argent qui leur permet de faire vivre leur corps physique (le plus souvent à base de pizza livrée à domicile). Le monde réel n'étant plus que le lieu dans lequel ils se nourrissent et dorment. Cela vous paraît saugrenu? Mais lors de la sortie du jeu World of Warcraft, il a été calculé que le premier joueur français à atteindre le niveau maximal dans le jeu a passé une dizaine de jours à jouer 20 heures par jour. Récemment, un joueur coréen est mort après une session de jeu de 50 heures d'affilée. Un monde dans lequel des joueurs passent tout leur temps dans un univers virtuel, y gagnant suffisamment pour maintenir leur corps et leur connexion Internet en état, n'est pas loin du tout du monde dans lequel nous vivons et les règles de l'économie s'y appliquent.

Si nous nous intéressons d’un peu plus près au jeu Second Life, on le qualifierait de « métavers » (ou univers virtuel) en 3D sorti en 2003. En effet, le développeur californien Linden Lab lance ce qui va rapidement devenir un phénomène explosant les carcans du jeu en ligne. En janvier 2006, ils n’étaient que 124 175 à hanter les îles de Second Life, mais un an plus tard, le monde virtuel le plus prisé du moment revendique déjà 3 117 287 membres !

Ce programme est une simulation qui permet à l'utilisateur (résident) de vivre une seconde vie. La majeure partie du monde virtuel est créée par les résidents eux-mêmes. L'univers se démarque également par son économie : les résidents peuvent créer et vendre leur création (vêtements, immobilier). Les échanges se font en Linden-dollars : monnaie virtuelle qui peut être échangée contre de la monnaie réelle. Malgré les apparences, Second Life n'est pas un jeu à proprement parler mais bien un « espace d'échanges » (donc de jeu aussi si les utilisateurs le désirent), aussi varié que dans la « First Life » (traduisez par « première vie »). C'est un forum où s'expriment les engagements sociaux et politiques de manière libre et internationale; les débats, expositions, conférences, formations, recrutements, concerts, mariages sont des événements courants sur Second Life.

 

Début 2007, des candidats à l’élection présidentielle française, notamment Jean-Marie Le Pen et Ségolène Royale, y ont ouvert des bureaux de campagne virtuels. La Suède aurait prévu d’y établir une ambassade officielle. Le modèle de Second Life suscite l’intérêt grandissant des acteurs économiques. Pour accueillir tous ces avatars (votre double dans Second Life), le territoire du jeu ne cesse de s’agrandir. On y trouverait déjà près de 260 îles, accessibles aux membres « premium » pour la modique somme de 295 dollars par mois. Entre 10 000 à 30 000 avatars parcourent désormais simultanément les allées de Second Life, qui en quête d’un appartement virtuel avec vue sur la mer, qui à la recherche éperdue du 748e comité Désirs d’avenir de Ségolène Royal. Cette hyperactivité virtuelle fait aujourd’hui les beaux jours de Linden Lab, dont les revenus mensuels avoisinent désormais les 670 000 dollars, contre à peine 2 200 dollars il y a six mois.

Fermons la parenthèse de Second Life et je mets ci-après d’autres jeux en ligne de même type tout aussi intéressant que je vous invite à aller voir par curiosité mais qui sont loin d’être une liste exhaustive de ce que l’on peut trouver sur Internet.

- http://www.gadcity.com/ où vous pouvez adopter un Gad, un Gad est un personnage que l’on prendra en main pour le faire évoluer, faire des formations pour obtenir de l’argent, créer ses usines et créer sa ville. Choisissez votre clan et partez à la conquête du monde libre.

 

- http://utopia.forumactif.fr/Utopia est la vision d'une ville parfaite. A partir de là, les membres du forum doivent la faire évoluer, soit en agissant directement, soit via le vote et la vie politique. Toutes les actions décidées par l'Assemblée seront acceptées sauf cas exceptionnel.

 

- http://www.estelgard.com

Estelgard est un jeu de simulation politique où vous devenez politicien et gérer votre carrière en utilisant les médias, connaissez des affrontements avec d'autres joueurs, subissez des pressions, faites de la publicité, avez connaissance de « magouilles »,...

- http://www.votezpourmoi.com/

Enfin, je vous livre le jeu « Votez pour Moi » qui est très intéressant eu égard qu’il concerne la vie politique au sein d’une municipalité. En effet, c’est une simulation humoristique et ludique d'une campagne d'élections municipales.
Vous incarnez un des candidats à l'élection municipale et devez effectuer toutes les actions nécessaires à l'obtention d'un poste dans la mairie dont je vous livre ci-après des extraits du règlement.

Il s'agit donc de mener une campagne politique dans la ville pour y gagner un poste dans la mairie.Les postes sont celui de maire, de maire-adjoint et de conseiller municipal.
N'importe qui peut être candidat à la mairie, mais doit engager des fonds pour cela. Or ces fonds ne seront remboursés (jusqu'à un certain plafond) que s'il réalise au moins 5% des suffrages
Les candidats peuvent organiser des meetings, et faire une campagne d'affichage, mais la population sera 2 fois moins réceptive pendant la pré-campagne. Il convient donc de réserver ses efforts pour la campagne elle-même.
Chaque jour un joueur pourra organiser un meeting, effectuer une campagne d'affichage, tenter des actes de corruption, se rendre dans les marchés pour prendre le pouls de la population.
Le joueur doit trouver un slogan (les slogans seront notés par les joueurs eux-mêmes le plus honnêtement possible)
Un joueur commence avec un leader charismatique, chargé de le représenter dans les espaces publics, les meetings, les affiches. Le joueur doit donc trouver un slogan et peut commencer à faire campagne (il part inconnu donc avec 0% d'intentions de vote)

Il existe 50 thèmes de campagne (Ex: Emploi, Entreprise, Europe, Famille, Justice, etc.)

 

Chaque jour, après minuit, le journal du matin paraît : y figurent les événements du jour, qui vont donner du poids à tel ou tel thème de campagne. Y figure également une actualité politique (alliances, fusions de partis, ou nouvelles candidatures) ainsi que le sondage du jour.
Les médias ont un impact crucial sur l'opinion publique. En effet, le simple fait de figurer dans le journal (par exemple un article relatant votre dernier meeting), peut faire gagner des voix.

 

Ce jeu serait bien plus intéressant à mon sens s’il intégrait les notions de politiques municipales avec une simulation des résultats donnés par la prise d’une décision quelconque du Maire ou du Conseil Municipal.

 

Toutes ces idées sur la cybergénération et ce qui en découle comme l’apprentissage en ligne, les jeux en ligne,… me sont venus consécutivement à des discussions avec des parents et des jeunes et des moins jeunes quant aux rapports qu’ils exercent par rapport à Internet et j’ai constaté que « la journée du jeux » qui a été organisé au Château de Flers le 27 mai 2007, malgré cet « enfermement dans un monde virtuel » a permis de renouer avec ces jeux anciens que prisaient nous-mêmes, nos parents et grands-parents, bien avant l’apparition de la grande toile et qu’il est dommage de constater que ce n’est pas encore assez développé auprès des jeunes pour leur apprendre à renouer avec les autres de par les relations et les interactions qui découlent de ces jeux anciens qui rapprochent non seulement les gens entre eux mais, également les générations. Il faut constater que l’absence de nombreux foyers de jeunes ont conduit à un accroissement de l’individualisme par un accroissement à se cacher derrière un ordinateur au lieu de discuter de vive voix et en passant des heures sur MSN alors que l’on est dans la même classe et que les rapports se bornent à se dire bonjour et quelques banalités dans « la vraie vie ». De plus, l’éloignement de ces jeunes des principes inculqués par l’intermédiaire de ces jeux virtuel ne fait que renforcer un état de solitude croissant et conduit à un éloignement des rapports primordiaux entre êtres humains à savoir, entre autres, le respect, la non-violence, le contrôle de soi et savoir faire face à l’adversité dans un monde réel qui ne fait pas de cadeaux.

Je me souviens également de ces randonnées à vélo que l’on faisait entre amis ou dans le cadre d’une sortie organisée, les parties de football en plein air,… Mais, il est déplorable de constater que tout ceci tant à disparaître du fait de la cessation d’activité de nombreuses associations et de clubs de loisirs du fait d’un manque croissant de moyens et de la faible prise de conscience des élus de la dangerosité de l’enfermement toujours plus constant de l’univers informatique consécutivement à une alternative qui n’existe pas ou peu pour les jeunes générations que l’on qualifie de « cybergénération ».

 

En dernier lieu, et je terminerai par cette note de fin, une façon de montrer que le « cyberespace » est toujours en constante évolution et pour ceux qui croient qu’un jour ce sera « la fin de la souris », vous trouverez ci-après un lien vidéo sur Channel 10, une chaîne de télévision américaine concernant les dernières innovations de Microsoft sur « la table à écran tactile ».

http://on10.net/Blogs/larry/first-look-microsoft-surfacing-computing/

O.U.

 

 

 

 

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QUESTION DE TEMPS

 

Qui ne se rappelle pas le petit lapin blanc dans Alice au pays des merveilles qui s’exclame envers Alice « Je suis en retard ». Je ne saurais manqué à tous mes égards en vous rappelant que Alice au pays des merveilles est une œuvre de littérature enfantine écrite par le pasteur mathématicien Charles Lutwidge Dodgson, sous le pseudonyme de Lewis Carroll. En effet, l'histoire commence quand la rêveuse, notre chère Alice rencontre un lapin blanc parlant et qui est désespérément en retard. Se lançant à sa poursuite, elle tombe dans un terrier et pénètre dans le Pays des Merveilles, un monde étrange et enchanté peuplé d'une galerie de personnages qui le sont tout autant.

Ce petit lapin blanc surexcité qui se plaint continuellement d'être en retard à son rendez-vous est un des sujets de la Reine de Coeur. C’est une imposante personne au caractère instable et violent. Elle n'a qu'une phrase en bouche : "Qu'on lui coupe la tête !".

Au Pays des merveilles, le temps est déréglé, au point qu’il n’y en a pas assez, comme pour le Lapin Blanc toujours pressé ou, comme le Chapelier, condamné à vivre éternellement à l'heure du thé.

 

Et nous, à notre niveau, le temps en disposons-nous suffisamment eu égard aux aléas de la vie ? Pouvons-nous agir sur le temps ? En termes de politique, le temps est-il un vecteur important en se penchant sur les diverses élections passées et futures ? Mais, toutes ces « questions de temps », malgré leur intérêt particulier à chacune d’entre elles, ne nous permettent de les appréhender qu’après une analyse de ce terme et de ses « diverses facettes ». Je m’emploierais à développer au cours des quelques lignes qui suivront les grandes approches de cette « question de temps ».

Au sens étymologique du terme, le mot « temps » provient du latin tempus, lui-même dérivé du grec temnein, couper, qui fait référence à une division du flot du temps en éléments finis.

Le temps est un concept développé pour représenter la variation du monde : l'Univers n'est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent. Si on considère l'Univers comme un système dans son ensemble, on dira qu'il a plusieurs états. Ces états, passés, présents et futurs, et leur mesure, concourent à donner un concept du temps. « Hier était le jour précédent et demain sera le jour suivant parce que je suis aujourd'hui. »

La notion de temps est un corollaire de la notion de mouvement : le mouvement se fait dans la durée et si le temps venait à s'arrêter plus rien ne bougerait. A contrario, le temps semble ne plus faire sens quand l'idée de mouvement disparaît, car le temps suppose la variation.

Le temps semble donc supposer à la fois changement et permanence. Ces constatations amènent encore à un autre couple de notions essentielles quant à l'étude du temps : la simultanéité, qui permet d'exprimer l'idée qu'à un même moment, des événements en nombre peut-être infini se déroulent conjointement, a priori sans aucun rapport les uns avec les autres. Deux moments ressentis comme différents sont ainsi nécessairement successifs. Le temps, si difficile à imaginer et à conceptualiser de prime abord, ne peut-être examiné que sous l'angle de notre propre expérience universelle : l'avant, l'après et l'en-même temps. Néanmoins, de la simple succession, ou de la simultanéité, on ne peut déduire la durée. En effet, quand un même film est projeté à une vitesse plus ou moins grande, l'ordre des événements y est conservé, mais pas la durée. Remarquons aussi que la projection à l'envers ne correspond à rien dans l'expérience du temps, qui est, lui, irréversible.

Ces notions font notamment appel à la mémoire : le classement des événements dans un ordre quelconque ne peut se faire que si l'on se souvient. De façon opposée, la mémoire se construit grâce au fait que certains événements se répètent, autorisant ainsi l'apprentissage. De façon plus générale, il semble que le temps puisse être considéré (et considérer n'est pas connaître) sous deux aspects : l’aspect cyclique (cycle des jours, des saisons, de la vie...) et l’aspect linéaire (évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort...).

La régularité de certains événements a permis d'établir très tôt une référence de durée (calendrier, horloge...) et donc de quantifier le temps : « quantifier le temps », c'est lui associer un nombre et une unité, en effectuer une mesure. Toutefois, cette connaissance est au mieux celle d'une substance du temps : elle n'apprend rien sur sa nature intime, car la mesure n'est pas le temps – il faut du temps pour établir une mesure

Nul doute que le pêcheur, l'artisan et le cadre supérieur ne partagent pas exactement la même notion de temps quotidien, car chaque perception est le fruit de ses exigences propres. Toutefois, les bases culturelles jouent un rôle très important dans la perception globale du temps, en tant que rythme de vie.

Dans un très bon film intitulé « Le temps qui reste », qui est sorti sur nos écrans le 30 Novembre 2005, dont le réalisateur est François Ozon et dont l’histoire peut se résumé en cette simple phrase : « Romain, un jeune photographe de 30 ans, apprend brutalement qu'il n'a plus que quelques mois à vivre. ». Il n’est nul doute que le temps pour une personne, dans son cas, ne s’écoulera pas de la même manière que tout à chacun et qu’il « gouttera » à tous les instants de bonheur qui lui seront offerts. Le temps, pour lui, s’écoulera de manière différé, il croquera la vie à pleine dents ; mais, au fur et à mesure que l’échéance de sa fin approchera, la sentant venir, il n’aura de cesse de vouloir repousser cette issue fatale, en quelque sorte « essayer de repousser ce petit temps qui lui reste au maximum ».

Les sociétés modernes et industrialisées modifient sensiblement le rapport culturel et traditionnel au temps. Le temps du quotidien subit les assauts de l'instantané : médias, nourriture, déplacement... l'ensemble des actes quotidiens s'accélère, de sorte que les contraintes du temps se font moins sentir – ou deviennent au contraire plus criantes quand les facilités s'estompent. La lenteur est une caractéristique fondamentale du rythme des sociétés humaines : il s'agit peut-être de la force d'inertie qui assure leur cohésion. Temps de la réflexion et temps de l'action entre en concurrence et se distordent, jusqu'à parfois faire éclater les repères psychologiques. Ainsi constate-t-on que les zones urbanisées, où le temps personnel est très souvent sacrifié sur l'autel des contraintes (aller plus vite, à un autre rythme, et tout ce que cela présuppose et entraîne) sont les noyaux durs de la consommation de médicaments du type psychotropes. Dans son développement accéléré, l'humanité prend le risque d'altérer durablement son rapport au temps.

Pour l'Homme, le temps est essentiellement un support, et à ce titre il est orienté : il « coule » du passé au futur. Grâce au profond sentiment de durée, l'Homme peut agir, se souvenir, imaginer, mettre en perspective... si bien que le temps lui est essentiel, et par-là... banal. Le niveau de complexité du rapport au temps est assez bien traduit par le langage, en effet, l'homme essaye de se jouer du temps. « Perdre son temps » ou « prendre son temps », ou toutes autres expressions de quelque langue que se soit, traduisent la volonté séculaire de gagner un contrôle sur ce temps subit.

Si l’on considère « le temps dans le temps », ou si vous préférez, si l’on prend « une ligne du temps » ou encore appelé « le temps historique », on considérera les éléments suivants :

·         Le passé qui désigne l'espace du réel qui n'est plus, avant le présent.

·         Le présent qui désigne l'espace du réel, entre le passé qui n'est plus, et le futur qui n'est pas encore.

·         Le futur qui désigne l'espace du réel qui n'est pas encore, après le présent.

Si l’on s’intéresse maintenant à l’informatique, il faut souligner que le « temps » est un paramètre essentiel en informatique. En effet, les traitements informatiques nécessitent du temps, à la fois pour les traitements d'accès aux données (entrées/sorties, input/output), et pour le traitement des calculs et mises en forme des données (temps CPU, Control Process Unit). En effet, il faut préciser que l’on utilise le terme de « Méga Hertz » pour mesurer la puissance de la puce électronique qui peuvent s’apparenter à des pulsations cardiaques pour donner une idée du temps de réaction qui se calcule en millième de secondes.

Avant l'apparition de l'informatique moderne, à l'époque de la mécanographie en particulier, les techniques disponibles ne permettaient d'exécuter les traitements qu'en batch, en utilisant les cartes perforées. L'apparition des ordinateurs modernes multi-tâches a d'abord autorisé le traitement simultané de plusieurs tâches différentes sur le même ordinateur, puis le traitement en temps réel avec saisie sur un clavier couplé à un moniteur permettant d'afficher les données saisies, puis le résultat du traitement. Les terminaux dits passifs, exclusivement employés jusque dans les années 1990, avant l'apparition des micro-ordinateurs, nécessitaient d'effectuer les traitements en temps réel sur un ordinateur distant (mainframe, ou gros ordinateur). L'apparition des micro-ordinateurs a permis d'exécuter certains traitements sur le poste de travail de l'utilisateur, donc en théorie de limiter la part du temps d'accès dû aux communications à distance.

Les traitements par lots les plus courants sont les traitements comptables, le calcul de la paye, les traitements d'interfaçage, les contrôles complexes, les sauvegardes. Ils sont généralement effectués périodiquement. Les périodes de traitement peuvent être journalières, mensuelles, annuelles, ou quelquefois hebdomadaires.

Aujourd'hui, la distinction traditionnelle entre le temps réel et le batch tend à évoluer : les possibilités techniques (mémoire, capacités de stockage, capacité des lignes télécoms) ont radicalement changé la donne. Le choix entre temps réel et batch est le plus souvent imposé par le progiciel, qui est un logiciel spécifique créé spécialement pour une entreprise. Le caractère discriminant du choix entre le temps réel et le batch n'est plus le même. Le traitement batch reste nécessaire pour les traitements volumineux ou nécessitant des contrôles impossibles à effectuer en temps réel.

Les traitements effectués sur le web sont par nature exécutés en système temps réel, et à distance. Les contraintes de mise en cohérence des informations saisies subsistent, afin que ces informations soient conformes aux référentiels métiers, aux référentiels comptables et aux législations de plus en plus nombreuses. Ces contraintes s'expriment d'une façon plus complexe encore, et peuvent être gérées non plus par des contrôles effectués a posteriori dans chaque application, mais par la constitution de référentiels ou de normes, et par la gestion de données et de documents en communautés (forums, espaces de travail partagés...). La logique de traitement en système temps réel avec des partenaires nécessite de plus en plus d'assurer une cohérence entre les domaines de l'entreprise.

Et que dire du temps dans l’Art, très cher à notre goût de la beauté et de la création elle-même. Ainsi, apprécier une œuvre d'art, c'est à la fois la considérer comme une réalité distincte de l'artiste, possédant l'ambiguïté des choses, et y retrouver la puissance vivante de l'imagination, des sentiments, d'une vision du monde. L'œuvre confère la permanence de la chose à la fugacité de l'inspiration et du geste de l'artiste. C'est parce que nous contemplons un tableau qu'il est pour nous bien plus que de simples pigments étalés sur une toile.

Contempler, ce n'est pas coïncider avec les affects de l'artiste. L'art n'est pas de l'ordre du sentiment immédiat, ce qui ne signifie pas qu'il soit un jeu frivole et froid. L'art objective les sentiments ainsi que les idées. Mais l'artiste la donne à voir, donne à voir les passions, les élans du cœur, des concepts métamorphosés dans la forme ou le rythme. Il les met au passé en quelque sorte. Alain écrit à propos de la musique qu'elle n'est ni gaie ni triste. « On appelle quelquefois mélancolie, faute d'un meilleur mot, cet état où l'on contemple ses propres malheurs, et tous les malheurs, comme des objets qui passent et déjà lointains ; la musique figure merveilleusement ce souvenir et cet oubli ensemble. »

Ainsi, la contemplation esthétique ne consiste pas seulement à apprécier une forme soustraite au temps. Elle nous libère de l'urgence de l'instant, elle nous permet de contempler la condition humaine de loin, ou de plus loin.

Pour la musique, le temps est le paramètre principal, un des rares arts à s'inscrire dans une évolution temporelle et à créer un temps. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l'émotion procurée se mesure à l'aube de ce temps subjectif de l'écoute active, temps non quantifiable, et qui fait l'objet de plusieurs recherches en psychologie. Dans le solfège, le temps est une subdivision de la mesure et suggère la dynamique à apporter à l'interprétation (temps fort - temps faible).

Après avoir brossé ces idées relatives au temps, je vous donne ci-après une liste de citations relatives au temps que j’ai trouvé ci et là et beaucoup proviennent d’un site, que j’ai trouvé fort intéressant, dont le lien est le suivant et que je vous invite à consulter : http://www.evene.fr/citations/mot.php?mot=Temps.

·         « Le temps est le moyen qu'a trouvé la Nature pour que tout ne se passe pas au même moment. » (John Wheeler, physicien)

·         « Pour comprendre le temps il faut le prendre. » (Teddy Vincent)

·         « Il faut prendre son temps, sinon c'est le temps qui vous prend. » (Balthus, peintre)

·         « Il faut laisser du temps au temps (Mitterrand, Président de la République française)

·         « Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. » (Platon, philosophe)

·         « Le temps c’est, ce que les hommes essayent toujours de tuer, mais qui finit par les tuer. » (Herbert Spencer)

·         « Le Temps est le bien le plus rare parce que c'est le seul bien qu'on ne puisse ni produire, ni donner, ni échanger, ni vendre. » (Jacques Attali ; Extrait de La Voie humaine)

·         « Qui a le temps et attend le temps perds son temps. » (William Camden ; Extrait de Remaines concerning Britain)

·         « Que de temps perdu à gagner du temps ! » (Paul Morand)

·         « Le temps passe. Et chaque fois qu'il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s'efface. » (Jules Romain ; Extrait de Les hommes de bonne volonté)

Et si nous avions la possibilité de voyager dans le temps, le pouvoir de revenir en arrière, de modifier le passé pour modifier un futur dont on ne veut pas, est-ce une folie ou n’est-ce le fruit que d’une imagination fertile et ouverte, un rêve en quelque sorte. Le voyage dans le temps est un des grands thèmes de la science-fiction, au point d’être considéré comme un genre à part entière. L’idée d’aller revivre le passé ou de découvrir à l’avance le futur est un rêve humain causé par le fait que l’être humain avance dans le temps de manière permanente, mais irréversible (et, à l’état de veille, apparemment de façon linéaire).

La première mention d’un voyage dans le temps serait le personnage de Merlin l’Enchanteur dans le cycle arthurien des Chevaliers de la table ronde, qui visitait les temps passés. Les celtes croient en la possibilité de voyager dans le temps et dans un monde parallèle, à partir des tombes, des tertres ou de certains lieux.

Certains scientifiques, se basant sur des travaux ont émis l’hypothèse que pour effectuer un voyage dans le sens direct, c’est-à-dire du présent vers le futur, un voyageur se déplaçant dans l'espace à une vitesse proche de celle de la lumière (par rapport à la Terre) pourrait revenir des années après son départ dans le calendrier terrestre après un voyage qui n'aura duré que quelques jours pour lui. Cependant, cet effet ne permet qu’une accélération du temps. Et cela dit, même sans mouvement, nous voyageons déjà de toute façon du passé vers le futur.

Le voyage rétrograde dans le temps semble a priori hautement improbable. Toute théorie qui permettrait des voyages vers le passé devrait résoudre les questions de violation de causalité. Que se passerait-t-il si j’essayais de revenir dans le passé et que je tuais mon grand-père ? Cet exemple a été donné par le romancier René Barjavel en 1943, dans son livre « Le voyageur imprudent ».

Les auteurs traditionnels de science fiction (Isaac Asimov dans La Fin de l'Éternité et Poul Anderson dans La Patrouille du temps) considèrent non seulement qu'une modification faible du passé aura peu de conséquences sur les siècles suivants, mais aussi que plus on s'éloigne de l'événement modifié, plus les conséquences s'estompent. Au contraire, les auteurs récents (surtout écrivant pour les enfants) insistent souvent sur l'effet papillon qui rend selon eux extrêmement périlleux pour l'humanité toute entière tout voyage vers des période très reculées de l'histoire de la Terre (Chris Archer dans Haute tension ou K. A. Applegate dans Animorphs).

D'autres auteurs permettent à leurs personnages de voyager dans le temps tout en leur rendant impossible de changer le passé. C'est le cas de H. G. Wells dans son célèbre roman« La Machine à explorer le temps » dont plusieurs adaptations cinématographiques ont été portées sur les écrans.

Le temps est important pour chacun de nous, et surtout pour nos jeunes, nos étudiants, nos jeunes travailleurs, qui ne savent pas toujours « gérer leur temps » et tout cela passe par une « maîtrise du temps » au travers de principes dits « majeurs » que je vous prie de trouver ci-dessous sous forme de liste :

- Prévoir, hiérarchiser, planifier. Gérer les tâches quotidiennes. Gérer les imprévus. Gérer les priorités.
- Chasser les « voleurs de temps ». Identifier les « bouffe-temps ». Apprendre à les gérer.
- Gérer sa communication. Adopter une communication efficace. Gérer les informations entrantes et sortantes. Assurer vos messages.
- Adopter votre stratégie du temps. Se protéger du stress. Trouver son rythme. Créer un environnement stimulant. Planifier, organiser, contrôler.
- Savoir prendre du recul. Prendre le temps de la réflexion. Analyser ses difficultés. Capitaliser sur vos actions.
- Changer sa relation au temps. Espace de la gestion du temps. Définir ses priorités. Gérer son temps.

 

Ainsi, les règles d'or de la gestion du temps sont : Planifier. Organiser. Déléguer. Contrôler.

 

Le temps est présent partout et même avec Météo-France (site : www.meteofrance.com/) et son slogan « Toujours un temps d’avance », on est dans le cadre de l’anticipation, certes « météorologiques » mais, ces prévisions météorologiques en France et en Europe (temps, climat, températures) ne sont-elles pas pour l’homme la démonstration qu’il peut intérargir sur le temps et prévenir ce qui va se passer comme le ferait un magicien ou un danseur de pluie ?

 

Dans la politique, le temps joue aussi un rôle important. En effet, après le temps des présidentielles (mai 2007) et des législatives (juin 2007), viendra se profiler à l’horizon de mars 2008, « le temps des municipales », le temps du changement pour beaucoup de citoyens et de citoyennes qui aspirent à un renouveau pour certains et certaines des représentants de leur commune. Ils mesureront le travail effectuer « le temps du mandat passé » et détermineront s’il faut poursuivre dans cette voie ou, comme je l’ai évoqué, si « le temps du changement, d’un second souffle ne doit pas être insufflé ».

 

Dans un article de « Le monde », en date du 30 mai 2007, Monsieur François Fillon a déclaré : « Le temps de l'action est venu ».

En effet, en campagne pour les législatives à Loué, un des chefs-lieux de canton de la 4e circonscription de la Sarthe, le Premier ministre François Fillon a estimé que le temps de l'action était venu et il s'est livré à un plaidoyer en faveur de son gouvernement et des mesures qu'il entend adopter, en évoquant la réforme « fondamentale » dont avaient besoin les universités, mais aussi l'avenir de l'Europe ou l'immigration qui fera l'objet d'une loi cet été et qui doit être « choisie » et non « subie », ce qui est selon lui une « responsabilité » du gouvernement.

Devant environ 200 personnes réunies dans un centre culturel flambant neuf, François Fillon s'est longuement félicité de "l'ouverture" d'un gouvernement ayant fait appel à différentes personnalités et de sa composition paritaire entre hommes et femmes qui font déjà, a-t-il estimé, office de « rupture » vis-à-vis du passé.

 

Cette référence au temps qu’il nous livre, cette soi-disant « rupture avec le passé », nous permet donc de dire qu’il ne compte pas un retour en arrière, un « voyage rétrograde » comme je l’ai évoqué plus haut. Nous verrons bien ce que Monsieur Fillon et son gouvernement entendent par cette grande phrase «  Le temps de l’action est venu » et « le temps » nous dira ce qu’il nous réserve et quel avenir nous attend au sein de l’hexagone.

 

En parlant du temps des législatives, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué sur son site, le 22 mai 2007, qui fait le point sur les candidatures aux élections législatives des 10 et 17 juin 2007 que j’ai trouvé intéressant en terme de statistiques dont je vous livre ci-après quelques éléments :

A l’issue de la période de dépôt des candidatures en préfecture, le 18 mai, le ministère a recensé 7 639 candidats dont 3 177 femmes. La moyenne du nombre de candidats par circonscription est de 13,2. L’âge moyen des candidats est de 50,2 ans. Les catégories socioprofessionnelles les plus représentées sont les salariés du secteur privé (26%), les enseignants et professeurs (15,4%) et les retraités (15%). Parmi plus de 80 partis ayant présenté des candidats, seuls 7 d’entre eux sont présents dans plus de 500 circonscriptions.

 

Quant au « temps des municipales », je vous livre ci-après les extraits tirés d’un article du Monde, en date du 10 mai 2007, qui provient d’une personne qui s’est penchée sur le problème du déclin de la Gauche et qui propose des solutions pour y remédier. Chacun est libre de se faire son opinion et je vous le donne sans emphase et sans porter de jugement.

Les élections municipales sont l’opportunité d’une re-fondation de la gauche en profondeur. Parce que ce sont des élections concrètes, il faut pouvoir montrer articuler les grandes idées avec des plans d’actions, et se donner comme objectif de mettre en oeuvre des meilleures pratiques au niveau mondial…

Alors quoi faire ? Il faut lancer une vaste restructuration de la gauche et viser les municipales dans un an. Comment s’y prendre ?

·         Reprendre les municipales au niveau de tous les sympathisants de la gauche - avec des réunions d’élaboration de plans d’actions partagés en dehors même des logiques de pouvoir.

·         Forcer l’ouverture à cette parole non partisane depuis le sommet même des partis - pour lever les inerties des petits barons du local, qui font alliances et échos avec les individualismes et les egos des éléphants. Contrôler le dispositif en faisant remonter les plans au niveau régional et national

·         Mettre en oeuvre des candidatures nouvelles dans toutes les municipalités - lancer un véritable plan de recrutement. Ne conserver les anciens candidats qu’en cas de réussite avérée lors de leurs dernières mandatures.

·         Accompagner ce processus d’un dispositif de mobilisation des jeunes candidats autour des principaux éléments de renouveau de l’idéologie socialiste. On peut citer de manière indicative :

o    l’économie régulée par opposition à l’économie des marchés (quelles évolutions des formes de la régulation mondiale, régionale et nationale ? avec qui ?)

o    la mondialisation humaine des projets de société par opposition à la globalisation économique des entreprises (mondialisation des constructions syndicales et de représentations sociales…)

o    le droit universel à l’éducation

o    l’accélération de la fédération européenne par opposition à l’impasse nationaliste

o    les meilleures pratiques de la démocratie locale par opposition aux approches de partis…

·         Ce dispositif doit être encadrée par une réflexion adossée à des ateliers d’échanges d’informations, montés avec des vrais intellectuels, pas les BHL qui n’ont jamais rien publiés au niveau mondial. Non, il faut faire venir des prix Nobel, des professeurs de grandes universités mondiales. Il faut organiser cela en prenant exemple sur l’approche d’Obama, des workshops (magasins de travail), des notes, et pas du pipeau de marketeurs…

·         Enfin, il faut prendre en compte au maximum des points de vue étrangers, et l’expérience mondiale des contributeurs. Ne plus accepter de se faire influencer au plan des idées par des personnes qui n’ont qu’une vision limitée de la diversité mondiale, et ne peuvent donc développer qu’une vision défensive de la mondialisation…

 

Au travers de cette étude du temps et de ses diverses formes, nous avons fait un large spectre de son étendue et au travers de ces quelques réflexions, idées, propos recueillis, il ne faut pas oublier que « LE TEMPS DES MUNICIPALES «  est venu car il est devant nous, donc est l’avenir et que « le temps des présidentielles et des législatives » est révolu et donc passé et qu’enfin, nous vivons, dans le présent, et que notre objectif, notre projection dans l’avenir sont et seront les municipales qui se jouent comme une joute dans un combat qui au final ne laissera qu’un vainqueur mais, dont les spectateurs, qui sont également les acteurs, au travers du « bulletin de vote » est et sera l’électeur et l’électrice qui détient entre leurs mains, le pouvoir de changer « le cours du temps » dans un temps somme toute proche car il ne reste que quelques mois qui nous séparent de ce temps futur.

 

Ainsi, et je terminerais sur cette note de fin, « tout est une question de temps » et pourtant il n’est pas le même pour chacun d’entre nous et les divers domaines que nous avons balayés nous montre le temps et sa diversité. Toutefois, en termes de politique, le temps est très important et il joue beaucoup dans toutes les élections ; en effet, il y a un avant, un pendant et un après dans chacune d’entre elles.

Mais, le plus important est donc, comme je l’ai dit plus haut, de ne pas perdre de vue que « le temps des municipales » est venu et que « le temps des présidentielles et des législatives » est révolu non sans analyser le « pendant » auquel nous sommes les témoins.

 

O.U.

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PROJECTION 2026

 

Notre société va vite, trop vite. En effet, il suffit de voir les progrès de l’homme au 19ème siècle (électricité, automobile,…) ; puis au 20ème siècle (nucléaire, informatique, astronomie,…) et les découvertes du é1ème siècle avec le décodage de l’A.D.N. de l’être humain, le clonage réussi d’une brebis, les essais de clonage d’embryons humains, le D.V.D., puis le D.V.D. haute définition (le fameux « blue ray » développé par Sony, les télévisions haute définition, les jeux vidéos sans cesse plus performants, avec des qualités de jeux de plus en plus fluide,… et donc, il convient de se poser cette question de savoir, si l’on continue à ce rythme, d’ici une quinzaine d’années et plus précisément en 2026 soit 18 ans après cette année 2008 riche en évènements qui se profile en ce mois de février comme l’annonce de Monsieur Pierre Mauroy de prendre sa retraite et qui laissera donc vacant son siège de président de LCMU (Lille Métropole Communauté Urbaine), la décision de construction du grand stade et la construction d’un grand complexe cinématographique par U.G.C. et l’ouverture de nombreuses enseignes sur cette commune de Villeneuve d’Ascq, où il se passe pas mal de choses. Il ne faut pas oublier de citer les élections municipales qui se profilent à l’approche de l’échéance du mois de mars.

 

Comment vivront nos enfants ? Quelles seront leurs relations ? Leurs amours ? Leur travail ? Leurs loisirs ?

 

Afin d’illustrer ces propos, nous allons suivre une journée en 2026 de Aurore en faisant un rêve, un songe qui nous permettra de nous « projeter » en ces temps futurs qui somme toute ne sont pas si lointain que cela quand on y regarde bien car 18 ans, ce n’est pas grand-chose.

 

Il fait en moyenne deux degrés de plus qu’en 2008. Les variations climatiques intenses rythme désormais le quotidien. Plus de 7 milliards d’êtres humains composent la population terrestre. Chacun a pris conscience que les dérèglements environnementaux n’étaient pas uniquement l’affaire des experts ou des militants écologistes.

Après de nombreux conflits liés au pétrole et à l’eau, les hommes ont érigé le partage et la solidarité en valeurs suprêmes et universelles.

Les citoyens ont dû abandonner une part de leurs libertés individuelles, accepter d’être surveillés, de vivre sobrement, en respectant l’équilibre des écosystèmes.

La consommation effrénée a fait place au de voir de se soucier des autres. Toutefois, on ne connaît plus beaucoup de boutiques ou de grands magasins en ces temps futurs compte-tenu que le e-commerce représente plus de 80 % des ventes. En effet, le fait d’être livrer chez soi, de consulter toute sorte de catalogue à domicile et une sécurisation des données accrue avec un interface vocal et visuel, en plus de la saisie du fameux code de la carte bleue a eu raison des « commerces traditionnels » ; seuls quelques boutiques de luxe et d’autres très spécialisées se partagent ce qui reste d’un mode de vie devenu désuet.

On utilise moins le véhicule, l’essence est hors de prix du fait de la rareté du pétrole brut car les sources se sont considérablement taries et seul les véhicules circulant à l’électricité tirent leur épingle du jeu avec une autonomie suffisante pour des déplacements ponctuels. Les transports en commun sont légion et les nouvelles lignes TGV crées ces dernières années rapprochent les gens beaucoup plus rapidement qu’auparavant ; toutes les grandes villes des pays européens sont reliées par des trains à grande vitesse et cela grâce à un partenariat très important au sein des pays de l’union européenne.

 

 

 

 

Aurore, 35 ans, commence sa journée…

6 heures 30.

La ville est encore endormie quand Aurore émerge. Les brouillards urbains, de plus en plus denses, retardent désormais l’arrivée du jour de presque une heure.

Aurore vit avec Aurélien depuis 8 ans dans une demeure dont la surface habitable n’excède pas 60 mètre carré avec leurs 2 enfants, Anna, âgée de 7 ans et Xavier, âgé de 5 ans dans la mégalopole qu’est devenu Villeneuve d’Ascq où il ne reste plus un mètre carré constructible et où la population avoisine les 80 000 habitants.

 

8 heures.

Sous sa douche d’eau, qui ne peut excéder 10 minutes, car l’eau est devenu précieuse, et dont un ordinateur règle le temps d’exposition en narrant d’une voix douce et apaisante (des progrès phénoménaux ont été fait dans l’informatique ce qui permit aux voix des ordinateurs d’être la plus proche d’une voix humaine et dans la domotique avec de l’informatique partout dans les habitations), le processus comme l’énoncé d’un programme de lavage à savoir : écoulement de l’eau, savonnage et enfin rinçage.

 

Le bip annonçant la fin de la douche la sort brusquement de ses songes. Le temps autorisé est atteint. Elle enfile une tunique « thermorégulée », télécharge d’un clic un motif à fleurs violettes qui se répand sur l’intégralité du « e-tissu » en « néobioprène », une sorte d’élastomère avec circuits intégrés.

Aurore n’a pas renoncé aux boucles d’oreilles. C’est sa petite touche personnelle ; mais, vieillotte car la mode des piercings en tout genre comme clignotants, parés d’orfèvrerie, en forme d’animaux,… a fait place aux traditionnels colliers, bracelets et autres bijoux que les femmes raffolaient il y a quelques années.

 

8 heures 30.

Anna raffole des fraises cultivées par ses parents dans l’un des nombreux jardins familiaux mis à la disposition des citoyens et dont les parcelles sont strictement délimitées et enregistrées dans les dossiers informatisés de la municipalité.

Xavier préfère le lait. Mais, le lait de vache, rare et cher du fait de la mortalité importante de cette race de bovins due à des maladies dérivées de celle que l’on avait connue sous le nom de « vache folle » ou de « kreustel jacob », a laissé la place aux laits de riz ou de soja.

Leur petit potager particulier est la fierté de Aurore et de son mari. Bon nombre d’habitants, surtout ceux habitant en appartement, disposent d’une serre verticale chauffée par le soleil, où tomates, haricots, choux et salades en tout genre côtoient les quelques fruits présents lors de la saison estivale comme les framboises ou les fraises. Tout cela pousse dans des substrats nutritifs complets et arrosés quotidiennement d’un peu de pluie et surveillés par un œil électronique relié à l’ordinateur central de la maison.

 

9 heures

Sur le chemin de l’école, Anna adore faire raconter à sa mère comment était l’école à son époque.

- « Je partais avec un sac à dos en tissu d’une marque « tendance », un effet de mode qui remplaçait le traditionnel cartable en cuir ou en tissu, pourvu de roulettes pour ne pas avoir à le porter tout le temps et permettre de ménager le dos des élèves car ils étaient extrêmement lourds avec les tas de manuels.

- Des quoi ? S’exclama Anna.

Les enfants d’aurore grandissent dans un monde où toutes les traces écrites, stockées sur des écrans, s’effacent à la moindre touche reset.

Quatre jours par semaine, ils se connectent à des classes virtuelles depuis une pièce communautaire, située au rez-de-chaussée d’un immeuble d’une dizaine d’étages non loin de leur domicile. Un adulte « encadre » la transmission du savoir. Les grands apprennent aux petits. La visio-conférence a trouvé de nombreuses débouchées et notamment dans l’éducation nationale qui, outre le développement des « écrans blancs intelligents », qui ont fait plusieurs émules dans le corps enseignant, qui permettent d’afficher, de stocker et d’envoyer des données à une vitesse éclair sur des sortes de tabloïdes disposés sur la table des élèves ( des sortes d’ardoises intelligentes), a permis de rendre le métier d’enseignant plus « virtuel » où il n’est plus devant une classe à proprement parlé, mais, devant une caméra qui renvoie les informations à un grand nombre de pièces communautaires qui regroupent chacune une vingtaine d’élèves.

Les questions des élèves sont transmises à l’enseignant via une interface tactile informatique des plus poussés lui permettant de prendre connaissance des questions en temps réel.

Un ordinateur puissant, un « main frame » (traduisez gros ordinateur) regroupe les questions similaires et l’enseignant peut à loisir choisir de répondre de suite à toutes les questions ou une partie seulement, en se réservant le droit, lors de la prochaine séance de « cours virtuel » de répondre aux autres questions et d’apporter d’éventuels compléments d’informations.

On peut dire que l’on est en présence d’une « dématérialisation de l’éducation ».

Le « e-learning » ou apprentissage en ligne, qui en était à ses balbutiements aux débuts des années 2000, est devenu le modèle éducatif de référence une vingtaine d’années plus tard. Certes, le nombre d’enseignants a considérablement baissé et outre la nécessité de maîtriser sa matière quelle qu’elle soit, l’enseignant doit également maîtriser l’outil informatique.

Ainsi, les nouveaux enseignants bénéficient d’un mois de formation intensive pour se « mettre à la page » et ingurgiter les nouvelles techniques pédagogiques et pour se familiariser à cette nouvelle méthode de transmission des savoirs et des savoirs faire

Ils sont bien sur conviés, au cours de leur carrière, à des formations pour connaître les nouvelles méthodes de travail et pédagogiques au grand dam des « anciens pédagogues » qui regrettent le temps de l’utilisation du papier, le transparent projeté à l’aide du rétro-projecteur et le tableau blanc ou noir.

Un monde où le « présentiel » a laissé la place à une forme complètement différente de l’enseignement qui est le « virtuel » ; où les écrans remplacent pour l’enseignant les élèves et vice-versa, en conséquence, une forme dématérialisée de l’enseignement où l’immatériel dénature la forme matériel de l’enseignement vieille de plusieurs années et qui fait la nostalgie de bon nombre de générations pour qui le « présentiel » était la méthode pédagogique idéale et dont l’interface informatique  et visuel a conduit à un plus grand individualisme et un manque croissant de réflexion dû à l’absence « d’émulsion » du groupe quand l’enseignant posait une question.

Mais, aujourd’hui, c’est la « journée hebdomadaire du poumon vert et de l’ouverture d’esprit», où tout le monde prend le chemin de l’école pour rencontrer les petits copains des autres salles, les enseignants, faire du sport, visiter les musées et les zoos.

Donc, dans cette projection, on ne peut bénéficier hélas que d’une seule « journée commune » par semaine pour rencontrer d’autres camarades, converser de vive voix avec les enseignants et sortir en groupe visiter divers lieux ouverts au public « pour s’ouvrir l’esprit » et se libérer un tant soit peu de la connection quasi permanente au monde du tout informatique.

 

 

 

 

12 heures

Aurore relève ses messages holographiques. Dans ce monde futur, la webcam a nettement évolué et l’on est non seulement filmé quand on enregistre un message mais, on « apparaît » sous une forme holographique à l’interlocuteur destinataire du message.

Cette technologie a pour but de rendre les personnes plus proche au lieu de la simple voix transmise jadis par les téléphones devenus obsolètes.

Le seul message qu’elle a, provient de son amie Adelaïde. Cette dernière, apparaissant resplendissante dans sa superbe robe où l’on pouvait voir des constellations entières tourbillonnant dans un réalisme époustouflant.

Décidément, les e-tissus offrent vraiment de grands avantages en termes de volupté et de surprise. La petite puce électronique peut, en effet, proposer un large choix d’une panoplie composée d’une dizaine de milliers de motifs différents.

Adelaïde lui propose de déjeuner dans l’un des rares restaurant non végétariens existant encore. Aurore accepte l’invitation en cliquant sur son « globalophone », un outil qui est un véritable concentré de technologie qui concentre tous les gadgets que nous connaissions comme le fax, le téléphone, le répondeur, la télévision, l’ordinateur, l’imprimante, le lecteur DVD, le lecteur HD-DVD, la chaîne Hi-Fi,…

 

Adelaïde vit seule depuis un divorce, qui date d’il y a à peine 3 mois, qui s’est soldé par une rupture à l’amiable car ils n’avaient pas eu d’enfants ou qu’ils ne pouvaient pas en avoir. Sur ce sujet, Adelaïde ne parlait guère et Aurore ne voulait pas offusquée son amie sur ce sujet délicat qu’elle préférait toujours évité.

Depuis qu’elle était seule, Adelaïde paraissait plus épanouie et plus libre dirons-nous, multipliant les aventures sans lendemain, qui sont monnaie courante dans un monde où plus de la moitié de la population a relégué la famille nucléaire (parents et enfants) au rang des exceptions, compte-tenu que les célibataires et les familles monoparentale constituent un plus grand nombre de personnes qu’à notre époque. Après tout, se dit Aurore, elle n’a que 30 ans et un bon nombre d’années devant elle, tout en enregistrant son message holographique de confirmation.

Adelaïde, tout comme Aurore, est militante « proviande » et, au restaurant, elles commandent toutes deux une côte de bœuf, qui est issue du clonage bien sûr, accompagnée de frites et d’une sauce au poivre. En effet, dans la plupart des restaurants, les menus se composent uniquement de légumes et de fruits de saison, autrefois considérés comme exotiques, tels les litchis, les mangues, les fruits de la passion ou les ananas. On a limité les élevages de bœufs, cochons,… dans le but de limiter les effets de serre car les ruminants émettant de grandes quantités de méthane, du fait de leur flatulences pour les scientifiques, a conduit au clonage, non pas d’animaux entiers, mais, de certaines parties des animaux uniquement. Par ailleurs, les élevages intensifs étaient la première cause de déforestation et donc causait la destruction du poumon de la planète.

 

Dans ce monde futur, la tendance gastronomique, si l’on peut appeler cela comme ça, sont les « alicaments », sortes de produits aux goûts variés qui permettent une digestion lente et qui répondent aux attentes des gens qui ne prennent plus le temps de dîner, de se réunir autour d’une bonne table pour discuter de sujets divers.

Non, les gens n’ont plus le temps. Ils passent leur temps à courir et à se surmener au travail, en faisant des heures supplémentaires à outrance afin de « gagner plus en travaillant plus » ; tout cela pour profiter pleinement et sans retenue des six semaines de congés attribuées annuellement. Les salariés ont, en effet, vu leur capital de congés payés, passé de cinq à six semaines en un peu moins d’une dizaine d’années.

Même la vie de famille est un peu difficile au quotidien avec le manque de temps des parents et l’attention limitée qu’ils portent à leurs enfants, qui, parfois, clament haut et fort leur « Ras-le-bol » en se faisant des tatouages ou des piercings, en provocant des conflits qui finissent souvent en larmes de part et d’autres ; tout cela à cause de cette vie « à cent à l’heure » et le manque d’affection qui a fait place à un individualisme des plus poussé.

 

14 heures

Sur le chemin du retour, après s’être bien restaurer et avoir bien discuté avec son amie Adelaïde, Aurore décide de faire quelques achats à « l’hyper-centre commercial », une sorte de méga centre commercial qui concentre en un seul lieu l’ensemble des produits et services offerts aux consommatrices et aux consommateurs et s’étendant sur plusieurs kilomètres où l’on se déplace sur des sortes de tapis roulants pour éviter de « se fatiguer de marcher ». Elle opte pour s’y rendre à la location d’une « autolib », un système qui fait le succès des entreprises présentes sur le marché et qui ont senti la bonne affaire quand le « vélib » (location de vélo) prenait de l’ampleur dans de nombreuses grandes villes de l’hexagone avec la hausse des pics de pollution toujours plus élevé et un prix prohibitif des carburants comme je l’ai énoncé plus haut. Elle pourrait également opté pour le métro qui s’est étoffé de nombreuses lignes supplémentaires et mettant à portée de main bon nombre de villes limitrophes car les transports en commun sont devenus le principal moyen de déplacement au sein des grandes villes, où les voitures n’ont quasiment plus l’accès au centre car de nombreux parkings payants ont été installés en périphérie.

 

Dans l’hyper-centre commercial, bon nombre de produits sont disponibles à l’aide de distributeurs automatisés en tout genre et gérer par des ordinateurs ultra perfectionnés. Il ne reste que très peu de caissières étant donné que le « R.F.I.D. » permet, juste en passant son caddie sous une sorte de portail métallique, équipé d’un bras électronique articulé qui permet d’aller dans tous les sens et relier à un serveur central, un genre de gros ordinateur que l’on appelle « main frame », de déterminer la composition des achats effectués et de délivrer instantanément le ticket. Une fois le règlement effectué par carte bancaire, chèque ou espèces, une sorte de sas s’ouvre et permet de quitter les lieux.

 

Il est à noter que la radio-identification, venant de l’anglais radio frequency identification (il faut traduire en français par « Identification par Radio Fréquence »  et usuellement abrégé RFID), est une méthode pour stocker et récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes » (« RFID tag » ou «  RFID transponder » en anglais). Les radio-étiquettes sont de petits objets, tels que des étiquettes autoadhésives, qui peuvent être collées ou incorporées dans des produits. Les radio-étiquettes comprennent une antenne associée à une puce électronique qui leur permettent de recevoir et de répondre aux requêtes radio émises depuis l’émetteur-récepteur. Ce sont des dispositifs passifs, ne nécessitant aucune source d’énergie en dehors de celle fournie par les lecteurs au moment de leur interrogation.

Outre de l’énergie pour l’étiquette, le lecteur envoie un signal d’interrogation particulier auquel répond l’étiquette. L’une des réponses les plus simples possibles est le renvoi d’une identification numérique. L’étiquette RFID sert de support au système EPC (Electronic Product Code, soit Code produit électronique), représentant « le réseau de la traçabilité des objets ». Il prévoit notamment l’identification unitaire des objets et donc la reconnaissance de chaque produit ; un système qui s’est énormément développé au cours des dernières années.

 

 

Ce système a permis une avancée spectaculaire en terme de gain de temps lié aux attentes des caisses des hyper-marchés que nous connaissions. En effet, il suffit d’entrer dans le sas, attendre que la porte vitrée se referme derrière soi, attendre le scannage et effectuer le règlement, pour ensuite se rendre au parking automobile où des drones, des sortes de robots qui défient les lois de la gravité et munis de caméras à vision de jour comme de nuit montent la garde et déclenchent l’alerte dès qu’un individu essaie de commettre une infraction.

Il ne faut pas plus de 2 minutes aux forces de l’ordre pour intervenir compte-tenu du fait que les instances politiques ont décidé de doter chaque hyper-centre commercial d’une cellule d’intervention, composée de 4 agents de police assermentés et permettant une surveillance 24 heures sur 24.

Il faut noter, qu’avec ce système, bien peu de vols et de dégradations sont à déplorer au cours des 3 dernières années depuis leur mise en place.

Par ailleurs, Aurore n’a pas trop besoin d’une liste de produits frais car, en règle générale, les appareils réfrigérants se mettent directement en relation avec l’hyper-centre commercial pour commander les produits frais qui manquent comme les yaourts, le beurre, les glaces,… qui sont issus de l’agriculture bio pour la plupart d’entre eux.

 

Aurore, après avoir fait ses courses de denrées non périssables, car elle ne peut passer chez elle de suite, a décidé de ne prendre ses produits frais que le lendemain.

En effet, elle doit passer au « Réseau Local Solidaire », plus communément appelé R.L.S. Elle n’a pas trop le cœur à s’y rendre aujourd’hui mais, depuis que les semaines ne dépassent pas les 25 heures de travail, chacun et chacune doivent accorder 7 journées d’aide et d’accompagnement (les J.A.A.) mensuelles à des personnes de son quartier d’habitation, aux personnes âgées, aux malades, aux personnes handicapées ou encore aux personnes en grande difficulté sociale. Elle bénéficie, pour sa part, de cours de musique, à savoir solfège et pratique d’un instrument, en l’occurrence un synthétiseur à commande, non seulement à touche mais, également vocal qui permet de composer des morceaux de musique avec une facilité qui déconcerterait les grands compositeurs de notre époque. Ces cours sont dispensés par un belgoeuropéen (l’Europe étant devenu une entité regroupant 35 Etats et qui permet une large circulation des personnes et des ccapitaux entre les états membres).

Aurore, en retour, donne quelques heures de lecture à des malades à l’hôpital de l’espoir, non loin de chez elle où elle a, la semaine dernière, rencontré un ancien animateur de télévision qui faisait des plateaux télés de véritable show, avec un bon nombre d’invités du milieu artistique (musique, théâtre, humoristique,…), à une époque où les chaînes hertziennes laissaient peu à peu leur place à la télévision numérique terrestre (T.N.T.) et aux chaînes satellites toujours plus nombreuses.

 

17 heures

De retour à la maison, Aurore procède à son « check_up » quotidien (tension, rythme cardiaque, analyse urinaire, souffle, poids,…). L’espérance de vie avoisine les 95 ans pour les femmes et les 90 ans pour les hommes en moyenne et cela grâce aux mesures effectuées tous les jours permettent de prévenir tout risque d’une grave maladie et donc de vivre plus longtemps.

Ce système permet également d’éviter au minimum tout risque de communication d’une grave épidémie et donc d’éviter une « pandémie » en la circonscrivant dans un périmètre très restreint qui sert de quarantaine.

Aurore expédie les données via son globalophone à un gigantesque complexe informatique, apparenté à une sorte de gigantesque entrepôt où sont regroupés une multitude de micro et de macro-ordinateurs, qui recueillent et stockent les données collectées, donc une sorte de gigantesque « Datawarehouse ». Plusieurs millions de données sont collectées, triées, analysées et stockées chaque jour et les anomalies éventuelles relevées font l’objet d’une étude attentive des autorités sanitaires.

Les données concernant Aurore sont, en outre, copiées dans une puce électronique qui est implantée sous la peau dès la naissance et qui contient, au fur et à mesure des transferts de données, « la mémoire de la santé » de chaque individu. Cette puce porte le nom de « Memory Human Chip », que l’on traduira par « puce mémoire humaine ».

Cette puce (chip) contient donc les données relatives à la santé de son porteur mais, également son positionnement GPS en temps réel. C’est ainsi que l’on retrouve un bon nombre de personnes disparues (celles que l’on ne retrouvent pas sont soit des personnes qui n’ont pas été implantées, soit des personnes qui se sont fait enlever la puce par un procédé quelconque, bien que cela est interdit).

Aurore, en se massant le bras, se disait que la traçabilité des individus n’est pas seulement une privation de liberté mais, aussi un moyen quasi-infaillible de localisation des individus en cas d’accident, d’enlèvement, de catastrophe naturelle, d’égarement en forêt,…

 

Beaucoup d’occidentaux pratiquent un sport quotidien et après la cigarette qui a été prohibée un peu partout, ce fut à l’alcool de subir le même sort en raison des multiples ravages qu’il occasionnait, non seulement au corps de l’individu qui « s’imbibait » mais, également les dommages causés aux tiers lors des conduites en état d’ivresse.

Dans cette époque, la cigarette et l’alcool sont donc considérés comme des produits de luxe et qui alimentent un marché noir très prolifique.

Toutefois, malgré cette vie saine, ce suivi médical quotidien, ces restrictions, les personnes ne sont pas à l’abri de tout car de multitudes de virus circulent dans l’atmosphère réchauffée de cette époque. En fait, les virus mutent et deviennent toujours plus résistants aux traitements prodigués ; ce qui conduit les chercheurs à trouver toujours une nouvelle parade.

 

Le clonage des organes est autorisé et les patients qui sont clients des laboratoires qui offrent ce service, qui a un coût relativement élevé, donc réservé à une population aisée car il n’est pas à la portée de toutes les bourses, permet de remplacer à volonté des organes comme le cœur, le foie, les poumons,… en minimisant au maximum les risques de rejet et les traitements lourds y attenant.

 

19 heures

Les enfants ont rejoint leurs parents pour la soirée. Grâce aux nouvelles technologies qui ont vu le jour au cours des dernières années, les téléspectateurs peuvent sélectionner les films qu’ils souhaitent et choisir scène par scène l’issue de l’histoire.

Aurore et Aurélien ont d’autres projets car ils ont décidé de se rendre au « Grand Stade » pour voir un chanteur très en vogue qui joue avec un effet grandiose de sons et de lumières, avec pour première partie un jeune grande qui est sans doute promu à une belle carrière au vu de l’engouement qu’il suscite sur la toile, ou si vous préférez sur Internet.

Il faut dire que ce « Grand Stade », outre les rencontres de football du club lillois, permet de voir des sports divers tels que le base-ball, le football américain, le rugby, le tennis,… et bien d’autres, grâce aux possibilités qu’offre cet espace en termes de modulation et d’aménagements des gradins. Il y a également un grand nombre d’humoristes qui s’y produisent en dehors des chanteurs à succès.

 

Avant donc de sortir voir le spectacle au « Grand Stade » qui peut accueillir jusqu’à 50 000 spectateurs, les enfants, munis de gants de virtualité et de casques spéciaux, s’immergent dans des mondes parallèles où ils incarnent des avatars qui parcourent des mondes où une foule de possibilité s’offrent à eux. C’est une « cybergénération » d’un nouvel ordre, compte-tenu du fait que l’on n’est plus devant un écran, devenu obsolète, mais, bel et bien « dans un monde que l’on explore et où l’on peut converser avec d’autres avatars ». Le terme de seconde vie prend ici toute son ampleur et de nombreux cas de personnes « déconnectées » de la réalité ont été relevés et sont en constante progression. Les concepteurs de ces jeux n’avaient pas imaginé les problèmes de dépendance que cela génèrerait et ce que l’on pourrait appeler une « cyberaddiction » a conduit les médecins spécialisés à lancer de nouvelles thérapies. Il faut dire que la cyberaddiction constitue l’addiction la plus importante de ces dernières années.

 

Les murs de l’habitation ont revêtu leur couleur de printemps, un tantinet bleu-vert, et diffusent partout une musique qui rappelle le chant des criquets, avec des odeurs parfumées qui rappellent les champs de lavande. Et tout cela est possible, grâce à l’ordinateur central de la maison (la domotique a fait d’énormes progrès en quelques années) qui répond aux besoins d’Aurore et de sa famille au gré de leurs fantaisies, en leur proposant pas moins de 1000 possibilités d’ambiances différentes.

En outre, l’habitation produit sa propre énergie, dans un monde où l’on fait la part belle aux énergies renouvelables, avec une prise de conscience très importante de la part des individus de la notion de développement durable.

Cette énergie est issue des murs en panneaux solaires et aux vitrages composés d’une multitude de cellules photovoltaïques invisibles à l’œil nu.

 

20 heures

Aurore « feuillette », si l’on peut encore utilisé ce terme désuet pour la lecture, un catalogue électronique de voyages qui est muni d’une batterie solaire. Transparente le jour quand on ne l’utilise pas, ce catalogue s’illumine la nuit après avoir emmagasiné la lumière naturelle.

La luminothérapie a trouvé, par l’utilisation et la prolifération de ces « livres », une réponse au stress des personnes. Bien sur, on a la possibilité de moduler la lumière diffusée et bon nombre de personnes « lisent » leurs romans, revues, journaux,… sans avoir besoin d’allumer la lampe de chevet ou une veilleuse.

 

Aurore rêve de farniente réel soit dans une maison de campagne avec piscine chauffée ou au bord d’une plage de sable fin ; quant à Aurélien, lui, opterait plutôt pour un voyage virtuel en caisson de sommeil sur la plage d’une île aux paysages grandioses.

On propose également des voyages dans la stratosphère, à bord de fusées, où l’on a la possibilité de voir la terre du ciel pendant un laps de temps, somme toute court, d’un quart d’heure environ. Le coût est bien sur plus abordable qu’il y a une vingtaine d’années et Aurore avait réussi a persuadé son compagnon de partir effectuer ce voyage lors du jour de l’anniversaire de mariage.

 

Ainsi, les voyages peuvent être « virtuels » ou « réels », dans un monde où la vie a encore une place prépondérante, en fait et cause d’un mode de vie de plus en plus axé sur « l’immatériel ».

 

20 heures 30

Aurore et Aurélien demandent à leurs enfants de se « déconnectés » de leurs « jeux virtuels » pour se préparer afin qu’ils puissent se rendre au « Grand Stade » et ensuite terminer la soirée dans un restaurant traditionnel dont ils raffolent. Demain, ils ont décidé d’aller voir un film au complexe cinématographique pour échapper un peu à leur quotidien où malgré les énormes avancées technologiques, le développement des notions de partage et de solidarité, la solitude et la routine sont ancrées.

O.U.

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De l’homo sapiens sapiens à l’homo consommatus

 

L’évolution !!! Un bien grand mot qui mérite toute notre attention.

Un jour, deux singes de la même espèce, ancêtres de l’homme, conversaient. L’un deux dit à l’autre : «  Eh, regarde là-bas la belle femelle que voilà ! »

Le second singe se redressa et regarda au loin. Nulle superbe créature du sexe opposé n’était là mais, un membre masculin de l’espèce en lieu et place. En effet, le premier singe qui avait interpellé son congénère était myope et on n’avait pas encore inventé les lunettes et les lentilles qui firent leur apparition des siècles et des siècles plus tard.

Ce problème de vue avait donc conduit le premier singe à se redresser et les autres firent alors de même car ils trouvaient que c’était plus pratique pour se déplacer. Le fait de courir était nouveau pour eux et ils y prirent goût.

D’autres membres de cette famille simiesque leur emboîtèrent le pas et l’homme était donc né.

Avec le temps, le pelage disparut pour ne laisser place qu’à quelques poils qui étaient loin de ressembler à la superbe toison dont nos ancêtres singes étaient pourvus.

À un moment donné, après une longue période où l’ancêtre restait dans la savane africaine, berceau de l’humanité, il se dit qu’il serait peut être temps de se bouger un peu au lieu de rester le postérieur rivé toujours au même endroit.

 

Certains ont donc quitté l’Afrique pour coloniser, petit à petit (cela ne s’est certainement pas fait en une semaine mais, sur plusieurs siècles bien évidemment), la planète entière.

Ils ont eu de la chance car à cette période reculée de l’histoire, les eaux n’étaient pas très hautes et les continents entamaient lentement leur dérive en s’éloignant les uns des autres. Ils ont donc pu parcourir de grandes distances à pied et c’est sans doute à cette période que sont nées les grandes caravanes, composées de multitudes d’individus qui partaient joyeusement à l’aventure en se donnant la main pour la plupart et en chantant dans un langage guttural impossible pour nous, êtres humains, de comprendre.
C’est un signe d’appartenance et d’amitié et ils étaient très soudés et s’entraidaient dans la course de la conquête des continents car l’homme voulait déjà tout conquérir et avoir le dessus sur toutes les autres espèces animales.

 

Au fil des millénaires, l’humain a changé pour arriver enfin à « l’homo sapiens sapiens », « l’homme qui pense qu’il pense ». Il n’est donc pas sûr qu’il pense puisqu’il pense qu’il pense. Peut-être est-ce la bonne expression et cela mérite réflexion dont je vous laisse tout le loisir d’y réfléchir.

 

Pour être un peu plus sérieux, le nom « Homo sapiens » relève de la terminologie scientifique introduite par Carl Von Linné, en 1758, élaborée pour sa classification systématique des espèces : la dénomination binomiale. La dénomination scientifique complète de l'espèce humaine est, suivant cette terminologie: Homo, un mot latin au nominatif qui signifie « Homme en français ». Il désigne ici le genre biologique.

Et nous trouvons ensuite le terme de sapiens, un adjectif latin, qui signifie en français : « intelligent, sage, raisonnable ou encore prudent » ; donc en l’occurrence et de manière plus générale « quelqu’un qui pense ». Il désigne ici l'espèce.

Jusqu'en 2003, l'espèce Homo sapiens était subdivisée en deux sous-espèces, l’Homo sapiens sapiens et l’Homo sapiens neanderthalensis. Les résultats d'analyses génétiques ont conduit la plupart des auteurs à considérer ce dernier comme une espèce à part entière, nommée Homo neanderthalensis. L'homme moderne et ses ancêtres immédiats ne sont plus considérés comme des Homo sapiens sapiens mais comme des Homo sapiens tout court, dont ils sont les seuls représentants.

Les êtres humains actuels appartiennent à cette seule espèce, et sa subdivision en races est généralement considérée comme non pertinente, d'un point de vue biologique. À l’heure actuelle, soit en 2008, la planète Terre a vu l'espèce humaine atteindre 6,6 milliards de représentants. La terre ne comptait, à titre de comparaison que 1,7 milliards d’individus en 1900, 2,51 milliards en 1950 et 6 milliards pour l’an 2000. On attendrait le chiffre de 9 milliards d’individus en 2050 d’après les scientifiques au rythme des naissances actuelles. C’est dire que l’homme moderne est un bon reproducteur et que l’espèce humaine n’est pas prête de s’éteindre avec la baisse des naissances, bien au contraire.

 

Comme vous pouvez le constater en un siècle et demi, l’homme est passé de 1,5 milliards d’individus à 6 milliards environ de nos jours, soit 4 fois plus. Les progrès de la médecine et une meilleure hygiène de vie ne sont pas étrangers à l’allongement de la durée de vie, et à ce développement conséquent dû notamment à une baisse importante de la mortalité des nouveaux nés.

Ainsi, comme je l’ai énoncé plus haut, dans le courant de l’année 2003, de nombreux scientifiques, dont une majeur partie d’anthropologues (des gens qui étudient les espèces), ont conclu, après de nombreuses réunions, études, débats,… que « l’homo sapiens sapiens » et « l’homo sapiens néanderthalensis », les deux sous-espèces de « l’homo sapiens » (c’est compliqué ces subdivisions, vous ne trouvez pas ?), étaient trop différents génétiquement et ils ont décidé de renommer le premier « homo néanderthalensis » et le second « homo sapiens ». Et, comme cela ne faisait plus de doute quand à la faculté de penser et de réfléchir sur son sort, il devint « l’homme qui pense tout court ».

 

Certains avancent même l’hypothèse que le fait d’avoir conscience de « la mort » fait que l’on a la capacité de penser, donc notre homo sapiens avait conscience de sa propre mort. C’est sans doute pour cela que la vénération de la mort et les dessins retrouvés dans des grottes permettent de mettre en avant le fait que l’homme moderne est issu de cette branche de l’homo sapiens.

 

Après ces quelques lignes, vous allez me répondre, c’est bien tout cela mais, où cela nous mène-t-il ?

 

Eh bien, il s’agit, après cette entrée en matière, de souligner le fait que malgré plusieurs milliers d’années concernant l’évolution de l’homme, il n’a fallu que quelques décennies pour faire de l’homme actuel un « homo consommatus », pour traduction, on peut dire que c’est « l’homme qui consomme ».

 

Oui, l’être humain n’est plus aujourd’hui qu’un simple consommateur. Il organise sa vie autour de cette activité. Le travail n’est que la source qui lui permet d’assouvir son incessante envie de consommer.

Pour l’aider, car la consommation est une activité organisée par notre société, on l’abreuve de publicités qu’il ingère, par « paquets », partout où il va.

Il faut qu’il en ait en permanence devant les yeux (affiches, télévision) ou dans les oreilles (messages radios). Tous les moyens sont bons car, avec l’avènement d’Internet, la publicité en ligne fait un essor foudroyant. De même, les jeux vidéos n’échappent pas à la règle avec les logos bien placés dans les jeux de sports par exemple.

Il faut que la réclame (terme désuet de nos jours, qui signifiait publicité dans les années cinquante) lui pénètre le cerveau dans les plus profonds tréfonds de sa mémoire, qu’il en soit imprégné telle une éponge gorgée d’eau et qui arrive à saturation. D’aucun parleront d’une sorte de lobotomisation car « l’homo consommatus » ne réfléchie pas et privilégie la spontaneïté plutôt que l’achat réfléchi.

 

N’avez-vous jamais entendu parler des « addictions » ?

L'addiction désigne l'asservissement d'un sujet à une substance ou une activité dont il a contracté l'habitude par un usage plus ou moins répété. La toxicomanie désigne l'usage habituel et excessif, nuisible pour l'individu ou pour la société, de substances toxiques, ce qui engendre un état de dépendance psychique et/ou physique. Les addictions les plus courantes concernent des substances peu toxiques, comme la caféine, par exemple ou toxiques, en citant la nicotine ; ou encore des drogues dures (héroïne). D’autres addictions peuvent êtres citées comme l’addiction aux jeux, que l’on appelle « ludopathie », qui conduit certains joueurs obsessionnels à se voir interdire de casino. L'addiction à une activité est probablement liée à une libération d'endorphines dans la circulation sanguine en rapport avec le plaisir procuré par cette activité, et on peut généralement la différencier du comportement obsessionnel compulsif.

 

Une addiction moderne est apparue ces dernières années. C’est la « techno addiction » où la personne touchée par cette « dépendance » doit sans cesse posséder le dernier cri. Au rythme où va l’informatique, la téléphonie mobile, les diffuseurs d’images et leurs accessoires (TV HD, lecteurs DVD, Blue Ray,…), il faut avoir un sacré porte-monnaie.

Il en est de même pour cette frénésie acheteuse qu’ont certaines femmes pour les habits, accessoires de mode et autres chaussures, qu’elles ne porteront qu’une fois, voire jamais, le fait de posséder étant la « satisfaction ultime ».

Outre ces cas extrêmes, il faut noter que l’homo consommatus est voué à consommer le plus possible. Il doit multiplier les actes d’achats, même s’il n’a pas besoin de l’objet acquis.

 

Posez-vous la question de regarder chez vous, de bien regarder chez vous et de faire l’inventaire des objets vraiment utiles, des objets utiles et enfin des objets inutiles et vous constaterez que bon nombre d’objets sont conservés par vos soins, entassés dans un coin, comme des « trophés ».

 

Par ailleurs, sur le marché, on constate l’apparition d’un nouveau téléphone portable, un nouvel ordinateur qui sera de toute façon dépassé dans quelques semaines à peine. Nos appareils électriques ne sont plus faits pour durer, si votre téléviseur tient de nos jours plus de cinq ans sans encombre, c’est que vous avez beaucoup de chance et que vous êtes tombé sur un bon lot. En définitive, tout ce qui permet d’alimenter la techno addiction.

 

Afin d’assouvir la soif de consommation, la société a créé le « crédit ». Terme un peu barbare qui veut dire que l’on peut acheter, consommer l’objet, casser l’objet si besoin est, et surtout que l’on ne le paiera que plus tard. Cela m’amuse de voir les grandes enseignes proposer des cartes de crédit pour payer les achats, surtout les produits de consommation courante. En effet, vous les avez consommé de suite, s’il s’agit de denrées périssables, comme les fruits et les légumes par exemple, ou un peu plus tard comme les pâtes ou les boîtes de conserve et, on vous dit de ne les payer que dans trois mois. En gros, au moment de payer, vous ne savez même plus ce que vous avez achetez et c’est déjà depuis longtemps broyé, transformé et assimilé par notre organisme, les substances inutiles étant évacués par les voies naturelles.

 

De plus, afin de toujours appâter l’homo consommatus, on lui propose carte de fidélité, promotions et coupons de réduction en tout genre. C’est bien mais, dans une société où l’inflation va plus vite que l’augmentation des salaires, le produit que vous pensez payer avec une bonne réduction, en réalité, vous le payer le même prix qu’il y a quelques mois étant donné que les prix ont augmenté entre deux.

 

Les offres des opérateurs téléphoniques m’amusent et démontre « la guerre » qu’ils se livrent. Elles ne cessent d’évoluer et l’une des dernières offres de Bouygues Telecom est des temps de communication gratuits en plus, en échange de coupures publicitaires toutes les 100 secondes.

On peut se laisser à imaginer le scénario suivant : votre portable sonne, un policier vous apprend la mort accidentelle de votre petit(e) ami(e), vous vous mettez à sangloter en restant rivé(e) au téléphone et, tout à coup, une voix chante, au gré d’une musique entraînante, « Avec Carrefour, je positive ! ».

C’est choquant mais au combien possible dans notre société moderne où la publicité est « omniprésente ».

 

Maintenant, si l’on s’intéresse à la télévision, le « mass média » par excellence. On peut dire qu’elle a un grand pouvoir de captation de l’attention de l’homo consommatus, surtout avec le développement de la télévision numérique terrestre (T.N.T.), du câble et du satellite qui vous offrent un panel de chaînes impressionnant et quasi illimité car on peut voir les chaînes de nombreux pays. La publicité très présente, surtout sur les chaînes privées et qui constituent leur gagne pain, incite à l’achat.

 

Quant à notre modèle familial, l’homo consommatus bouleverse le fragile équilibre existant et cela mérite quelques pistes de réflexion à ce sujet.

Ainsi, afin d’illustrer mes propos, je commencerai mon analyse par un « constat ».

Les parents d’un enfant culpabiliseront lorsque ce dernier avouera qu’il se sent exclu parce qu’il ne possède pas la même paire de chaussures, ou de vêtements que ses petits camarades. Afin d’éviter ce genre de rejet, les parents achètent des marques pour palier au rejet d’une société où la place est aux marques et à l’insatiable besoin de consommer de l’homo consommatus.

La marque constitue un signe de reconnaissance dit-on, de l’épaisseur du portefeuille peut-être. Mais, laissez aller votre enfant avec une paire de basket à deux bandes et il s’attirera les pires railleries de la part de ses camarades et sera montré du doigt comme un « non homo consommatus », un « exclu de la société de consommation ». Il vous en voudra tellement que pour reconquérir son cœur, vous lui achèterez cette paire de baskets à 150 euros qu’il convoitait tant et vous mangerez des pâtes ou du riz pendant quelques jours car la monnaie sonnante et trébuchante fera défaut du fait de cet achat imprévu et bien au-delà du raisonnable. Après tout, on peut dire, en étant raisonnable : « On fait avec ce que l’on a et les dépenses superflues et disproportionnées par rapport à ses revenus sont à proscrire ».

 

« Travaille à l'école et sois le meilleur » constituent les maîtres mots des parents que nous sommes. C’est une sorte de « sécurité » que l’on essaie d’inculquer à nos chers bambins dans le but de ne pas les voir « galérer » dans une société où il est de plus en plus difficile de se faire une place. Tu auras un bon boulot, beaucoup d'argent et tu pourras t'acheter plein de choses. L'homo consommatus se cueille donc à la racine, je dirais même au berceau et les analystes en marketing l’ont bien compris. Rien que les fabricants des fameux laits de substitution et les fabricants de couches rivalisent à grands renforts de publicité pour vanter leur mérite, une sorte de message sous-jacent qui nous dit : « Achetez-moi, je suis mieux que mon voisin !»

L'opinion occidentale est favorable aux jeunes aujourd'hui. En effet, l'économie s'intéresse beaucoup à l'enfant qui commence à consommer, il devient alors « un jeune ». Et quelle cible de rêve que le jeune ! On peut lui vendre tout et n'importe quoi, de la console de jeu au dernier album de Tokyo Hôtel. Il est influençable, non fixé, change sans cesse de goûts. Son caractère indéfiniment mutatif le place au hit parade des acheteurs de « la dernière nouveauté exclusive vue à la télé que si tu l'as pas t'es un ringard », et ça fonctionne plutôt bien.

 

Cependant, il y a un gros problème : il y a de moins en moins de jeunes, celui-ci devient un produit « périssable », une denrée rare, certes parfois avec peu de revenus mais, qu’il faut chouchouter pour en faire un bon consommateur. En revanche, ceux que l'économie nomme « les inactifs âgés hors familles », plus communément appelés « vieux » ; pour ma part, je préfère utilisé le terme « d’anciens » et qui sont de plus en plus nombreux. Cette classe est particulièrement soignée par la modernité économique. Leurs revenus élevés, avec les fonds de pension par exemple, ou encore leur pouvoir électoral, les placent dans une situation de force. L'économie de masse sait qu'elle ne peut exister sans ceux qui font marcher le commerce et tiennent le levier du pouvoir.

 

Notre chère institution familiale est considérée avec un certain mépris par l’économie. La famille distrait l'homme de la consommation. Je dirais même qu’elle transforme l’homo consommatus en un être pensant, réfléchi, qui n’achète pas sans avoir préalablement étudié tous les aspects. C’est-à-dire l’opposé de l’achat spontané, l’ennemi de notre monde de consommation à outrance.

Mais, il faut souligner que c’est surtout vrai pour la famille telle qu'on l'entendait au sein de la société domestique.

En effet, l'homme vivait le plus souvent dans l'univers très clos des siens. Jusqu'au 18ème siècle la famille consomme peu. La Grande famille à caractère patriarcal s'est peu a peu effritée à mesure que la machine économique a progressé, pour totalement disparaître dans nos sociétés.
Aujourd'hui, la famille nucléaire (père, mère, enfants) est productive. La famille bourgeoise est même plutôt bien tolérée par la société de consommation, elle laisse du temps à ses membres pour consommer. Mais attention, on dit bien « tolérée ». L'économie pourrait très bien se passer de la famille, aussi bourgeoise soit-elle. Pas besoin d'avoir une famille pour consommer. Pire encore, le temps passé dans l'univers familial n'est pas un temps dévolu à la consommation. La bonne famille serait celle qui ferait cohabiter des étrangers... un foyer dortoir en quelque sorte. C’est peut-être l’une des explications du développement de la « Co-location ». Mais, il faut avouer que les prix de plus en plus prohibitifs des loyers pratiqués « oblige » bon nombre de personnes, jeunes ou moins jeunes, à louer ensemble un bien pour amortir ce type de frais fixes.

 

Par ailleurs, une autre forme de co-location s’est développée ces dernières années avec l’accompagnement des personnes âgées. Ces dernières, souvent seules, se sont vues proposées par des « agents immobiliers d’un genre nouveau qui sont issus de la toile », de Internet si vous préférez, une offre de partage de leur demeure avec un jeune.
Le principe est simple, avoir une chambre dans un logement dans lequel une personne âgée se retrouve bien souvent seule une fois la retraite venue. Avantageuse, cette formule permet de trouver une solution au problème de pénurie de logements en location, d’entretenir ou de tisser des liens intergénérationnels et de combler la solitude des personnes âgées qui ne demandent qu’un peu de compagnie. C’est du gagnant-gagnant selon les « offreurs » de ce type de services car le jeune s’occupe des courses et tient en quelque sorte compagnie à la personne âgée et cela lui permet en retour de bénéficier de conditions de logement avantageuses. Un échange de bons procédés en quelque sorte.

 

Mais la consommation ne doit pas être un privilège masculin. Depuis la seconde révolution industrielle, nos sociétés ont vu l'apparition d'une nouvelle classe économique : « la femme ». Alors que le droit au bonheur - économique - passe par le devoir de produire, les femmes ont pu effectuer des travaux qui ne demandaient pas de virilité avec l'apparition des premières machines. Aujourd'hui, le marché de la femme est une grosse part du gâteau économique. La mode, les produits de beauté, la presse féminine, la nourriture allégée... on produit « pour la femme, par la femme et donc pour que la femme consomme ».

 

On peut affirmer sans se tromper que « chacun a été, est, ou sera un homo consommatus ». La machine économique, aujourd'hui mondiale, est sans aucun doute le pilier de nos sociétés. Ne risquerait on pas alors de perdre la tête si elle venait à s'effondrer ?

 

Parlons un peu de la mondialisation et des crises économiques que traverse notre siècle. En effet, depuis quelques années, de nombreuses voix se font entendre contre une économie mondiale, qui tend à briser les nations historiques. Le commerce ne supporte pas les cadres nationaux, le marché est planétaire.

 

Si aujourd'hui le matérialisme économique se traduit par la production d'objets standardisés, c'est certainement dans le but de les apporter à n'importe quel individu, de n'importe quelle nation. Le propre de l'argent est d'être possédé indifféremment par tout le monde et, bien sûr, le but ultime de l'économie de masse est de faire de l'argent. Le commerce n'a donc aucune raison de se limiter dans un espace territorial donné, surtout depuis le développement des communications, Internet en tête. La tendance de l'économie est au « cosmopolitisme ». En effet, le cosmopolite s’accommode aisément des mœurs et des usages des pays où il vit. Mais, si l'économie bat de l'aile à l'autre bout du monde, soyez certains que vous en aurez les répercussions très rapidement devant votre porte.

 

Le monde va mal aujourd'hui. Il connaît le plus important crash boursier depuis 1929. De New York à Londres, de Paris à Tokyo, les bourses se rétractent et les économistes pleurent. Les grandes places financières accusent leur troisième année de baisse consécutive, avec des chutes de 76,78 % sur le Nasdaq ou encore 59,88 % à Paris. L'homo économicus regarde alors vers les Etats-Unis, il sait que plus d'un ménage américain sur deux possède des actions, et que les retraites sont majoritairement investies en bourse. Il se dit que l'avenir économique ne tient pas à grand-chose dans le fond. Comment être sûr que les Américains continueront à consommer autant en voyant leurs revenus boursiers chuter ? Comment savoir si une guerre en Irak ne lui donnera pas le coup de grâce ?

 

L'économie de masse se nourrit quant à elle de la réduction des différentiels humains.

L'homme unidimensionnel, une sorte de clone qui pense, se déplace et consomme comme tout le monde, rendrait les études marketings tellement plus simples. Et hop, 7 milliards de T-shirts blancs ce mois-ci.

Pour les entreprises, un marché qui ne change pas disparaît rapidement. Pour exister, il lui faut ne jamais se répéter, mettre en circulation des produits toujours nouveaux. C’est une sorte de course à la technologie, il suffit de regarder le marché en pleine expansion des consoles de jeux vidéos. Un non « éconovateur » est un « économort ». Ainsi, une entreprise qui ne propose aucune nouveauté est vouée à disparaître. Toutefois, je mettrais un bémol à cette analyse avec l’apparition, ces dernières années, des « produits de terroir » et des demandes, de plus en plus nombreuses des consommateurs, « à un retour aux traditions », avec l’émergence des produits anciens, remis au goût du jour. On le constate même dans le milieu musical où bon nombre de chanteurs et de disc jockey reprennent des tubes des années passées et les « remixent », en gros, on fait du neuf avec du vieux. Il en va de même avec le textile où les habits des « années vintage » s’arrachent à des prix exorbitants.

Il convient de préciser que le terme « vintage » s'est étendu à toute pièce d'occasion, datant au plus tard des années 1980, et reflétant un moment particulier de l'histoire de la mode du XXe siècle. Toutefois, la vogue du vintage est telle que le mot est désormais usité par extension pour toute pièce un tant soit peu rétro. Or, contrairement à la fripe où peuvent se mêler toutes origines, le vintage est d'abord le reflet d'une authenticité, que ce soit par la marque, les techniques de couture, les tissus employés.

 

Et l’homme moderne court ! Il court pour avoir, posséder. Vous rappelez vous du fameux « Métro-boulot-dodo » où l’on sous-entend que l’on ne « vit plus ». On vit pour consommer et c’est un constat bien triste car même les vacances sont une sorte de produits de consommation avec la pléthore d’agences de voyages qui existent. On achète un séjour. Où est le temps où l’on prenait la voiture pour découvrir les routes et les paysages de l’hexagone ? Bien loin je pense. Maintenant, l’homo consommatus recherche la facilité, il n’aime pas les imprévus et se jette corps et âme dans « le tout organisé ».

 

Mais, s'il est une chose après laquelle l'homme ne peut cesser de courir, c'est bien le bonheur. Oui, l'homme recherche la prospérité, la plénitude, un état de parfaite satisfaction en somme. L'histoire nous a donné le libéralisme et l’ouverture des marchés mondiaux ; la fin d’une économie autarcique renfermée sur elle-même. C'est une bonne chose, on mange à notre faim, on a des voitures qui polluent de moins en moins, des ordinateurs qui deviennent obsolètes au bout de six mois, des maisons toutes bien chauffées (avec un prix du gaz qui est sans cesse à la hausse) et même des chaussures de grandes marques mais, qui sont fabriquées dans les pays asiatiques où le salaire moyen avoisine les 1 $ de l'heure.

 

À côté de l’homo consommatus, d’autres termes issus de « l’homo » sont susceptibles de voir le jour étant donné que l’homme moderne est affublé de divers vocables. Je vous en livre quelques uns ci-après issus de mon imagination et qui méritent eux aussi réflexion.

 

L’homo pédagogus est détenteur du savoir. Anobli par ses pairs, il est chargé de transmettre ses connaissances à ses élèves. Quant à la question de savoir si la transmission des savoirs se fait dans de bonnes conditions et si le savoir est réellement assimilé, là c’est une question qui mérite un débat des plus ouverts.

 

L’homo gourus est, quant à lui, un non détenteur du savoir. Toutefois, ses fidèles écoutent sa bonne parole. Il est, à leurs yeux, le détenteur de tous les savoirs ; même si parfois il ne sait pas grand-chose. Souvent à la tête d’une secte, il sait manipuler les gens par des méthodes à la limite de la légalité.

 

L’homo politicus est un homme de pouvoir. Il a fait de grandes écoles, où peu d’entre nous peuvent se rendre du fait des droits d’entrée élevés. Il apprend à utiliser le verbe et la lettre de manière à vous emberlificoter. En effet, l’art et la manière de l’homo politicus est de répondre à votre question par une autre question. Par ailleurs, il est également très doué pour répondre de manière à ce que vous ne sachiez plus qu’elle était votre question.

 

Ainsi, comme vous avez pu le constater, l’évolution de l’homme est passée par différents stades et cela nous a conduit à notre « homme moderne » que l’on appelle maintenant communément « l’homo consommatus ». En effet, il ne faut oublier que nous vivons dans une société de consommation. Finalement, les hommes les plus heureux ne seraient-ils pas ceux qui vivent des produits de la nature comme les membres des tribus amazoniennes et donc sans cet insatiable besoin de consommer ? Et si les économistes ont eu tendance à trop faire confiance à l'homo consommatus, celui-ci a en revanche de moins en moins confiance en l'économie. Il faut dire que si le communisme a su montrer ses faiblesses et ses limites, c'est bien au tour du capitalisme de nous dévoiler les siennes.

 

 

 

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