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Retour sur la primaire de la droite

Un succès incontestable et rentable

 

Plus de quatre millions de participants au premier tour, soit presque 10% du corps électoral,  quatre millions et demi  au second, incontestablement la primaire de la droite est réussie.

L’importance du traitement médiatique et la bonne tenue globale des candidats les uns par rapport aux autres (les anicroches de l’entre-deux-tours seront vite oubliées) se conjuguent pour porter efficacement la candidature du vainqueur de ces primaires.

Cette primaire est aussi une vraie aubaine pour les finances du parti  Les Républicains.

Avec deux euros à payer  à chaque tour pour y participer, ce sont 16 à 17 millions d’euros qui entrent dans les caisses de l’UMP/LR, pour un coût total estimé de l’ordre de 8 à 9 millions.

Au bilan, le bénéfice couvrira sans doute  plus de la moitié du plafond des dépenses autorisé pour l’élection présidentielle.

Autant dire que le large financement de cette dernière est d’ors et déjà assuré pour Les Républicains.

Il n’en demeure pas moins que les deux euros payés pour voter rapprochent la pratique d’un suffrage censitaire. Certes la somme est modeste mais elle est loin d’être négligeable pour les familles les plus modestes, qui de fait peuvent se sentir exclues du processus.

En ce sens la non-gratuité  participe d’un symbole qui questionne, d’autant qu’une partie du coût d’organisation est en réalité supporté par les communes via les aides supplétives, donc par la collectivité, pour un scrutin qui demeure l’affaire d’une famille politique.

Les esprits chagrinés par ce constat se consoleront en se rappelant que le vote à la primaire d’E.E.L.V. nécessitait une obole de 5 euros…

 

François Fillon : Habemus Papam ?

 

Sa très large victoire n’avait pas été anticipée et ses 44% du premier tour n’ont pas manqué de surprendre les analystes les plus avertis de la droite française. Le second tour, confirmant la dynamique.

Mais passé, la surprise du score réalisé, nombre d’observateurs semblent découvrir la nature politique du candidat investi.

Accompagné par les passionarias de la « manif pour tous », disputant à A. Juppé l’inspiration du Pape François, très ambigu sur certains sujets sociétaux et très clair sur l’inspiration « thatcherienne » qui est la sienne… il incarne une droite dure, très libérale, conservatrice et réactionnaire. Le tout porté par un discours clivant, parfaitement assumé sur le thème de la révolution libérale.

Il faut lui reconnaitre, sincèrement,  le mérite de la transparence et du parler vrai.

Il annonce une politique qui ne pourra pas surprendre dès lors qu’elle sera appliquée.

 

 

Le meilleur d’entre-eux nous a dit…

 

Alain Juppé, porté par la vague de sondages prometteurs,  a fait le pari  d’une campagne en apparence rassembleuse et modérée. A tel point qu’il a même donné l’envie à certains électeurs de gauche d’aller voter pour lui pour éviter d’avoir à le faire pour un autre lors d’un second tour de la présidentielle

Celui que naguère J. Chirac qualifiait de « meilleur d’entre nous » a été rappelé à la réalité par son score du premier tour, loin derrière F. Fillon.

« Continuant le combat » au soir du premier tour, A. Juppé a durci la campagne, décrochant des flèches assassines à l’adresse de son rival au lendemain du scrutin. Cette stratégie improvisée fut vaine : le second tour n’a fait qu’amplifier le choc du premier tour.

On retiendra tout de même, parmi les mises en cause programmatique et personnelle, cette sentence sur le programme du vainqueur :

« Le programme de F. Fillon est d’une telle brutalité que l’appliquer conduirait au désastre ». A méditer pour chaque électeur d’ici le printemps…

 

  1. Sarkozy et tout devient possible…

 

L’échec cuisant de N. Sarkozy ne se discute pas. Il l’a d’ailleurs lui-même reconnu au soir du premier dans un discours porteur d’une élégance qu’on ne lui connaissait pas.

Et en annonçant une nouvelle fois son retrait de vie politique ; pour un temps que le temps déterminera…

Il n’en demeure pas point que la faiblesse du score réalisé pose la question de sa responsabilité et des conséquences à moyen terme d’une dérive, continue et assumée, sur le terrain de l’extrême droite.

La posture, construite sur les conseils de P. Buisson, a fonctionné lors de la Présidentielle de 2007. Le candidat avait alors bel et bien capté une partie de l’électorat visé.

Réaffirmée pour celle de 2012 cette stratégie a montré des signes d’affaiblissement, alors même que le F.N. montait en puissance dans l’opinion et dans les urnes.

Aujourd’hui, force est de constater que les électeurs captés par les thèmes frontistes n’ont pas accompagné la candidature Sarkozy. Ils sont sans doute confortés dans un vote Le Pen, d’autant plus assumé  qu’il est désormais nettement en tête des sondages comme des derniers résultats électoraux à l’échelle nationale.

Reprendre certaines idées et certains thèmes du F.N. participent à les banaliser, à les légitimer et à les inscrire durablement dans l’opinion. Le temps court de l’élection oublié, l’idéologie frontiste infuse dans les esprits et se diffuse dans la société. Et les conséquences, elles, s’inscrivent dans un temps long.

Sur cette dynamique, la responsabilité de N. Sarkozy, de sa formation et de ses soutiens  est bien réelle. D’autant que les forces de gauche, au niveau national, sont depuis des années dans l’incapacité chronique de proposer un discours alternatif.

 

 

Nathalie, Bruno et les autres…

 

Ne les oublions pas.

Ils revendiquent la modernité, une jeunesse toute relative, et une détermination sans faille à révolutionner la vie politique.

Ils posent de façon originale dans la presse « people », s’inspirent ouvertement des campagnes de B. Obama, tweetent à longueur de journée et -symbole de leur capacité à défier le système- osent apparaitre chevelure défaite ou sans cravate.

A l’arrivée, ils recueillent moins de 3 % des suffrages.

Mais ils ne sauraient reconnaître un échec. L’autocélébration est dans l’air du temps et chacun(e) a pris date pour le futur… car ce sont des candidatures d’avenir.

Elles le resteront sans doute un certain temps.

 

Et la gauche … ?

 

Une primaire réussie pour Les Républicains, une dynamique amorcée qui portera son candidat, un programme ultra-libéral, réactionnaire,  porteur d’une vraie  régression sociale pour le pays.

Un front national solidement ancré dans la perspective d’une présence au second tour.

Autant de raisons pour la gauche de sonner la fin de la récréation, mettre les égos de côté et  réfléchir avant d’agir…

C’est mal connaitre  les hautes-sphères des responsables de la gauche nationale.

Illustration ce week-end où pêle-mêle : le Premier Ministre « défie » le Président de la République, qui se voit une nouvelle fois attaqué par le Président de l’Assemblée Nationale, pendant que son ancienne ministre S. Pinel, Présidente du  P.R.G., propose sa candidature en recours pour le pays…

Bref une gauche « fluctuat nec mergitur » ? Un peu quand même…

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